Hacks est une excellente série TV, à l’écriture comique bien ciselée, avec la non moins excellente Jean Smart. Orpheus nous met en exergue un récent épisode dédié à l’IA et c’est assez génial de voir en effet comme tous les sujets sont super bien abordés et illustrés. Les passages qu’il a mis en ligne permettent de parfaitement comprendre les enjeux de l’IA générative pour les auteurs, mais pas que.
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Être Madonna
J’ai bien aimé ce texte de stenia qui tente d’expliquer ce qui fait la singularité d’une *Madonna*. Chaque génération ou micro-génération l’a connu dans une période ou une autre, ou plusieurs à la fois ou successivement, et ça a de quoi désarçonner. Ma génération (de pédés, et assimilés) l’appelle « Maman », alors c’est vous dire si on y tient à notre madone à nous.
Un p’tit clic
Allez un petit clic pour une petite prise de conscience de la manière dont vous êtes traqués sur les Internets. C’est aussi simple que pédagogique et implacable. Et ça fait bizarre, alors que c’est une information d’une banalité affligeante, élégamment laissée dans l’ombre depuis des (dizaines d’) années.
Allez juste un clic pour la postérité. Hu hu hu.
Gen-X
Thias écrit habituellement en français, mais là c’est en anglais, et c’est une super description de la génération X (les personnes nées entre 1965 et 1976), même si je me reconnais plutôt dans les Xennials. Il fait une intéressante comparaison entre ces générations et leurs « référentiels » selon un prisme européen ou nord-américain.
L’internet post-étasunien
Framablog traduit en français les conférences de Cory Doctorow, et notamment celle-ci à propos des USA et de leur rapport au web [via Seb Sauvage], dont je suis attentivement les textes sur son site ou Mastodon (il était plutôt pour moi il y a quelques années un « simple » auteur de SF). La transcription de cette conférence est passionnante et je crois qu’il est d’un certain devoir de citoyen du monde de la lire. Oui juste ça.
Les trottoirs de Limoges ou Bordeaux pour apprendre à marcher
Authueil se fait l’écho d’une profonde inégalité entre les territoires de France, mais il me semble qu’on ne parle que de ça, et qu’on le constate donc, depuis plus de 30 ans (et même avant). Mais donc c’est encore plus avéré, et c’est à présent quelque chose de si visible et si tranché, que le point de rupture est déjà franchi pour bien des endroits.
Petit scénario d’anticipation numérique
Je vous conseille ce petit article très sagace (et drôle mais pas si drôle « ah ah ») qui imagine ce qui pourrait se passer à court terme si notre dépendance numérique aux USA perdure. Une nouvelle d’anticipation très réaliste ! [via Louis Derrac]
Idiocracy en approche
Je pourrais vraiment, je crois, partager tous les posts de Ploum tant ils sont clairvoyants, et souvent parfaitement alignés avec mes propres credo. Et là il fait encore évidemment mouche avec un article assez déprimant mais parfaitement lucide sur la manière dont le film Idiocracy est en train de se matérialiser autour de nous.
Tailles comparées
Ah mais trop cool, je me disais justement que j’avais aussi du mal à concevoir la taille de la lune, et Garoo a proposé un truc très simple et pratique en collant une *petite* France dessus !
La boucle est bouclée
Cela m’a fait sourire car j’ai d’abord lu l’article [via Louis Derrac] sans savoir qui était l’auteur, et petit à petit, je me suis dit oh mais je dois forcément connaître ce type, et puis j’ai compris qu’il s’agissait de Grégory Pouy. Hu hu hu. Mais force est de constater que je suis d’accord avec son récit de l’histoire et ses conclusions actuelles. Mais si LUI, il en arrive là, alors que c’est que vraiment les réseaux sociaux, en effet c’est bel et bien fini. Alors ça ne veut pas dire que tout le monde va abandonner en masse bien sûr, mais ce qu’on appelle « réseau social » a complètement perdu son sens et sa « zone d’usage ».
C’est toujours Thierry Crouzet qui en parle le mieux en décrivant sa défection de ces réseaux d’ailleurs.
J’avais perdu cette habitude, et ma faiblesse me rappelle combien la tentation est puissante, bien que je m’en préserve pour l’essentiel, ayant disparu des réseaux sociaux privatifs (propriétés d’entreprises) et emprisonnants (on ne peut les quitter en emportant ses contacts) — les fameux silos sociaux, qui ont vidé la notion de « réseau social » de sa substance pour ne servir que des objectifs financiers, voire politiques.
Extrait de Le livre étouffe dans les silos sociaux de Thierry Crouzet
Et c’est d’ailleurs drolatique de le voir asticoter une maison d’édition pour son usage des dits réseaux.
J’aime bien quand la sérendipité des Internets me fait se rencontrer comme cela deux avis convergents de deux sources très divergentes dans l’essence même des types de contribution et modes opératoires de leurs auteurs.
L’effondrement intérieur
Cela me gêne à chaque fois de faire un lien vers un article aussi touchant, mais souvent c’est qu’ils sont bien écrits, et qu’ils m’interpellent à tant de niveaux. Et celui-ci est ciselé, quand je le lis, d’une manière si intense et délicate que je devais le partager.
