De la victoire de Linux en catimini

Linux a gagné la partie [via Seb Sauvage] !! Et c’est une telle vérité à la fois factuelle et philosophique ! Ce qui est fou c’est que c’est tellement contre-intuitif par rapport au monde capitaliste dans lequel nous vivons, où l’on mesure le succès à l’aune du profit dégagé. Bah là, c’est subtil mais c’est un vrai truc hybride. C’est assez beau. Un peu comme Wikipédia, malgré ses déboires.

Linux didn’t win the way anyone expected. There was no dramatic moment where Ubuntu overtook Windows on the desktop. No press conference. No champagne. Linux won the way open source always wins — gradually, relentlessly, by being better at the things that matter most to the people building the future.

It won because it was free, and startups with no budget could build their entire infrastructure on it. It won because it was customizable, and engineers could tune it for everything from a tiny IoT sensor to the world’s fastest supercomputer. It won because it was open, and thousands of companies and millions of developers could contribute to and benefit from the same shared foundation. It won because it was reliable, and system administrators could trust it to run for years without a reboot. It won because it was secure, and organizations handling sensitive data needed something they could audit and verify.

It won not despite being open source, but because of it.

Linux Won, and Nobody Noticed par Jun

Linux n’a pas gagné de la manière dont on pouvait s’attendre. Il n’y a pas eu de moment spectaculaire où Ubuntu aurait dépassé Windows pour les ordinateurs de bureau. Pas de conférence de presse. Pas de champagne. Linux a gagné comme l’open source gagne toujours — progressivement, inexorablement, en étant meilleur sur les aspects qui comptent le plus pour ceux qui construisent le futur.

Il a gagné parce qu’il était gratuit, et que des startups sans budget pouvaient bâtir toute leur infrastructure dessus. Il a gagné parce qu’il était personnalisable, et que les ingénieurs pouvaient l’adapter aussi bien à un minuscule capteur IoT qu’au supercalculateur le plus rapide du monde. Il a gagné parce qu’il était ouvert, et que des milliers d’entreprises et des millions de développeurs pouvaient contribuer à une base commune et en tirer parti. Il a gagné parce qu’il était fiable, et que les administrateurs systèmes pouvaient lui faire confiance pour fonctionner pendant des années sans redémarrage. Il a gagné parce qu’il était sécurisé, et que les organisations manipulant des données sensibles avaient besoin d’un système qu’elles pouvaient auditer et vérifier.

Il n’a pas gagné malgré son caractère open source, mais grâce à lui.

Je lis aussi cette nouvelle linuxienne avec Ubuntu qui lève un tabou pour s’ouvrir à un peu plus de monde ou du moins à des usages devenus universellement répandus. Et c’est vrai que ça m’a surpris aussi la première fois que j’ai ouvert une console (le fait que l’on tape son mot de passe sans curseur, dans le noir absolu), mais on s’y fait super bien, et donc je ne comprends pas trop ce mouvement. Après, il faut aussi accepter les changements, et on pourra toujours revenir en arrière sans tabou aucun. ^^

L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique

Cet article (en angliche) [via SebSauvage] est absolument passionnant parce qu’il explique bien le lent et irrémédiable passage des utilisateurs geek et passionnés qui maîtrisaient leurs outils, à des consommateurs beaucoup plus passifs et effleurant la surface des choses, forcément plus assujettis aux institutions. Alors ça n’a rien de fou si l’on considère les courbes d’adoption des technologies, mais c’est … Continuer la lecture L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique

Les femmes trans sont des femmes !

Le parlement européen vient de voter une résolution qui affirme une pleine reconnaissance des femmes trans comme des… femmes. Je trouve que c’est une merveilleuse nouvelle même si elle tombe sous le sens pour beaucoup de gens. Et par rapport aux reculs majeurs aux USA sur le sujet, c’est une excellente chose dont je suis étonné de n’en avoir pas du tout entendu parler dans les médias que je consulte.

Evidemment, l’extrême droite a voté contre, y compris les Le Pen, Orbán et Meloni.

