Pectus est quod disertos facit. ∼ Pédéblogueur depuis 2003 (178 av LLM).
Catégorie : Liens (1025 articles)
Des articles parfois très courts qui consistent à faire un lien vers un article d’un autre blog ou d’un site web quelconque, parfois aussi des articles dont le sujet majeur est un lien externe.
Cela m’a fait sourire car j’ai d’abord lu l’article [via Louis Derrac] sans savoir qui était l’auteur, et petit à petit, je me suis dit oh mais je dois forcément connaître ce type, et puis j’ai compris qu’il s’agissait de Grégory Pouy. Hu hu hu. Mais force est de constater que je suis d’accord avec son récit de l’histoire et ses conclusions actuelles. Mais si LUI, il en arrive là, alors que c’est que vraiment les réseaux sociaux, en effet c’est bel et bien fini. Alors ça ne veut pas dire que tout le monde va abandonner en masse bien sûr, mais ce qu’on appelle « réseau social » a complètement perdu son sens et sa « zone d’usage ».
C’est toujours Thierry Crouzet qui en parle le mieux en décrivant sa défection de ces réseaux d’ailleurs.
J’avais perdu cette habitude, et ma faiblesse me rappelle combien la tentation est puissante, bien que je m’en préserve pour l’essentiel, ayant disparu des réseaux sociaux privatifs (propriétés d’entreprises) et emprisonnants (on ne peut les quitter en emportant ses contacts) — les fameux silos sociaux, qui ont vidé la notion de « réseau social » de sa substance pour ne servir que des objectifs financiers, voire politiques.
J’aime bien quand la sérendipité des Internets me fait se rencontrer comme cela deux avis convergents de deux sources très divergentes dans l’essence même des types de contribution et modes opératoires de leurs auteurs.
Cela me gêne à chaque fois de faire un lien vers un article aussi touchant, mais souvent c’est qu’ils sont bien écrits, et qu’ils m’interpellent à tant de niveaux. Et celui-ci est ciselé, quand je le lis, d’une manière si intense et délicate que je devais le partager.
Ça fait des mois que je bataille avec une forme d’effondrement intérieur pas très maîtrisable, sans savoir pourquoi. Pourquoi j’ai l’impression d’aller plus mal que quand j’avais de gros problèmes ? Pourquoi je me sens en paix avec moi et pas avec ce concept étrange qu’est la vie ? […] Je ne sais pas si c’est vraiment ça, la cause de ces moments où je me suis demandée à quoi ça servait, au juste, d’être vivante. Mais je crois, au moins en partie. On verra bien.
Il y a quelques jours, j’ai lu ce touchant texte d’Agnès [via son compte Mastodon] où elle explique avec sincèrité ce qu’elle aime dans son boulot (de développeuse informatique) et en quoi les LLM sont en train de ravager tout cela. Je ne pense pas qu’elle noircisse le tableau, et elle décrit plutôt fidèlement les changements de paradigmes en œuvre, … Continuer la lecture chIAnlit
Linux a gagné la partie [via Seb Sauvage] !! Et c’est une telle vérité à la fois factuelle et philosophique ! Ce qui est fou c’est que c’est tellement contre-intuitif par rapport au monde capitaliste dans lequel nous vivons, où l’on mesure le succès à l’aune du profit dégagé. Bah là, c’est subtil mais c’est un vrai truc hybride. C’est assez beau. Un peu comme Wikipédia, malgré ses déboires.
Linux didn’t win the way anyone expected. There was no dramatic moment where Ubuntu overtook Windows on the desktop. No press conference. No champagne. Linux won the way open source always wins — gradually, relentlessly, by being better at the things that matter most to the people building the future.
It won because it was free, and startups with no budget could build their entire infrastructure on it. It won because it was customizable, and engineers could tune it for everything from a tiny IoT sensor to the world’s fastest supercomputer. It won because it was open, and thousands of companies and millions of developers could contribute to and benefit from the same shared foundation. It won because it was reliable, and system administrators could trust it to run for years without a reboot. It won because it was secure, and organizations handling sensitive data needed something they could audit and verify.
It won not despite being open source, but because of it.
Linux n’a pas gagné de la manière dont on pouvait s’attendre. Il n’y a pas eu de moment spectaculaire où Ubuntu aurait dépassé Windows pour les ordinateurs de bureau. Pas de conférence de presse. Pas de champagne. Linux a gagné comme l’open source gagne toujours — progressivement, inexorablement, en étant meilleur sur les aspects qui comptent le plus pour ceux qui construisent le futur.
