Framablog traduit en français les conférences de Cory Doctorow, et notamment celle-ci à propos des USA et de leur rapport au web [via Seb Sauvage], dont je suis attentivement les textes sur son site ou Mastodon (il était plutôt pour moi il y a quelques années un « simple » auteur de SF). La transcription de cette conférence est passionnante et je crois qu’il est d’un certain devoir de citoyen du monde de la lire. Oui juste ça.
Catégorie : Liens (1029 articles)
Des articles parfois très courts qui consistent à faire un lien vers un article d’un autre blog ou d’un site web quelconque, parfois aussi des articles dont le sujet majeur est un lien externe.
Les trottoirs de Limoges ou Bordeaux pour apprendre à marcher
Authueil se fait l’écho d’une profonde inégalité entre les territoires de France, mais il me semble qu’on ne parle que de ça, et qu’on le constate donc, depuis plus de 30 ans (et même avant). Mais donc c’est encore plus avéré, et c’est à présent quelque chose de si visible et si tranché, que le point de rupture est déjà franchi pour bien des endroits.
Petit scénario d’anticipation numérique
Je vous conseille ce petit article très sagace (et drôle mais pas si drôle « ah ah ») qui imagine ce qui pourrait se passer à court terme si notre dépendance numérique aux USA perdure. Une nouvelle d’anticipation très réaliste ! [via Louis Derrac]
Idiocracy en approche
Je pourrais vraiment, je crois, partager tous les posts de Ploum tant ils sont clairvoyants, et souvent parfaitement alignés avec mes propres credo. Et là il fait encore évidemment mouche avec un article assez déprimant mais parfaitement lucide sur la manière dont le film Idiocracy est en train de se matérialiser autour de nous.
La boucle est bouclée
Cela m’a fait sourire car j’ai d’abord lu l’article [via Louis Derrac] sans savoir qui était l’auteur, et petit à petit, je me suis dit oh mais je dois forcément connaître ce type, et puis j’ai compris qu’il s’agissait de Grégory Pouy. Hu hu hu. Mais force est de constater que je suis d’accord avec son récit de l’histoire et ses conclusions actuelles. Mais si LUI, il en arrive là, alors que c’est que vraiment les réseaux sociaux, en effet c’est bel et bien fini. Alors ça ne veut pas dire que tout le monde va abandonner en masse bien sûr, mais ce qu’on appelle « réseau social » a complètement perdu son sens et sa « zone d’usage ».
C’est toujours Thierry Crouzet qui en parle le mieux en décrivant sa défection de ces réseaux d’ailleurs.
J’avais perdu cette habitude, et ma faiblesse me rappelle combien la tentation est puissante, bien que je m’en préserve pour l’essentiel, ayant disparu des réseaux sociaux privatifs (propriétés d’entreprises) et emprisonnants (on ne peut les quitter en emportant ses contacts) — les fameux silos sociaux, qui ont vidé la notion de « réseau social » de sa substance pour ne servir que des objectifs financiers, voire politiques.
Extrait de Le livre étouffe dans les silos sociaux de Thierry Crouzet
Et c’est d’ailleurs drolatique de le voir asticoter une maison d’édition pour son usage des dits réseaux.
J’aime bien quand la sérendipité des Internets me fait se rencontrer comme cela deux avis convergents de deux sources très divergentes dans l’essence même des types de contribution et modes opératoires de leurs auteurs.
L’effondrement intérieur
Cela me gêne à chaque fois de faire un lien vers un article aussi touchant, mais souvent c’est qu’ils sont bien écrits, et qu’ils m’interpellent à tant de niveaux. Et celui-ci est ciselé, quand je le lis, d’une manière si intense et délicate que je devais le partager.
Ça fait des mois que je bataille avec une forme d’effondrement intérieur pas très maîtrisable, sans savoir pourquoi. Pourquoi j’ai l’impression d’aller plus mal que quand j’avais de gros problèmes ? Pourquoi je me sens en paix avec moi et pas avec ce concept étrange qu’est la vie ?
