Attention aux Prétoriens !

Je me rappelais que pas grand chose n’allait dans ce film, mais ça reste un de mes trucs de série B doudous des années 90. J’avais bien aimé parce que j’étais déjà un geek et que ça parlait d’ordinateurs, et ça évoquait presque avec trop d’avance (il est sorti en 1995) les Internets, jusqu’à son titre original « The Net » qui … Continuer la lecture Attention aux Prétoriens !

Petit scénario d’anticipation numérique

Je vous conseille ce petit article très sagace (et drôle mais pas si drôle « ah ah ») qui imagine ce qui pourrait se passer à court terme si notre dépendance numérique aux USA perdure. Une nouvelle d’anticipation très réaliste ! [via Louis Derrac]

chIAnlit

Il y a quelques jours, j’ai lu ce touchant texte d’Agnès [via son compte Mastodon] où elle explique avec sincèrité ce qu’elle aime dans son boulot (de développeuse informatique) et en quoi les LLM sont en train de ravager tout cela. Je ne pense pas qu’elle noircisse le tableau, et elle décrit plutôt fidèlement les changements de paradigmes en œuvre, … Continuer la lecture chIAnlit

WordPress, l’IA générative et Lacan

Voilà un passionnant article de Benjamin Thiry qui rebondit sur Romain Leclaire qui lui-même explique la manière dont WordPress se met à l’IA pour emmerdifier un peu plus le net. Ce qui m’a intéressé c’est le lien avec la psychanalyse en prenant le concept du schéma L de Jacques Lacan (dont j’ignorais absolument l’existence, mais qui est, je trouve, vraiment bien vulgarisé ^^ ).

Vingt ans de diffs dans les yeux plutôt que vingt ans de code dans les doigts

Pour une fois un article en français sur le sujet du développement informatique et de l’IA générative [via Morgan], et c’est assez bien écrit et universel pour que ça puisse, je pense, toucher au-delà de cercles initiés. J’ai trouvé drôle que le commentaire de celui qui a partagé soit finalement un peu différemment de ma propre lecture. C’est à dire que, oui, l’auteur craint autant les IA pour les futurs dévs, qu’il a l’air de les utiliser et maîtriser carrément pas mal lui-même. Mais sa conclusion c’est plutôt sur la possibilité d’une évolution des métiers vers l’analyse de « diffs » (il s’agit de la mise en avant de ce qui a été changé dans le code, par petits morceaux fonctionnels, souvent dans une autre couleur pour que ça ressorte bien, et qu’on comprenne facilement la différence entre avant/après). Et il met bien en avant l’immense difficulté avec le code généré de faire la différence entre le bon grain et l’ivraie, justement parce que c’est tout aussi crédible et bien commenté ou documenté.

Et c’est marrant mais j’ai exactement les mêmes difficultés en ce moment quand je relis des textes qui ont été générés avec de l’IA Gén dans le boulot. Cela me demande 5 à 10 fois plus d’attention et de relecture pour traquer les erreurs ou incohérences. Le bilan global est positif (en productivité), mais cette tâche qui pouvait être juste une légère relecture devient cruciale. Et clairement, comme pour la lecture de « diffs », on n’apprend pas de la même manière en pratiquant ainsi.

T’as qu’à te carrer tes tokens au cul

Non, ce titre n’est pas vulgaire, il s’agit simplement d’une tentative d’allitération avec le mot « token », mais ce n’est pas facile, c’est le seul truc qui me soit venu à l’esprit. Hu hu. Cela vient de cette intéressante vidéo ci-dessous qui explique (et les sources sont tout à fait concordantes et réelles) que l’idée de rémunérer les gens en « token » … Continuer la lecture T’as qu’à te carrer tes tokens au cul

CQFD (encore de l’IA oui)

Vous connaissez bien le mème basé sur Padmé et Anakin (de Star Wars hein, ne me faites pas l’offense de ne pas savoir de qui je parle !) ? Bon, au cas où, petit rappel. Il y a bien longtemps, dans une galaxie très lointaine… Hu hu hu. C’était (encore) pendant le COVID, en 2021, qu’il y a eu ce … Continuer la lecture CQFD (encore de l’IA oui)

Impacts actuels de l’IA Gen sur le monde éducatifs

L’article est vraiment édifiant [Via Morgan], mais je sais que ce n’est qu’un papier de plus sur le sujet… Là tout de même, c’est fascinant de voir que l’adoption est déjà très bien enclenchée, et autant du côté des étudiants que des profs que des structures pédagogiques, avec un mélange de probité, droiture mais aussi donc tricherie éhontée et escroquerie pédagogique en retour. Le truc paraît inextricable…

La fin des IAricots !

Arthur Perret propose un très bon papier qui évoque lui-même des liens récents faisant le point sur l’IA qui réduit concrètement des quantités de jobs, mais qui diminue aussi l’expertise des postes en question. C’est d’ailleurs assez incohérent avec le fait de devoir vérifier ce qui est créé par les IA génératives. Et au-delà aussi, les experts ont d’abord été des non-experts qui ont appris en faisant, mais comme on ne fait plus, alors comment devient-on expert et vérificateur ?