Il a gagné parce qu’il était gratuit, et que des startups sans budget pouvaient bâtir toute leur infrastructure dessus. Il a gagné parce qu’il était personnalisable, et que les ingénieurs pouvaient l’adapter aussi bien à un minuscule capteur IoT qu’au supercalculateur le plus rapide du monde. Il a gagné parce qu’il était ouvert, et que des milliers d’entreprises et des millions de développeurs pouvaient contribuer à une base commune et en tirer parti. Il a gagné parce qu’il était fiable, et que les administrateurs systèmes pouvaient lui faire confiance pour fonctionner pendant des années sans redémarrage. Il a gagné parce qu’il était sécurisé, et que les organisations manipulant des données sensibles avaient besoin d’un système qu’elles pouvaient auditer et vérifier.
Il n’a pas gagné malgré son caractère open source, mais grâce à lui.
Je lis aussi cette nouvelle linuxienne avec Ubuntu qui lève un tabou pour s’ouvrir à un peu plus de monde ou du moins à des usages devenus universellement répandus. Et c’est vrai que ça m’a surpris aussi la première fois que j’ai ouvert une console (le fait que l’on tape son mot de passe sans curseur, dans le noir absolu), mais on s’y fait super bien, et donc je ne comprends pas trop ce mouvement. Après, il faut aussi accepter les changements, et on pourra toujours revenir en arrière sans tabou aucun.
Manu a un coup de mou et il devise sur un des sujets classiques et récurrents pour le blogueur : on parle de quoi, comment, pourquoi, pour qui. Et c’est aussi pour lui associé à la disparition des blogopotes qu’on avait l’habitude et le plaisir de lire, et avec qui échanger ou rebondir sur des articles, et se donner aussi l’idée d’écrire à son tour. Il y a également toujours cette interrogation sur la vie privée et la manière d’étancher ses désirs d’écriture de soi tout en prenant soin de soi. Cela m’a rappelé cet article où je devisais moi-même surtout sur ce comble de vouloir être lu mais ensuite être limité par cette « reconnaissance ».
Il ne faut en réalité pas se poser la question, et juste écrire, écrire.
Non, ce titre n’est pas vulgaire, il s’agit simplement d’une tentative d’allitération avec le mot « token », mais ce n’est pas facile, c’est le seul truc qui me soit venu à l’esprit. Hu hu. Cela vient de cette intéressante vidéo ci-dessous qui explique (et les sources sont tout à fait concordantes et réelles) que l’idée de rémunérer les gens en « token » … Continuer la lecture T’as qu’à te carrer tes tokens au cul
L’article est vraiment édifiant [Via Morgan], mais je sais que ce n’est qu’un papier de plus sur le sujet… Là tout de même, c’est fascinant de voir que l’adoption est déjà très bien enclenchée, et autant du côté des étudiants que des profs que des structures pédagogiques, avec un mélange de probité, droiture mais aussi donc tricherie éhontée et escroquerie pédagogique en retour. Le truc paraît inextricable…
Cette émission d’À l’air libre par Mathieu Magnaudeix est particulièrement importante à consulter. C’est encore une fois un travail ultra sérieux et documenté, et ce qui est en train de nous arriver est plus que jamais limpide et terriblement devant notre porte. « Toutes les vannes ont lâché » et le fascisme est déjà, rampant, grignotant et progressant dans l’ombre, bien installé dans les mentalités avant de gagner plus avant nos institutions.
Arthur Perret propose un très bon papier qui évoque lui-même des liens récents faisant le point sur l’IA qui réduit concrètement des quantités de jobs, mais qui diminue aussi l’expertise des postes en question. C’est d’ailleurs assez incohérent avec le fait de devoir vérifier ce qui est créé par les IA génératives. Et au-delà aussi, les experts ont d’abord été des non-experts qui ont appris en faisant, mais comme on ne fait plus, alors comment devient-on expert et vérificateur ?
Il cite deux articles que j’ai trouvés absolument passionnants, avec Frédéric Lordon du Monde Diplo qui revient sur des considérations très sociologiques mais plutôt parlantes sur l’explication marxiste de ce que l’IA est en train de faire à notre tissu économique. Et on peut aussi découvrir un article tout à fait indispensable de Régis Portalez qui contribue à un blog collaboratif de polytechniciens. L’auteur explique comme il a lui-même changé de vie, et invite à devenir plombier ou usineur, les seuls types d’emploi ou on ne sera pas *encore* trop concurrencés par la robotisation, mais pas de souci l’ubérisation passera bien avant.
Plusieurs personnes témoignent des récentes grandes améliorations dans la qualité des modèles permettant de faire du dév, et indéniablement, avec la motivation capitaliste à extirper de la valeur, même si ça détruit tout sur son passage (hommes et environnements), cela marche déjà très bien et de mieux en mieux. Tristan Nitot évoque même un petit effet de bord positif selon lui, mais avec tellement de caveats qu’il est difficilement défendable ou possiblement généralisable. En revanche, cela montre bien l’inexorable conquête de la technologie, et pour le moment très peu de relais de croissance (mais ce n’est pas pour cela qu’ils n’arriveront pas, Inch Allah).