Extraits de l’article Contrecoup de Sacrip’Anne
[…]
Je ne sais pas si c’est vraiment ça, la cause de ces moments où je me suis demandée à quoi ça servait, au juste, d’être vivante. Mais je crois, au moins en partie. On verra bien.
chIAnlit
Il y a quelques jours, j’ai lu ce touchant texte d’Agnès [via son compte Mastodon] où elle explique avec sincèrité ce qu’elle aime dans son boulot (de développeuse informatique) et en quoi les LLM sont en train de ravager tout cela. Je ne pense pas qu’elle noircisse le tableau, et elle décrit plutôt fidèlement les changements de paradigmes en œuvre, … Continuer la lecture chIAnlit
De la victoire de Linux en catimini
Linux a gagné la partie [via Seb Sauvage] !! Et c’est une telle vérité à la fois factuelle et philosophique ! Ce qui est fou c’est que c’est tellement contre-intuitif par rapport au monde capitaliste dans lequel nous vivons, où l’on mesure le succès à l’aune du profit dégagé. Bah là, c’est subtil mais c’est un vrai truc hybride. C’est assez beau. Un peu comme Wikipédia, malgré ses déboires.
Linux didn’t win the way anyone expected. There was no dramatic moment where Ubuntu overtook Windows on the desktop. No press conference. No champagne. Linux won the way open source always wins — gradually, relentlessly, by being better at the things that matter most to the people building the future.
Linux Won, and Nobody Noticed par Jun
It won because it was free, and startups with no budget could build their entire infrastructure on it. It won because it was customizable, and engineers could tune it for everything from a tiny IoT sensor to the world’s fastest supercomputer. It won because it was open, and thousands of companies and millions of developers could contribute to and benefit from the same shared foundation. It won because it was reliable, and system administrators could trust it to run for years without a reboot. It won because it was secure, and organizations handling sensitive data needed something they could audit and verify.
It won not despite being open source, but because of it.
Linux n’a pas gagné de la manière dont on pouvait s’attendre. Il n’y a pas eu de moment spectaculaire où Ubuntu aurait dépassé Windows pour les ordinateurs de bureau. Pas de conférence de presse. Pas de champagne. Linux a gagné comme l’open source gagne toujours — progressivement, inexorablement, en étant meilleur sur les aspects qui comptent le plus pour ceux qui construisent le futur.
Il a gagné parce qu’il était gratuit, et que des startups sans budget pouvaient bâtir toute leur infrastructure dessus. Il a gagné parce qu’il était personnalisable, et que les ingénieurs pouvaient l’adapter aussi bien à un minuscule capteur IoT qu’au supercalculateur le plus rapide du monde. Il a gagné parce qu’il était ouvert, et que des milliers d’entreprises et des millions de développeurs pouvaient contribuer à une base commune et en tirer parti. Il a gagné parce qu’il était fiable, et que les administrateurs systèmes pouvaient lui faire confiance pour fonctionner pendant des années sans redémarrage. Il a gagné parce qu’il était sécurisé, et que les organisations manipulant des données sensibles avaient besoin d’un système qu’elles pouvaient auditer et vérifier.
Il n’a pas gagné malgré son caractère open source, mais grâce à lui.
Je lis aussi cette nouvelle linuxienne avec Ubuntu qui lève un tabou pour s’ouvrir à un peu plus de monde ou du moins à des usages devenus universellement répandus. Et c’est vrai que ça m’a surpris aussi la première fois que j’ai ouvert une console (le fait que l’on tape son mot de passe sans curseur, dans le noir absolu), mais on s’y fait super bien, et donc je ne comprends pas trop ce mouvement. Après, il faut aussi accepter les changements, et on pourra toujours revenir en arrière sans tabou aucun.
Le syndrome du blogueur tari
Manu a un coup de mou et il devise sur un des sujets classiques et récurrents pour le blogueur : on parle de quoi, comment, pourquoi, pour qui. Et c’est aussi pour lui associé à la disparition des blogopotes qu’on avait l’habitude et le plaisir de lire, et avec qui échanger ou rebondir sur des articles, et se donner aussi l’idée d’écrire à son tour. Il y a également toujours cette interrogation sur la vie privée et la manière d’étancher ses désirs d’écriture de soi tout en prenant soin de soi. Cela m’a rappelé cet article où je devisais moi-même surtout sur ce comble de vouloir être lu mais ensuite être limité par cette « reconnaissance ».
