La boucle est bouclée

Cela m’a fait sourire car j’ai d’abord lu l’article [via Louis Derrac] sans savoir qui était l’auteur, et petit à petit, je me suis dit oh mais je dois forcément connaître ce type, et puis j’ai compris qu’il s’agissait de Grégory Pouy. Hu hu hu. Mais force est de constater que je suis d’accord avec son récit de l’histoire et ses conclusions actuelles. Mais si LUI, il en arrive là, alors que c’est que vraiment les réseaux sociaux, en effet c’est bel et bien fini. Alors ça ne veut pas dire que tout le monde va abandonner en masse bien sûr, mais ce qu’on appelle « réseau social » a complètement perdu son sens et sa « zone d’usage ».

C’est toujours Thierry Crouzet qui en parle le mieux en décrivant sa défection de ces réseaux d’ailleurs.

J’avais perdu cette habitude, et ma faiblesse me rappelle combien la tentation est puissante, bien que je m’en préserve pour l’essentiel, ayant disparu des réseaux sociaux privatifs (propriétés d’entreprises) et emprisonnants (on ne peut les quitter en emportant ses contacts) — les fameux silos sociaux, qui ont vidé la notion de « réseau social » de sa substance pour ne servir que des objectifs financiers, voire politiques.

Extrait de Le livre étouffe dans les silos sociaux de Thierry Crouzet

Et c’est d’ailleurs drolatique de le voir asticoter une maison d’édition pour son usage des dits réseaux.

J’aime bien quand la sérendipité des Internets me fait se rencontrer comme cela deux avis convergents de deux sources très divergentes dans l’essence même des types de contribution et modes opératoires de leurs auteurs.

Le syndrome du blogueur tari

Manu a un coup de mou et il devise sur un des sujets classiques et récurrents pour le blogueur : on parle de quoi, comment, pourquoi, pour qui. Et c’est aussi pour lui associé à la disparition des blogopotes qu’on avait l’habitude et le plaisir de lire, et avec qui échanger ou rebondir sur des articles, et se donner aussi l’idée d’écrire à son tour. Il y a également toujours cette interrogation sur la vie privée et la manière d’étancher ses désirs d’écriture de soi tout en prenant soin de soi. Cela m’a rappelé cet article où je devisais moi-même surtout sur ce comble de vouloir être lu mais ensuite être limité par cette « reconnaissance ».

Il ne faut en réalité pas se poser la question, et juste écrire, écrire. ^^

Un vaccin pour l’hiver ?

Oh là là, cette description d’une trouvaille d’un vaccin « universel » (en tout cas des premières expérimentations qui ont donné quelques résultats) [Via Thierry Crouzet] qui permettrait de passer par exemple l’hiver sans les virus saisonniers, mais aussi les infections nosocomiales ou l’asthme… Super intéressant et prometteur !

Améliorer la servilité

Ploum vient de taper très fort pour moi avec cet article qui en quelques lignes décrit de manière diablement efficace et limpide, la manière dont le trio capitalisme, IA et éducation s’articule. Evidemment c’est un brin cynique, mais ça me paraît, au-delà de la vue de l’esprit, une mécanique plutôt implacable. Et je ne peux que souscrire à sa description des personnes qui s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook « anticapitaliste » ou un groupe Whatsapp « centrale d’achat solidaire du quartier ».

D’ailleurs je suis obligé de vous coller tout le post car c’est trop important pour moi :

Le capitalisme n’a pas créé le système éducatif par humanisme, mais parce qu’il avait besoin d’employés qualifiés pour produire de la croissance. L’automatisation ayant détruit la culture de l’artisan et de l’ouvrier, raison du combat des luddites, une large population se trouvait réduite à se mettre au service des machines.

Mais les progrès de l’automatisation rendaient ce besoin de servants peu qualifiés de moins en moins nécessaire tout en nécessitant des personnes comprenant les machines afin de les entretenir et de les améliorer. Un système éducatif s’est donc naturellement mis en place dans les sociétés capitalistes, créant une élite intellectuelle dévouée au capitalisme.

Mais cette suréducation a créé trop de citoyens critiques qui remettent en cause les principes mêmes de la croissance infinie, notamment à cause des limites écologiques.

Face à cette suréducation, les guerres, les menaces de tout ordre et le totalitarisme politique permettent de restreindre l’éducation ou, a minima, de détourner l’attention. L’éducation informatique est la principale cible, car l’informatique est devenue la colonne vertébrale de la société capitaliste. Ne pas comprendre les enjeux informatiques rend même les citoyens les plus engagés totalement impuissants.

La promesse de l’IA, c’est justement de diminuer le besoin d’éducation tout en gardant un degré de production équivalent. Tout employé peut redevenir une main-d’œuvre peu qualifiée et interchangeable. L’IA est un Fordisme intellectuel.

Car les monopoles, la surveillance permanente, la consommation, l’érosion des droits et l’IAfication du travail ne sont que des outils pour garder les citoyens sous contrôle et dans les rails du capitalisme de production.