Ça fait des mois que je bataille avec une forme d’effondrement intérieur pas très maîtrisable, sans savoir pourquoi. Pourquoi j’ai l’impression d’aller plus mal que quand j’avais de gros problèmes ? Pourquoi je me sens en paix avec moi et pas avec ce concept étrange qu’est la vie ?
Extraits de l’article Contrecoup de Sacrip’Anne
[…]
Je ne sais pas si c’est vraiment ça, la cause de ces moments où je me suis demandée à quoi ça servait, au juste, d’être vivante. Mais je crois, au moins en partie. On verra bien.
Une phrase, une ligne
Marrant ce conseil de Cesar [via Morgan] pour améliorer son niveau d’écriture : il faudrait écrire chaque phrase sur une ligne. Ensuite, il faut essayer de varier la longueur des phrases (dont la taille est ainsi mise en exergue) pour donner du rythme. Et surtout, il faut bien se concentrer sur les débuts et fins de phrase pour essayer de commencer par un « boom » (un effet marquant) et finir par un « punch » (un impact fort). Au-delà du conseil qui ressemble à la rédaction d’un slogan publicitaire, je pense que ça doit tout de même aider à s’améliorer.
De la victoire de Linux en catimini
Linux a gagné la partie [via Seb Sauvage] !! Et c’est une telle vérité à la fois factuelle et philosophique ! Ce qui est fou c’est que c’est tellement contre-intuitif par rapport au monde capitaliste dans lequel nous vivons, où l’on mesure le succès à l’aune du profit dégagé. Bah là, c’est subtil mais c’est un vrai truc hybride. C’est assez beau. Un peu comme Wikipédia, malgré ses déboires.
Linux didn’t win the way anyone expected. There was no dramatic moment where Ubuntu overtook Windows on the desktop. No press conference. No champagne. Linux won the way open source always wins — gradually, relentlessly, by being better at the things that matter most to the people building the future.
Linux Won, and Nobody Noticed par Jun
It won because it was free, and startups with no budget could build their entire infrastructure on it. It won because it was customizable, and engineers could tune it for everything from a tiny IoT sensor to the world’s fastest supercomputer. It won because it was open, and thousands of companies and millions of developers could contribute to and benefit from the same shared foundation. It won because it was reliable, and system administrators could trust it to run for years without a reboot. It won because it was secure, and organizations handling sensitive data needed something they could audit and verify.
It won not despite being open source, but because of it.
Linux n’a pas gagné de la manière dont on pouvait s’attendre. Il n’y a pas eu de moment spectaculaire où Ubuntu aurait dépassé Windows pour les ordinateurs de bureau. Pas de conférence de presse. Pas de champagne. Linux a gagné comme l’open source gagne toujours — progressivement, inexorablement, en étant meilleur sur les aspects qui comptent le plus pour ceux qui construisent le futur.
Il a gagné parce qu’il était gratuit, et que des startups sans budget pouvaient bâtir toute leur infrastructure dessus. Il a gagné parce qu’il était personnalisable, et que les ingénieurs pouvaient l’adapter aussi bien à un minuscule capteur IoT qu’au supercalculateur le plus rapide du monde. Il a gagné parce qu’il était ouvert, et que des milliers d’entreprises et des millions de développeurs pouvaient contribuer à une base commune et en tirer parti. Il a gagné parce qu’il était fiable, et que les administrateurs systèmes pouvaient lui faire confiance pour fonctionner pendant des années sans redémarrage. Il a gagné parce qu’il était sécurisé, et que les organisations manipulant des données sensibles avaient besoin d’un système qu’elles pouvaient auditer et vérifier.
Il n’a pas gagné malgré son caractère open source, mais grâce à lui.
Je lis aussi cette nouvelle linuxienne avec Ubuntu qui lève un tabou pour s’ouvrir à un peu plus de monde ou du moins à des usages devenus universellement répandus. Et c’est vrai que ça m’a surpris aussi la première fois que j’ai ouvert une console (le fait que l’on tape son mot de passe sans curseur, dans le noir absolu), mais on s’y fait super bien, et donc je ne comprends pas trop ce mouvement. Après, il faut aussi accepter les changements, et on pourra toujours revenir en arrière sans tabou aucun.
Le syndrome du blogueur tari
Manu a un coup de mou et il devise sur un des sujets classiques et récurrents pour le blogueur : on parle de quoi, comment, pourquoi, pour qui. Et c’est aussi pour lui associé à la disparition des blogopotes qu’on avait l’habitude et le plaisir de lire, et avec qui échanger ou rebondir sur des articles, et se donner aussi l’idée d’écrire à son tour. Il y a également toujours cette interrogation sur la vie privée et la manière d’étancher ses désirs d’écriture de soi tout en prenant soin de soi. Cela m’a rappelé cet article où je devisais moi-même surtout sur ce comble de vouloir être lu mais ensuite être limité par cette « reconnaissance ».
Il ne faut en réalité pas se poser la question, et juste écrire, écrire.
WordPress, l’IA générative et Lacan
Voilà un passionnant article de Benjamin Thiry qui rebondit sur Romain Leclaire qui lui-même explique la manière dont WordPress se met à l’IA pour emmerdifier un peu plus le net. Ce qui m’a intéressé c’est le lien avec la psychanalyse en prenant le concept du schéma L de Jacques Lacan (dont j’ignorais absolument l’existence, mais qui est, je trouve, vraiment bien vulgarisé
).