Il cite deux articles que j’ai trouvés absolument passionnants, avec Frédéric Lordon du Monde Diplo qui revient sur des considérations très sociologiques mais plutôt parlantes sur l’explication marxiste de ce que l’IA est en train de faire à notre tissu économique. Et on peut aussi découvrir un article tout à fait indispensable de Régis Portalez qui contribue à un blog collaboratif de polytechniciens. L’auteur explique comme il a lui-même changé de vie, et invite à devenir plombier ou usineur, les seuls types d’emploi ou on ne sera pas *encore* trop concurrencés par la robotisation, mais pas de souci l’ubérisation passera bien avant. ^^

Plusieurs personnes témoignent des récentes grandes améliorations dans la qualité des modèles permettant de faire du dév, et indéniablement, avec la motivation capitaliste à extirper de la valeur, même si ça détruit tout sur son passage (hommes et environnements), cela marche déjà très bien et de mieux en mieux. Tristan Nitot évoque même un petit effet de bord positif selon lui, mais avec tellement de caveats qu’il est difficilement défendable ou possiblement généralisable. En revanche, cela montre bien l’inexorable conquête de la technologie, et pour le moment très peu de relais de croissance (mais ce n’est pas pour cela qu’ils n’arriveront pas, Inch Allah).

Améliorer la servilité

Ploum vient de taper très fort pour moi avec cet article qui en quelques lignes décrit de manière diablement efficace et limpide, la manière dont le trio capitalisme, IA et éducation s’articule. Evidemment c’est un brin cynique, mais ça me paraît, au-delà de la vue de l’esprit, une mécanique plutôt implacable. Et je ne peux que souscrire à sa description des personnes qui s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook « anticapitaliste » ou un groupe Whatsapp « centrale d’achat solidaire du quartier ».

D’ailleurs je suis obligé de vous coller tout le post car c’est trop important pour moi :

Le capitalisme n’a pas créé le système éducatif par humanisme, mais parce qu’il avait besoin d’employés qualifiés pour produire de la croissance. L’automatisation ayant détruit la culture de l’artisan et de l’ouvrier, raison du combat des luddites, une large population se trouvait réduite à se mettre au service des machines.

Mais les progrès de l’automatisation rendaient ce besoin de servants peu qualifiés de moins en moins nécessaire tout en nécessitant des personnes comprenant les machines afin de les entretenir et de les améliorer. Un système éducatif s’est donc naturellement mis en place dans les sociétés capitalistes, créant une élite intellectuelle dévouée au capitalisme.

Mais cette suréducation a créé trop de citoyens critiques qui remettent en cause les principes mêmes de la croissance infinie, notamment à cause des limites écologiques.

Face à cette suréducation, les guerres, les menaces de tout ordre et le totalitarisme politique permettent de restreindre l’éducation ou, a minima, de détourner l’attention. L’éducation informatique est la principale cible, car l’informatique est devenue la colonne vertébrale de la société capitaliste. Ne pas comprendre les enjeux informatiques rend même les citoyens les plus engagés totalement impuissants.

La promesse de l’IA, c’est justement de diminuer le besoin d’éducation tout en gardant un degré de production équivalent. Tout employé peut redevenir une main-d’œuvre peu qualifiée et interchangeable. L’IA est un Fordisme intellectuel.

Car les monopoles, la surveillance permanente, la consommation, l’érosion des droits et l’IAfication du travail ne sont que des outils pour garder les citoyens sous contrôle et dans les rails du capitalisme de production.

Et si ces citoyens s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook « anticapitaliste » ou un groupe Whatsapp « centrale d’achat solidaire du quartier », c’est encore mieux ! C’est plus subtil ! De toute façon, ils bossent la journée pour Microsoft et se contentent d’une image du monde générée par Google ou Meta.

Leur vie professionnelle est asservie par Microsoft, leur vie privée par Meta/Facebook et leurs centres d’intérêt sont contrôlés par Google. Maintenant que les humains sont définitivement ferrés, il est temps de réduire progressivement leur degré d’éducation et de connaissance afin d’améliorer leur servilité.

Capitalisme, IA et éducation par Ploum

On dit oui ou on diverge ?

Toujours la même histoire, je continue de m’interroger quasi-quotidiennement sur cette satanée IA générative, et je lis des tas d’articles, et en ce moment : beaucoup de développeurs qui réfléchissent aux transformations de leur métier avec cette technologie. On n’est moins dans un tableau complètement noir ou manichéen, même si tout le monde s’accorde sur le fait que ça fait … Continuer la lecture On dit oui ou on diverge ?