[via Seb Sauvage]

L’agent Smith entre dans la danse

On entend de plus en plus de plaintes de contributions bancales à des solutions open-source, et ça donne des contributeurs à la fois submergés et découragés. Mais au début c’était surtout des gens qui utilisaient les LLM en croyant bien faire, et en voulant apporter leur pierre de cette manière au développement ou débogage d’un logiciel. J’imagine que petit à … Continuer la lecture L’agent Smith entre dans la danse

Des couches pleines de caca

[Via Seb Sauvage] Bon là c’est un article pour les geeks (en angliche), mais ça vaut le coup ! Forcément quand tu interviewes un gars à un événement d’une distribution Linux pour équiper les serveurs, c’est croquignolet. Cela m’a fait penser à ma prof d’assembleur en IUT qui disait que le salut ne passait que par le langage de programmation le plus bas niveau possible, si tu comprenais tout cela, c’était le langage de Dieu lui-même. Le reste ce n’était que du pipi de chat pour des gens de plus en plus stupides à mesure qu’on remontait aux couches supérieures.

Là c’est un peu pareil, mais en considérant des grosses couches qu’on nous a en effet vendues comme des « révolutions dans les usages ». Et on ne peut pas non plus complètement être pour ou contre, car je n’ai (oui moi) jamais été capable de pondre une ligne de code potable (mein gott, ce que j’étais mauvais1 ^^ ). Mais l’article détaille assez bien à quel point c’est loin d’être faux, et qu’en effet tout l’infrastructure moderne et « fancy » repose sur des briques souvent open-source considérées comme des commodités un peu méprisées. C’est d’ailleurs tout un problème actuel avec la raréfaction de certaines compétences, talents et implications dans l’open-source.

Ce célèbre strip de XKCD est d’ailleurs terriblement d’actualité pour illustrer cela.

Je colle l’article là, car je veux me le garder au chaud au cas où. Les liens de l’articles valent aussi leurs clics, donc n’hésitez pas à butiner tout ça.

  1. Je rappelle qu’en 1995 je faisais des boucles d’oreille et des bagues en étain en cours d’électronique au lieu de souder des composants. ↩︎

Médias d’attention, piège à cons

[via Seb Sauvage] Un article très intéressant (en angliche) juste parce qu’il rappelle ce qu’on a tous vécu : le réseau social qui devient un média d’attention. Mais oui, vous savez bien au début on choisit qui on suit, comment on est notifié, et assez soigneusement on contrôle ce qu’on regarde. Et puis finalement, ça devient un truc qui nous pousse nawak, quand il veut, comme il veut, et dont le seul objectif est de nous laisser dessus le plus longtemps possible en mode « temps de cerveau disponible ».

Et c’est vrai que l’expérience Mastodon (et Bluesky qui n’a pas encore fait sa mue) est un truc tout doux et serein qui ne pousse pas à la consommation, vu que c’est complètement ouvert, décentralisé et sans aucun autre but que celui de nous relier les uns aux autres (alors autant les néonazis que les gentils bouts de chou que nous sommes, mais c’est la vraie vie après tout). Mais au moins, vous ne voyez les pouets que des gens que vous suivez, et la timeline est un truc chronologique ! Et force est de constater que c’est moins « excitant » (et parfois moins *fun* il faut le reconnaître), mais c’est cool, et ça ressemble un peu au début des Internets où y’avait tellement peu de pédés en ligne dans l’Univers Connu que je faisais copain-copain avec des Yahoo! Profiles à Los Angeles ou New York.

C’est tout doux, et on a besoin de douceur. ^^

(Dixit le mec qui peut passer deux heures à scroller sur Insta évidemment.)

Le ciblage publicitaire est un ciblage tout court

Seb Sauvage informe [via Mastodon] que l’ICE a fait publier un RFI (donc une sorte d’appel à idées aux entreprises pour ensuite lacer un appel d’offres) à destination des data brokers (ces boîtes qui manipulent nos données, les agrègent, les croisent et les repartagent à la vente) pour qu’ils les aident dans leur mission (de traquer puis d’expulser des gens). Comme Ploum le souligne en réponse et en référençant un article d’il y a un an, cela fait longtemps que ces mésusages sont en usage !

Ne venez pas dire que vous n’étiez pas prévenus. C’est juste que vous pensiez ne pas être concernés.

Les affaires de microciblage sur Facebook pour manipuler des élections fonctionnent grosso modo sur ce même principe, mais là on peut carrément s’en servir pour constituer des faisceaux d’indices assez probants statistiquement pour aller expulser quelqu’un. Et ça va très bien marcher, j’en suis certain.