Il ne faut en réalité pas se poser la question, et juste écrire, écrire.
T’as qu’à te carrer tes tokens au cul
Non, ce titre n’est pas vulgaire, il s’agit simplement d’une tentative d’allitération avec le mot « token », mais ce n’est pas facile, c’est le seul truc qui me soit venu à l’esprit. Hu hu. Cela vient de cette intéressante vidéo ci-dessous qui explique (et les sources sont tout à fait concordantes et réelles) que l’idée de rémunérer les gens en « token » … Continuer la lecture T’as qu’à te carrer tes tokens au cul
Impacts actuels de l’IA Gen sur le monde éducatifs
L’article est vraiment édifiant [Via Morgan], mais je sais que ce n’est qu’un papier de plus sur le sujet… Là tout de même, c’est fascinant de voir que l’adoption est déjà très bien enclenchée, et autant du côté des étudiants que des profs que des structures pédagogiques, avec un mélange de probité, droiture mais aussi donc tricherie éhontée et escroquerie pédagogique en retour. Le truc paraît inextricable…
Siamo tutti antifascisti
Cette émission d’À l’air libre par Mathieu Magnaudeix est particulièrement importante à consulter. C’est encore une fois un travail ultra sérieux et documenté, et ce qui est en train de nous arriver est plus que jamais limpide et terriblement devant notre porte. « Toutes les vannes ont lâché » et le fascisme est déjà, rampant, grignotant et progressant dans l’ombre, bien installé dans les mentalités avant de gagner plus avant nos institutions.
Purée. Mais que faire ?
La fin des IAricots !
Arthur Perret propose un très bon papier qui évoque lui-même des liens récents faisant le point sur l’IA qui réduit concrètement des quantités de jobs, mais qui diminue aussi l’expertise des postes en question. C’est d’ailleurs assez incohérent avec le fait de devoir vérifier ce qui est créé par les IA génératives. Et au-delà aussi, les experts ont d’abord été des non-experts qui ont appris en faisant, mais comme on ne fait plus, alors comment devient-on expert et vérificateur ?
Il cite deux articles que j’ai trouvés absolument passionnants, avec Frédéric Lordon du Monde Diplo qui revient sur des considérations très sociologiques mais plutôt parlantes sur l’explication marxiste de ce que l’IA est en train de faire à notre tissu économique. Et on peut aussi découvrir un article tout à fait indispensable de Régis Portalez qui contribue à un blog collaboratif de polytechniciens. L’auteur explique comme il a lui-même changé de vie, et invite à devenir plombier ou usineur, les seuls types d’emploi ou on ne sera pas *encore* trop concurrencés par la robotisation, mais pas de souci l’ubérisation passera bien avant.
Plusieurs personnes témoignent des récentes grandes améliorations dans la qualité des modèles permettant de faire du dév, et indéniablement, avec la motivation capitaliste à extirper de la valeur, même si ça détruit tout sur son passage (hommes et environnements), cela marche déjà très bien et de mieux en mieux. Tristan Nitot évoque même un petit effet de bord positif selon lui, mais avec tellement de caveats qu’il est difficilement défendable ou possiblement généralisable. En revanche, cela montre bien l’inexorable conquête de la technologie, et pour le moment très peu de relais de croissance (mais ce n’est pas pour cela qu’ils n’arriveront pas, Inch Allah).
La mafia gay de la « tech »
Ah là là, la Pègre Rose, on en parle depuis aussi longtemps que je suce des bites, c’est vous dire si ça date !! Et là, on revient dessus avec un article de WIRED assez poussé et documenté, mais qui s’arrête vraiment, selon moi, à la surface des choses. Et pourtant bien sûr qu’il existe une connivence entre pédés dans … Continuer la lecture La mafia gay de la « tech »
L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique
Cet article (en angliche) [via SebSauvage] est absolument passionnant parce qu’il explique bien le lent et irrémédiable passage des utilisateurs geek et passionnés qui maîtrisaient leurs outils, à des consommateurs beaucoup plus passifs et effleurant la surface des choses, forcément plus assujettis aux institutions. Alors ça n’a rien de fou si l’on considère les courbes d’adoption des technologies, mais c’est … Continuer la lecture L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique
