PremiÚre marche des fiertés du 25 juin 1977

On me l’a conseillĂ© par email, et je transmets Ă  mon tour : un des derniers Ă©pisodes de Affaires sensibles raconte la premiĂšre pride française (et parisienne) et fait surtout une intĂ©ressante chronologie des mouvements de libĂ©ration sexuelle des annĂ©es 70.

Hacks et l’IA

Hacks est une excellente sĂ©rie TV, Ă  l’Ă©criture comique bien ciselĂ©e, avec la non moins excellente Jean Smart. Orpheus nous met en exergue un rĂ©cent Ă©pisode dĂ©diĂ© Ă  l’IA et c’est assez gĂ©nial de voir en effet comme tous les sujets sont super bien abordĂ©s et illustrĂ©s. Les passages qu’il a mis en ligne permettent de parfaitement comprendre les enjeux de l’IA gĂ©nĂ©rative pour les auteurs, mais pas que.

Être Madonna

J’ai bien aimĂ© ce texte de stenia qui tente d’expliquer ce qui fait la singularitĂ© d’une *Madonna*. Chaque gĂ©nĂ©ration ou micro-gĂ©nĂ©ration l’a connu dans une pĂ©riode ou une autre, ou plusieurs Ă  la fois ou successivement, et ça a de quoi dĂ©sarçonner. Ma gĂ©nĂ©ration (de pĂ©dĂ©s, et assimilĂ©s) l’appelle « Maman », alors c’est vous dire si on y tient Ă  notre madone Ă  nous.

Un p’tit clic

Allez un petit clic pour une petite prise de conscience de la maniĂšre dont vous ĂȘtes traquĂ©s sur les Internets. C’est aussi simple que pĂ©dagogique et implacable. Et ça fait bizarre, alors que c’est une information d’une banalitĂ© affligeante, Ă©lĂ©gamment laissĂ©e dans l’ombre depuis des (dizaines d’) annĂ©es. ^^

Allez juste un clic pour la postérité. Hu hu hu.

Gen-X

Thias Ă©crit habituellement en français, mais lĂ  c’est en anglais, et c’est une super description de la gĂ©nĂ©ration X (les personnes nĂ©es entre 1965 et 1976), mĂȘme si je me reconnais plutĂŽt dans les Xennials. Il fait une intĂ©ressante comparaison entre ces gĂ©nĂ©rations et leurs « rĂ©fĂ©rentiels » selon un prisme europĂ©en ou nord-amĂ©ricain.

L’internet post-Ă©tasunien

Framablog traduit en français les confĂ©rences de Cory Doctorow, et notamment celle-ci Ă  propos des USA et de leur rapport au web [via Seb Sauvage], dont je suis attentivement les textes sur son site ou Mastodon (il Ă©tait plutĂŽt pour moi il y a quelques annĂ©es un « simple » auteur de SF). La transcription de cette confĂ©rence est passionnante et je crois qu’il est d’un certain devoir de citoyen du monde de la lire. Oui juste ça. ^^

Les trottoirs de Limoges ou Bordeaux pour apprendre Ă  marcher

Authueil se fait l’Ă©cho d’une profonde inĂ©galitĂ© entre les territoires de France, mais il me semble qu’on ne parle que de ça, et qu’on le constate donc, depuis plus de 30 ans (et mĂȘme avant). Mais donc c’est encore plus avĂ©rĂ©, et c’est Ă  prĂ©sent quelque chose de si visible et si tranchĂ©, que le point de rupture est dĂ©jĂ  franchi pour bien des endroits.

Petit scĂ©nario d’anticipation numĂ©rique

Je vous conseille ce petit article trĂšs sagace (et drĂŽle mais pas si drĂŽle « ah ah ») qui imagine ce qui pourrait se passer Ă  court terme si notre dĂ©pendance numĂ©rique aux USA perdure. Une nouvelle d’anticipation trĂšs rĂ©aliste ! [via Louis Derrac]

Idiocracy en approche

Je pourrais vraiment, je crois, partager tous les posts de Ploum tant ils sont clairvoyants, et souvent parfaitement alignés avec mes propres credo. Et là il fait encore évidemment mouche avec un article assez déprimant mais parfaitement lucide sur la maniÚre dont le film Idiocracy est en train de se matérialiser autour de nous. ^^