Et si ces citoyens s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook « anticapitaliste » ou un groupe Whatsapp « centrale d’achat solidaire du quartier », c’est encore mieux ! C’est plus subtil ! De toute façon, ils bossent la journée pour Microsoft et se contentent d’une image du monde générée par Google ou Meta.

Leur vie professionnelle est asservie par Microsoft, leur vie privée par Meta/Facebook et leurs centres d’intérêt sont contrôlés par Google. Maintenant que les humains sont définitivement ferrés, il est temps de réduire progressivement leur degré d’éducation et de connaissance afin d’améliorer leur servilité.

Capitalisme, IA et éducation par Ploum

Le ciblage publicitaire est un ciblage tout court

Seb Sauvage informe [via Mastodon] que l’ICE a fait publier un RFI (donc une sorte d’appel à idées aux entreprises pour ensuite lacer un appel d’offres) à destination des data brokers (ces boîtes qui manipulent nos données, les agrègent, les croisent et les repartagent à la vente) pour qu’ils les aident dans leur mission (de traquer puis d’expulser des gens). Comme Ploum le souligne en réponse et en référençant un article d’il y a un an, cela fait longtemps que ces mésusages sont en usage !

Ne venez pas dire que vous n’étiez pas prévenus. C’est juste que vous pensiez ne pas être concernés.

Les affaires de microciblage sur Facebook pour manipuler des élections fonctionnent grosso modo sur ce même principe, mais là on peut carrément s’en servir pour constituer des faisceaux d’indices assez probants statistiquement pour aller expulser quelqu’un. Et ça va très bien marcher, j’en suis certain.

Analyse d’images et IA

Alain qui est un grand spécialiste de l’analyse d’images (qu’on a pu découvrir via les blogs d’antan ou l’émission Arrêt sur Images) explique l’état actuel de cette science (mêlant art, politique, société, design, critique, histoire, archives et références) avec les images générées par IA. Evidemment, c’est la fin des haricots.

Révolution expIAtoire

Je crois que je ne vais pas me lasser de sitôt à chercher des tas d’opportunités de mettre IA à la place de ia dans les mots et expressions les plus improbables. Hu hu hu. Là je voulais juste vous partager quelques liens qui ont retenu mon attention, comme cet article tout frais du jour de Tristan Nitot qui s’interroge … Continuer la lecture Révolution expIAtoire

La poule ou l’outil ?

Il y a des tas de réflexions que je trouve assez passionnantes sur la manière de s’exprimer sur les Internets. Comment le faire, sur quels espaces et avec quels outils ? L’accessibilité de tout cela, la portée aussi et les valeurs philosophiques par rapport à l’essence même des principes moraux qui ont porté le web des débuts, à ce qu’ils … Continuer la lecture La poule ou l’outil ?

Vive la colocation entre soviétiques et chinois

Alain nous sort une très belle série d’affiches qui célèbre l’amitié sino-russe en mode propagande bolchévique, et cela donne d’étonnantes illustrations parfaitement crypto-homo-érotiques. On a même un parfait petit couple homoparental !!! Mais que demande le peuple ? Hu hu hu. Je plussoie4

Derniers jours

Encore deux jours à Nantes, et c’est le changement de crèmerie. Au moins avec le déménagement, ça me refait goûter à de longues heures de transport en commun pour aller au boulot, donc je renoue avec cette funeste habitude. Car oui, ce n’est pas top. Mais bon, je le prends aussi comme une petite parenthèse parfois agréable où les paysages … Continuer la lecture Derniers jours

À hue et à dIA

Quand je chemine cahin-caha sur les Internets au quotidien, je me note régulièrement des petits liens, et je continue à en collecter pas mal sur l’IA générative. Quelques trucs optimistes mais surtout énormément de peurs ou de méfiances parfaitement étayées par une intuition solide, des études scientifiques, et parfois la réalité des faits qui se déroulent sous nos yeux. Je … Continuer la lecture À hue et à dIA

Yi King et binaire

J’ai été absolument fasciné et épaté d’apprendre ce matin en lisant le blog d’Alain que notre découverte du calcul binaire, et donc ses applications incroyables, venait certes de Leibniz, mais que ce dernier était parti des considérations du Yi King. Et la lecture de ces simples explications, de la constitution des 8 trigrammes puis 64 hexagrammes, est juste bluffante. J’avais … Continuer la lecture Yi King et binaire

La série passionnante de l’été par Korben

Si l’histoire de l’informatique vous intéresse un chouïa, ou même par pure curiosité intellectuelle, je vous conseille ardemment une série d’articles que le blogueur tech Korben propose tout l’été. Cette série dénommée « Hackers » raconte par anecdotes fascinantes, et dignes des meilleurs thrillers ou docu-fictions, la petite histoire de l’informatique à travers ses pirates de l’espace : les hackers ! Vous … Continuer la lecture La série passionnante de l’été par Korben