L’IA et le vocabulaire anthropomorphe

Depuis le tout début de l’IA générative et l’avènement des chatbots, justement sans doute à cause de cela, on est dans un constant anthropomorphisme. Comme on discute avec le machin, et qu’on nous balance de l’Intelligence Artificielle à tout bout de champs, ça n’aide pas. Une première étape essentielle pour remettre l’église au milieu du village serait de nommer correctement les choses, et donc de déshumaniser ces principes mécaniques ou informatiques, et hautement déshumanisants. Cela permettrait aussi de savoir de quoi on parle, et de ne pas confondre les véritables capacités qui sont promues par les techbros.

Deux scientifiques, Emily M. Bender and Nanna Inie, font des propositions très concrètes [via Louis Derrac] et ces descriptions sont en effet beaucoup plus cohérentes et précises :

artificial intelligence → probabilistic automation
hybrid intelligence → augmented human intelligence
image recognition → image labeling
speech recognition → automatic transcription
the model shows bias → the model reflects bias
model mistakes → model errors
chatbots are good at… → chatbots are good for…
hallucination → undesirable output

Cet article We Need to Talk About How We Talk About ‘AI’ va encore plus loin dans les explications et le contexte de ce sujet, il est également à consulter !

8 réflexions au sujet de « L’IA et le vocabulaire anthropomorphe »

  1. Démarche plus qu’intéressante. J’ai cherché si du côté du Québec souvent en avance, il y avait déjà en français une adaptation… Faudrait-il aller vers « automatisation probabiliste » en français ? Voilà un combat qui me parle…

    1. Eh oui, ensuite il faut bien entendu localiser le vocabulaire en français. Le calcul probabiliste est une expression assez connue, donc oui automatisation probabiliste ou traitements non déterministes (qui est moins technique mais aussi signifiant) ou je ne sais quoi d’inventif. :gene:

  2. Très intéressant tout ça. Il y a aussi le problème des pronoms, « il » en français, alors qu’en anglais on utilise « it » qui est moins anthropomorphiste (je sais pas comment on dit) puisque non genré. Et puis ils ne parlent pas non plus de « Claude, » le fait de donner un vrai prénom humain à un système est moche et nous force à penser que c’est une personne et non une machine.

    1. C’est sûr qu’OpenAI avec ChatGPT (pas grand monde du grand public ne connaît d’ailleurs la signification de l’acronyme), ce n’était vraiment pas un truc marketing !! Claude est l’extrême opposé, et ça marche super bien en termes de com. :gene:

  3. Effectivement très intéressant mais ne pensez-vous pas qu’il soit un peu tard pour mettre en œuvre un tel changement? Quand je parle de « l’IA de G♦♦gle » devant mon petit fils, il répond « Gemini ». Bon, ceci étant dit, bon samedi à vous; moi, je retourne dans ma tanière.

    1. Oui je pense que c’est en effet trop tard, comme souvent. Mais la réflexion est intéressante, et elle mériterait d’être étendue. On ne sait jamais !! :doigt: :sourire:

  4. Le sujet de l’IA conversationnelle m’intéresse, et j’échange (!) régulièrement sur le sujet avec Copilot. J’avais en effet besoin de précision sur le terme « IA » dont je ne maîtrisais absolument pas le ou plus les périmètres. Oui, le terme IA prête donc à confusion.

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