La boucle est bouclée

Cela m’a fait sourire car j’ai d’abord lu l’article [via Louis Derrac] sans savoir qui Ă©tait l’auteur, et petit Ă  petit, je me suis dit oh mais je dois forcĂ©ment connaĂźtre ce type, et puis j’ai compris qu’il s’agissait de GrĂ©gory Pouy. Hu hu hu. Mais force est de constater que je suis d’accord avec son rĂ©cit de l’histoire et ses conclusions actuelles. Mais si LUI, il en arrive lĂ , alors que c’est que vraiment les rĂ©seaux sociaux, en effet c’est bel et bien fini. Alors ça ne veut pas dire que tout le monde va abandonner en masse bien sĂ»r, mais ce qu’on appelle « rĂ©seau social » a complĂštement perdu son sens et sa « zone d’usage ».

C’est toujours Thierry Crouzet qui en parle le mieux en dĂ©crivant sa dĂ©fection de ces rĂ©seaux d’ailleurs.

J’avais perdu cette habitude, et ma faiblesse me rappelle combien la tentation est puissante, bien que je m’en prĂ©serve pour l’essentiel, ayant disparu des rĂ©seaux sociaux privatifs (propriĂ©tĂ©s d’entreprises) et emprisonnants (on ne peut les quitter en emportant ses contacts) — les fameux silos sociaux, qui ont vidĂ© la notion de « rĂ©seau social » de sa substance pour ne servir que des objectifs financiers, voire politiques.

Extrait de Le livre étouffe dans les silos sociaux de Thierry Crouzet

Et c’est d’ailleurs drolatique de le voir asticoter une maison d’Ă©dition pour son usage des dits rĂ©seaux.

J’aime bien quand la sĂ©rendipitĂ© des Internets me fait se rencontrer comme cela deux avis convergents de deux sources trĂšs divergentes dans l’essence mĂȘme des types de contribution et modes opĂ©ratoires de leurs auteurs.

L’effondrement intĂ©rieur

Cela me gĂȘne Ă  chaque fois de faire un lien vers un article aussi touchant, mais souvent c’est qu’ils sont bien Ă©crits, et qu’ils m’interpellent Ă  tant de niveaux. Et celui-ci est ciselĂ©, quand je le lis, d’une maniĂšre si intense et dĂ©licate que je devais le partager.

Ça fait des mois que je bataille avec une forme d’effondrement intĂ©rieur pas trĂšs maĂźtrisable, sans savoir pourquoi. Pourquoi j’ai l’impression d’aller plus mal que quand j’avais de gros problĂšmes ? Pourquoi je me sens en paix avec moi et pas avec ce concept Ă©trange qu’est la vie ?
[…]
Je ne sais pas si c’est vraiment ça, la cause de ces moments oĂč je me suis demandĂ©e Ă  quoi ça servait, au juste, d’ĂȘtre vivante. Mais je crois, au moins en partie. On verra bien.

Extraits de l’article Contrecoup de Sacrip’Anne

Une phrase, une ligne

Marrant ce conseil de Cesar [via Morgan] pour amĂ©liorer son niveau d’Ă©criture : il faudrait Ă©crire chaque phrase sur une ligne. Ensuite, il faut essayer de varier la longueur des phrases (dont la taille est ainsi mise en exergue) pour donner du rythme. Et surtout, il faut bien se concentrer sur les dĂ©buts et fins de phrase pour essayer de commencer par un « boom » (un effet marquant) et finir par un « punch » (un impact fort). Au-delĂ  du conseil qui ressemble Ă  la rĂ©daction d’un slogan publicitaire, je pense que ça doit tout de mĂȘme aider Ă  s’amĂ©liorer. ^^

De la victoire de Linux en catimini

Linux a gagnĂ© la partie [via Seb Sauvage] !! Et c’est une telle vĂ©ritĂ© Ă  la fois factuelle et philosophique ! Ce qui est fou c’est que c’est tellement contre-intuitif par rapport au monde capitaliste dans lequel nous vivons, oĂč l’on mesure le succĂšs Ă  l’aune du profit dĂ©gagĂ©. Bah lĂ , c’est subtil mais c’est un vrai truc hybride. C’est assez beau. Un peu comme WikipĂ©dia, malgrĂ© ses dĂ©boires.

