La sobriété par l’exemplarité

J’aime bien ce genre de témoignage [via Louis Derrac] qui permet d’imaginer de manière concrète ce à quoi ressemble VRAIMENT un habitat durable. Et bien sûr, ça paraît d’abord un truc drastique et inatteignable, un truc d’écolo intégriste irréaliste, mais je ne crois pas. Je pense vraiment pouvoir m’y mettre, et j’aimerais bien en tout cas tester ça. Il ne s’agit pas ensuite de faire des comparaisons, mais simplement de se dire que c’est la seule voie possible de survie.

Faire différent avec moins

Passionnante réflexion de David Larlet, via une citation de l’auteur Nicolas Langelier, concernant la lutte dans un monde en effondrement. On a tous je crois cette : « sensation que continuer à accélérer dans un monde qui se contracte revient à ajouter du bruit au bruit », et donc il s’agirait de « refuser l’excès [qui] est devenu, pour moi, une discipline plus exigeante que l’engagement spectaculaire ». Evidemment il est difficile de ne pas y voir une forme de renoncement, mais plus un renoncement à l’alimentation de la polarisation (ou de la miction dans une viole de gambe de toute façon). A voir quelles solutions alternatives on peut trouver, en commençant apparemment par « chercher la justesse plutôt que la profusion ». Cela semble bien sage dans un monde si fou.

Free puppies

Cette comparaison de la contribution, gratuite en apparence, à des projets open-source à un don de « chiot gratuit » [via Seb Sauvage] est en effet absolument irrésistible.

No, it’s not free. What you’re doing is asking me – you’ve got this cool feature, and you want me to maintain it for you, to document it for you, to test it for you, to maintain it for you for the next twenty-five years. That’s not free.
Linus Torvalds is famous for saying there’s free as in beer and free as in speech. But there’s another kind of freedom: free as in puppies. « Oh look, I’ve got a free puppy for you. » You see where this is going?
A pull request is a free puppy. And then you’ve just got a kennel full of puppies at the end of the day. And you can’t just throw them out – you’re morally obligated to take care of them for their natural life.
I don’t want any free puppies.

De la fierté

Il n’écrit pas très souvent, mais il me fait toujours bien réfléchir Ruru Pepito. Et là ses interrogations sur nos fiertés mensuelles méritent, selon moi, une lecture attentive.

La fierté par l’action. Je crois que ça ça fait sens pour moi. Parce que ça détache la fierté d’un mystère auquel on n’aura jamais la réponse: pourquoi est-on qui on est?

On s’en fout.

Parce que ça détache la fierté d’un regroupement de symboles de pratiques ou même de formes de résistances qui ne sont pas si communes que ça finalement. Parce que ça met l’enjeu ailleurs dans les mouvements de libération. Non plus dans le fait de s’outer et se dire fier d’aimer ou de baiser ou d’être quoique ce soit, mais dans le ras le fion généralisé dans nos communautés de vivre dans l’humiliation constante. Pas seulement parce qu’on nous traite de pédé mais parce qu’on vit dans un système profondément injuste. Pendant que certains se pavanent à l’assemblée nationale en costard cravate et en prônant l’amour universel, d’autres se retrouvent exclus de la société pour des questions de papier. C’est ça l’humiliation constante. Je peux pas m’empêcher d’y voir un sous produit nocif des mouvements de libération qui se sont accommodés avec la capitalisme.

Citation tirée de l’article « fierté » de Ruru Pepito

Première marche des fiertés du 25 juin 1977

On me l’a conseillé par email, et je transmets à mon tour : un des derniers épisodes de Affaires sensibles raconte la première pride française (et parisienne) et fait surtout une intéressante chronologie des mouvements de libération sexuelle des années 70.

Hacks et l’IA

Hacks est une excellente série TV, à l’écriture comique bien ciselée, avec la non moins excellente Jean Smart. Orpheus nous met en exergue un récent épisode dédié à l’IA et c’est assez génial de voir en effet comme tous les sujets sont super bien abordés et illustrés. Les passages qu’il a mis en ligne permettent de parfaitement comprendre les enjeux de l’IA générative pour les auteurs, mais pas que.