L’agent Smith entre dans la danse

On entend de plus en plus de plaintes de contributions bancales à des solutions open-source, et ça donne des contributeurs à la fois submergés et découragés. Mais au début c’était surtout des gens qui utilisaient les LLM en croyant bien faire, et en voulant apporter leur pierre de cette manière au développement ou débogage d’un logiciel. J’imagine que petit à … Continuer la lecture L’agent Smith entre dans la danse

Œuvrer pour le Mal

On se pose tout le temps cette question lorsqu’on travaille pour un grand groupe, que ce soit pour Total et sa conscience écologique, Dassault et sa conscience pacifiste ou Microsoft et sa conscience informatique ( ^^ ). Et je crois que cela s’est posé de tout temps, mais clairement dans notre société, où le secteur tertiaire est dominant, la problématique actuelle de l’appartenance à des entreprises qui conçoivent les logiciels qui servent à asservir des peuples n’est pas une mince affaire.

Et aux USA, comme ailleurs, ces secteurs technologiques sont/étaient largement composés d’employés islamogauchistes du Wokistan, tout comme votre serviteur. Cela n’a pas changé en un claquement de doigts, malgré l’irruption visible (car elle grignote tout ça en réalité depuis des décennies) de bons droitards réacs à la tête de grands groupes « tech ». Ils ne sont pas tant des militants d’ailleurs que de simple vendus inféodés aux plus forts ou aux élus de ce mandat-ci.

The Verge évoque ci-dessous des employés américains de plusieurs entreprises qui sont connues pour aider ICE à fonctionner (comme Capgemini également, entreprise française), et donc à traquer et expulser des gens.

“I work at Google; it’s the forefront of AI,” the YouTube employee said. “I grew up with the internet being this information superhighway, this tool of empowerment, and this amazing equalizer. Things have been nuanced and not exactly all a utopia, but I continue to believe that technology is empowering. But I see what’s happening with the administration, and all the coziness between tech companies and the administration, and I wonder, ‘What future are we building towards now?’ People are scared about what AI is going to become. The association with Trump — does that mean AI is going to become a tool of state repression? What are we really working on? What is the future that tech is shaping right now?”

The Microsoft Azure employee said she feels like a lot of tech workers are wearing a mask, smiling and going along with the protocol, but that in person, they can be more honest with those that they trust in the office. She said she found a Post-it note — which was viewed by The Verge — hidden in a meeting room that read, “I feel completely useless here, how ’bout you?”

“I think that speaks to the culture of at least Microsoft, but I think it’s happening at all of the tech companies right now,” she said.

« Je travaille chez Google ; c’est l’avant-garde de l’IA, » a déclaré un employé de YouTube. J’ai grandi avec Internet comme cette autoroute de l’information, cet outil d’émancipation et cet incroyable outil accessible de manière équitable. Les choses se sont avérées plus nuancées et pas exactement utopiques, mais je continue de croire que la technologie a un pouvoir d’émancipation. Pourtant, je vois ce qui se passe avec l’administration, toute cette proximité entre les entreprises technologiques et le pouvoir, et je me demande : “Quel avenir sommes-nous en train de construire aujourd’hui ?”

Les gens ont peur de ce que l’IA est en train de devenir. L’association avec Trump — est-ce que cela signifie que l’IA va devenir un outil de répression institutionnelle ? Sur quoi travaillons-nous vraiment ? Quel est exactement le futur que la technologie est en train de façonner ?

Une employée de Microsoft Azure a dit qu’elle avait l’impression que beaucoup de travailleurs du secteur technologique portaient un masque, sourient et suivent le protocole, mais qu’en off, ils peuvent être plus honnêtes avec les collègues en qui ils ont confiance. Elle a raconté avoir trouvé un post-it — que The Verge a également vu — caché dans une salle de réunion, sur lequel était écrit : « Je me sens complètement inutile ici, et toi ?

« Je pense que cela reflète la culture, au moins chez Microsoft, mais je crois que c’est quelque chose qu’on retrouve en ce moment dans toutes les entreprises technologiques » a-t-elle ajouté.

Extrait d’un article de The Verge : ‘Shut up and focus on the mission’: Tech workers are frustrated by their companies’ silence about ICE

Et là réponse pour le moment est dans le titre de l’article : « shut up and focus on the mission ».

J’espère vraiment qu’on va se sortir de tout ça, mais je suis pessimiste pour une fois.

(Et je ne donne de leçon à personne, j’ai travaillé toute ma vie pour de tels suppôts de Satan ou des projets allant à l’encontre de mes valeurs.)

Analyse d’images et IA

Alain qui est un grand spécialiste de l’analyse d’images (qu’on a pu découvrir via les blogs d’antan ou l’émission Arrêt sur Images) explique l’état actuel de cette science (mêlant art, politique, société, design, critique, histoire, archives et références) avec les images générées par IA. Evidemment, c’est la fin des haricots.

Une manière originale d’aller en exams

Ploum donne des cours à l’École Polytechnique de Louvain, et il explique son protocole pour les examens à ses élèves (article en anglais). J’aime beaucoup sa démarche, et la grande liberté apparente dans un processus aussi inventif et flexible, mais aussi la réaction des élèves, et les résultats ou apprentissages qu’il en tire sur sa propre méthode pédagogique (apparemment en constante amélioration ou adaptation).