Linux didn’t win the way anyone expected. There was no dramatic moment where Ubuntu overtook Windows on the desktop. No press conference. No champagne. Linux won the way open source always wins — gradually, relentlessly, by being better at the things that matter most to the people building the future.

It won because it was free, and startups with no budget could build their entire infrastructure on it. It won because it was customizable, and engineers could tune it for everything from a tiny IoT sensor to the world’s fastest supercomputer. It won because it was open, and thousands of companies and millions of developers could contribute to and benefit from the same shared foundation. It won because it was reliable, and system administrators could trust it to run for years without a reboot. It won because it was secure, and organizations handling sensitive data needed something they could audit and verify.

It won not despite being open source, but because of it.

Linux Won, and Nobody Noticed par Jun

Linux n’a pas gagnĂ© de la maniĂšre dont on pouvait s’attendre. Il n’y a pas eu de moment spectaculaire oĂč Ubuntu aurait dĂ©passĂ© Windows pour les ordinateurs de bureau. Pas de confĂ©rence de presse. Pas de champagne. Linux a gagnĂ© comme l’open source gagne toujours — progressivement, inexorablement, en Ă©tant meilleur sur les aspects qui comptent le plus pour ceux qui construisent le futur.

Il a gagnĂ© parce qu’il Ă©tait gratuit, et que des startups sans budget pouvaient bĂątir toute leur infrastructure dessus. Il a gagnĂ© parce qu’il Ă©tait personnalisable, et que les ingĂ©nieurs pouvaient l’adapter aussi bien Ă  un minuscule capteur IoT qu’au supercalculateur le plus rapide du monde. Il a gagnĂ© parce qu’il Ă©tait ouvert, et que des milliers d’entreprises et des millions de dĂ©veloppeurs pouvaient contribuer Ă  une base commune et en tirer parti. Il a gagnĂ© parce qu’il Ă©tait fiable, et que les administrateurs systĂšmes pouvaient lui faire confiance pour fonctionner pendant des annĂ©es sans redĂ©marrage. Il a gagnĂ© parce qu’il Ă©tait sĂ©curisĂ©, et que les organisations manipulant des donnĂ©es sensibles avaient besoin d’un systĂšme qu’elles pouvaient auditer et vĂ©rifier.

Il n’a pas gagnĂ© malgrĂ© son caractĂšre open source, mais grĂące Ă  lui.

Je lis aussi cette nouvelle linuxienne avec Ubuntu qui lĂšve un tabou pour s’ouvrir Ă  un peu plus de monde ou du moins Ă  des usages devenus universellement rĂ©pandus. Et c’est vrai que ça m’a surpris aussi la premiĂšre fois que j’ai ouvert une console (le fait que l’on tape son mot de passe sans curseur, dans le noir absolu), mais on s’y fait super bien, et donc je ne comprends pas trop ce mouvement. AprĂšs, il faut aussi accepter les changements, et on pourra toujours revenir en arriĂšre sans tabou aucun. ^^

Le syndrome du blogueur tari

Manu a un coup de mou et il devise sur un des sujets classiques et rĂ©currents pour le blogueur : on parle de quoi, comment, pourquoi, pour qui. Et c’est aussi pour lui associĂ© Ă  la disparition des blogopotes qu’on avait l’habitude et le plaisir de lire, et avec qui Ă©changer ou rebondir sur des articles, et se donner aussi l’idĂ©e d’Ă©crire Ă  son tour. Il y a Ă©galement toujours cette interrogation sur la vie privĂ©e et la maniĂšre d’Ă©tancher ses dĂ©sirs d’Ă©criture de soi tout en prenant soin de soi. Cela m’a rappelĂ© cet article oĂč je devisais moi-mĂȘme surtout sur ce comble de vouloir ĂȘtre lu mais ensuite ĂȘtre limitĂ© par cette « reconnaissance ».

Il ne faut en réalité pas se poser la question, et juste écrire, écrire. ^^