Être Madonna

J’ai bien aimé ce texte de stenia qui tente d’expliquer ce qui fait la singularité d’une *Madonna*. Chaque génération ou micro-génération l’a connu dans une période ou une autre, ou plusieurs à la fois ou successivement, et ça a de quoi désarçonner. Ma génération (de pédés, et assimilés) l’appelle « Maman », alors c’est vous dire si on y tient à notre madone à nous.

Un p’tit clic

Allez un petit clic pour une petite prise de conscience de la manière dont vous êtes traqués sur les Internets. C’est aussi simple que pédagogique et implacable. Et ça fait bizarre, alors que c’est une information d’une banalité affligeante, élégamment laissée dans l’ombre depuis des (dizaines d’) années. ^^

Allez juste un clic pour la postérité. Hu hu hu.

Gen-X

Thias écrit habituellement en français, mais là c’est en anglais, et c’est une super description de la génération X (les personnes nées entre 1965 et 1976), même si je me reconnais plutôt dans les Xennials. Il fait une intéressante comparaison entre ces générations et leurs « référentiels » selon un prisme européen ou nord-américain.

L’internet post-étasunien

Framablog traduit en français les conférences de Cory Doctorow, et notamment celle-ci à propos des USA et de leur rapport au web [via Seb Sauvage], dont je suis attentivement les textes sur son site ou Mastodon (il était plutôt pour moi il y a quelques années un « simple » auteur de SF). La transcription de cette conférence est passionnante et je crois qu’il est d’un certain devoir de citoyen du monde de la lire. Oui juste ça. ^^

Les trottoirs de Limoges ou Bordeaux pour apprendre à marcher

Authueil se fait l’écho d’une profonde inégalité entre les territoires de France, mais il me semble qu’on ne parle que de ça, et qu’on le constate donc, depuis plus de 30 ans (et même avant). Mais donc c’est encore plus avéré, et c’est à présent quelque chose de si visible et si tranché, que le point de rupture est déjà franchi pour bien des endroits.

Petit scénario d’anticipation numérique

Je vous conseille ce petit article très sagace (et drôle mais pas si drôle « ah ah ») qui imagine ce qui pourrait se passer à court terme si notre dépendance numérique aux USA perdure. Une nouvelle d’anticipation très réaliste ! [via Louis Derrac]

La boucle est bouclée

Cela m’a fait sourire car j’ai d’abord lu l’article [via Louis Derrac] sans savoir qui était l’auteur, et petit à petit, je me suis dit oh mais je dois forcément connaître ce type, et puis j’ai compris qu’il s’agissait de Grégory Pouy. Hu hu hu. Mais force est de constater que je suis d’accord avec son récit de l’histoire et ses conclusions actuelles. Mais si LUI, il en arrive là, alors que c’est que vraiment les réseaux sociaux, en effet c’est bel et bien fini. Alors ça ne veut pas dire que tout le monde va abandonner en masse bien sûr, mais ce qu’on appelle « réseau social » a complètement perdu son sens et sa « zone d’usage ».

C’est toujours Thierry Crouzet qui en parle le mieux en décrivant sa défection de ces réseaux d’ailleurs.

J’avais perdu cette habitude, et ma faiblesse me rappelle combien la tentation est puissante, bien que je m’en préserve pour l’essentiel, ayant disparu des réseaux sociaux privatifs (propriétés d’entreprises) et emprisonnants (on ne peut les quitter en emportant ses contacts) — les fameux silos sociaux, qui ont vidé la notion de « réseau social » de sa substance pour ne servir que des objectifs financiers, voire politiques.

Extrait de Le livre étouffe dans les silos sociaux de Thierry Crouzet

Et c’est d’ailleurs drolatique de le voir asticoter une maison d’édition pour son usage des dits réseaux.

J’aime bien quand la sérendipité des Internets me fait se rencontrer comme cela deux avis convergents de deux sources très divergentes dans l’essence même des types de contribution et modes opératoires de leurs auteurs.