Ah là là, la Pègre Rose, on en parle depuis aussi longtemps que je suce des bites, c’est vous dire si ça date !! Et là, on revient dessus avec un article de WIRED assez poussé et documenté, mais qui s’arrête vraiment, selon moi, à la surface des choses. Et pourtant bien sûr qu’il existe une connivence entre pédés dans … Continuer la lecture La mafia gay de la « tech »
Cet article (en angliche) [via SebSauvage] est absolument passionnant parce qu’il explique bien le lent et irrémédiable passage des utilisateurs geek et passionnés qui maîtrisaient leurs outils, à des consommateurs beaucoup plus passifs et effleurant la surface des choses, forcément plus assujettis aux institutions. Alors ça n’a rien de fou si l’on considère les courbes d’adoption des technologies, mais c’est … Continuer la lecture L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique
Ploum vient de taper très fort pour moi avec cet article qui en quelques lignes décrit de manière diablement efficace et limpide, la manière dont le trio capitalisme, IA et éducation s’articule. Evidemment c’est un brin cynique, mais ça me paraît, au-delà de la vue de l’esprit, une mécanique plutôt implacable. Et je ne peux que souscrire à sa description des personnes qui s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook « anticapitaliste » ou un groupe Whatsapp « centrale d’achat solidaire du quartier ».
D’ailleurs je suis obligé de vous coller tout le post car c’est trop important pour moi :
Le capitalisme n’a pas créé le système éducatif par humanisme, mais parce qu’il avait besoin d’employés qualifiés pour produire de la croissance. L’automatisation ayant détruit la culture de l’artisan et de l’ouvrier, raison du combat des luddites, une large population se trouvait réduite à se mettre au service des machines.
Mais les progrès de l’automatisation rendaient ce besoin de servants peu qualifiés de moins en moins nécessaire tout en nécessitant des personnes comprenant les machines afin de les entretenir et de les améliorer. Un système éducatif s’est donc naturellement mis en place dans les sociétés capitalistes, créant une élite intellectuelle dévouée au capitalisme.
Mais cette suréducation a créé trop de citoyens critiques qui remettent en cause les principes mêmes de la croissance infinie, notamment à cause des limites écologiques.
Face à cette suréducation, les guerres, les menaces de tout ordre et le totalitarisme politique permettent de restreindre l’éducation ou, a minima, de détourner l’attention. L’éducation informatique est la principale cible, car l’informatique est devenue la colonne vertébrale de la société capitaliste. Ne pas comprendre les enjeux informatiques rend même les citoyens les plus engagés totalement impuissants.
La promesse de l’IA, c’est justement de diminuer le besoin d’éducation tout en gardant un degré de production équivalent. Tout employé peut redevenir une main-d’œuvre peu qualifiée et interchangeable. L’IA est un Fordisme intellectuel.
Car les monopoles, la surveillance permanente, la consommation, l’érosion des droits et l’IAfication du travail ne sont que des outils pour garder les citoyens sous contrôle et dans les rails du capitalisme de production.
Et si ces citoyens s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook « anticapitaliste » ou un groupe Whatsapp « centrale d’achat solidaire du quartier », c’est encore mieux ! C’est plus subtil ! De toute façon, ils bossent la journée pour Microsoft et se contentent d’une image du monde générée par Google ou Meta.
Leur vie professionnelle est asservie par Microsoft, leur vie privée par Meta/Facebook et leurs centres d’intérêt sont contrôlés par Google. Maintenant que les humains sont définitivement ferrés, il est temps de réduire progressivement leur degré d’éducation et de connaissance afin d’améliorer leur servilité.
Toujours la même histoire, je continue de m’interroger quasi-quotidiennement sur cette satanée IA générative, et je lis des tas d’articles, et en ce moment : beaucoup de développeurs qui réfléchissent aux transformations de leur métier avec cette technologie. On n’est moins dans un tableau complètement noir ou manichéen, même si tout le monde s’accorde sur le fait que ça fait … Continuer la lecture On dit oui ou on diverge ?
A la manière de son célèbre discours à l’ONU en 2003, Dominique de Villepin élève sa voix par rapport à la situation dans notre pays. Il est assez éloquent, même si c’est beaucoup trop long, et c’est assez rare pour le noter, il garde un certain panache (pour un mec de droite). Et il publie ça, un libelle qui se … Continuer la lecture Et revoilà la sous-préfète
[Via les liens de Jeey] Voilà un article du (blog du) Monde Diplo, alors c’est forcément fabuleux, mais là c’est encore plus que cela, c’est un texte d’intérêt général et que tout le monde devrait lire, et s’arrêter et réfléchir comme il est conseillé sur le site. Frédéric Lordon part du décès du jeune militant d’extrême droite qui a été … Continuer la lecture De l’inexorable montée du fascisme en France