Iwak c’est Inktober with a keyboard, et là je rattrape comme j’en ai envie la version 2022, donc quand je veux, et ce dont j’ai envie. Hu hu hu. (Fuck la vie !!)
J’ai évoqué à quel point je suis fan des séries « Avatar », et bien sûr je veux parler là des personnages Nickelodeon des merveilleuses œuvres Avatar, le dernier maître de l’air et La Légende de Korra, et pas les bouses intergalactiques de Cameron dont le premier opus était passable, et la suite carrément indigeste..
20 après le début de la diffusion des aventures d’Aang, Katara, Sokka, Toph et Zuko, je vous promets que ça n’a pas pris une ride, et que cela se regarde avec autant de bonheur. Korra avait fait le miracle de proposer une série à la fois dans la lignée d’Avatar, mais encore plus inventive dans la finesse de l’écriture, et d’une ampleur extraordinaire pour ses thèmes et son cadre moral. Et surtout ces séries sont saines et parfaitement wokistes, raisons pour lesquelles elles ont aussi été décriées aux USA, mais aimées à raison par des millions de gens dans le monde. J’espère malgré tout qu’elles auront un impact similaires sur les jeunes gens que les Chevaliers du Zodiaques ou les Mystérieuses Cités d’Or en auront eu sur ma génération (et elles étaient beaucoup moins wokistes, huhuhu
).
Le rapport avec le titre ? Eh bien, quand j’ai vu « ponytail », j’ai tout de suite pensé à « ponytail guy » (le gars à la queue de cheval) qui est la manière dont le personnage Sokka est interpelé une fois car il a perdu son fameux boomerang. Et il faut le voir s’exprimer dans un soupir de regret « avant j’étais le gars au boomerang »… Sokka est un personnage incroyable, et qui m’a beaucoup marqué dans la première série Avatar. En effet, il est d’abord l’archétype du « mec » avec un brin de masculinité toxique en apparence, mais c’est aussi un personnage sans pouvoir particulier, juste e next door guy qui se révèle génial, car drôle et habile, mais dont la qualité finale mise en exergue et l’attention qu’il porte envers tout le monde avec son côté parfois un peu bébéte et bas de plafond (très white cis het).
Et c’est l’immense talent des auteurs d’avoir pondu comme cela un des personnages les plus attachants, qui est certainement le plus drôle, et à la fois le plus ingénieux et courageux mais aussi parfois buté et pris dans ses carcans patriarcaux. Et pour mieux encore le malmener et nous le faire aimer, Sokka se retrouve rapidement à vouloir impressionner une jeune femme guerrière, Suki, et cette dernière lui pète la gueule en deux secondes (illustration ci-dessus), avant de lui apprendre comment se battre avec un éventail à la manière d’Avatar Kyoshi (une fucking butch Avatar de ouf !!).
Ce que j’aime dans la série justement c’est que les personnages sont complexes et subtiles, et l’idée n’était pas de remiser les hommes (white cis het…), mais simplement de montrer que chacun a sa place, avec ou sans « pouvoir » car les talents vont bien au-delà d’une simple capacité surnaturelle. Vraiment vous trouverez difficilement, selon moi, meilleur travail de représentation et d’équilibre des genres, et même des habiletés, des handicaps etc.
J’avais particulièrement été sensible à l’héroïne du film Disney « Encanto » de 2021, car Mirabel est la seule de sa famille sans pouvoir magique. Or, elle reste une héroïne tout du long, et j’étais persuadé qu’elle finirait avec un pouvoir en fin de compte, mais non, elle reste la princesse Disney ordinaire et à laquelle tout le monde peut s’identifier (femmes et hommes) avec ses binocles et ses magnifiques robes brodées vaguement colombiennes. C’est pour moi un des derniers films très réussis de Disney, avec en plus une chanson titre géniale (We don’t talk about Bruno, no no no…), et c’est aussi une sacrée prouesse en diversité de représentations, et en équilibre d’incarnation des genres (on n’échappe pas aux clichés, et tant mieux car il ne faut pas verser dans les opposés, il faut, selon moi, vraiment inclure et diversifier).
Je pense que le premier exemple que j’ai eu en la matière et qui m’a profondément touché et marqué, c’est en lisant mes comics X-Men quand j’étais tout minot. Je me rappelle avoir été tant inspiré et épaté par tous ces super-héros, et d’abord avoir pensé : « Mais merde pourquoi, Charles Xavier, le Professeur X, est si important ? Le mec est en fauteuil roulant et c’est le plus puissant des mutants juste par ses capacités télépathiques ? Nuuuuuul. » Et petit à petit, j’ai dû me ranger à l’avis de tous, mais oui Charles c’est un super-héros fabuleux et tout puissant, et son pouvoir est absolument génial. Cela m’a fait progressivement changé d’avis sur les « pouvoirs de merde » qui recèlent en réalité des incroyables manières de transformer le monde et d’agir avec autrui, et souvent avec compassion, amitié et gentillesse, plus que par envie, violence ou dissimulation.
Un de mes X-Men préférés c’était Banshee (le Hurleur en français) qui avait un beau pouvoir de merde puisque cela consiste à crier très fort. Hu hu hu. Mais voilà, dans les X-Men cela se traduit par des capacités incroyables et fabuleuses qui changent la donne. Et surtout, Banshee avec des petites ailettes à son costume pouvait utiliser son pouvoir sonique pour déplacer l’air et concrètement voler comme un jet !! Et ça purée, ça c’était vraiment classe !! J’avais adoré d’ailleurs dans X-Men: First Class que Banshee soit incarné en jeune X-Men qui découvre cette faculté. D’autant plus que c’était le jeunot Caleb Landry Jones qui jouait le rôle avec brio, et c’était cool d’avoir tous ces jeunes paumés et clairement « next door ». Bon le même Caleb Landry Jones est Dracula dans cet infâme navet dont je vous ai parlé. Pobrecito.
C’est certainement dans la série Les 4400 que cette notion de « pouvoirs de merde » ont eu la meilleure des illustrations. Et j’avais adoré comme la série retournait justement le sujet des « super pouvoirs » avec de sacrés mauvaises surprises qui ruine des vies.
Bref tout ça pour dire qu’il y a de l’espoir dans les représentations, et que ça peut venir de partout, de manière plus ou moins subtile, mais Sokka, le gars plus au boomerang qu’à la queue de cheval, était un premier bon perso mascu detoxifié qui faisait croire à des lendemains un peu plus chantants.

Sur la différence de traitement de la confrontation Sokka – Suki entre la version animée Nickelodeon et la version live Netflix, j’avais beaucoup aimé cette vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=j9L3RNmG7a8 « Netflix’s Avatar Remake Doesn’t Understand Avatar » par Jessie Gender.