Attention aux Prétoriens !

Je me rappelais que pas grand chose n’allait dans ce film, mais ça reste un de mes trucs de série B doudous des années 90. J’avais bien aimé parce que j’étais déjà un geek et que ça parlait d’ordinateurs, et ça évoquait presque avec trop d’avance (il est sorti en 1995) les Internets, jusqu’à son titre original « The Net » qui … Continuer la lecture Attention aux Prétoriens !

L’internet post-étasunien

Framablog traduit en français les conférences de Cory Doctorow, et notamment celle-ci à propos des USA et de leur rapport au web [via Seb Sauvage], dont je suis attentivement les textes sur son site ou Mastodon (il était plutôt pour moi il y a quelques années un « simple » auteur de SF). La transcription de cette conférence est passionnante et je crois qu’il est d’un certain devoir de citoyen du monde de la lire. Oui juste ça. ^^

De la victoire de Linux en catimini

Linux a gagné la partie [via Seb Sauvage] !! Et c’est une telle vérité à la fois factuelle et philosophique ! Ce qui est fou c’est que c’est tellement contre-intuitif par rapport au monde capitaliste dans lequel nous vivons, où l’on mesure le succès à l’aune du profit dégagé. Bah là, c’est subtil mais c’est un vrai truc hybride. C’est assez beau. Un peu comme Wikipédia, malgré ses déboires.

Linux didn’t win the way anyone expected. There was no dramatic moment where Ubuntu overtook Windows on the desktop. No press conference. No champagne. Linux won the way open source always wins — gradually, relentlessly, by being better at the things that matter most to the people building the future.

It won because it was free, and startups with no budget could build their entire infrastructure on it. It won because it was customizable, and engineers could tune it for everything from a tiny IoT sensor to the world’s fastest supercomputer. It won because it was open, and thousands of companies and millions of developers could contribute to and benefit from the same shared foundation. It won because it was reliable, and system administrators could trust it to run for years without a reboot. It won because it was secure, and organizations handling sensitive data needed something they could audit and verify.

It won not despite being open source, but because of it.

Linux Won, and Nobody Noticed par Jun

Linux n’a pas gagné de la manière dont on pouvait s’attendre. Il n’y a pas eu de moment spectaculaire où Ubuntu aurait dépassé Windows pour les ordinateurs de bureau. Pas de conférence de presse. Pas de champagne. Linux a gagné comme l’open source gagne toujours — progressivement, inexorablement, en étant meilleur sur les aspects qui comptent le plus pour ceux qui construisent le futur.

Il a gagné parce qu’il était gratuit, et que des startups sans budget pouvaient bâtir toute leur infrastructure dessus. Il a gagné parce qu’il était personnalisable, et que les ingénieurs pouvaient l’adapter aussi bien à un minuscule capteur IoT qu’au supercalculateur le plus rapide du monde. Il a gagné parce qu’il était ouvert, et que des milliers d’entreprises et des millions de développeurs pouvaient contribuer à une base commune et en tirer parti. Il a gagné parce qu’il était fiable, et que les administrateurs systèmes pouvaient lui faire confiance pour fonctionner pendant des années sans redémarrage. Il a gagné parce qu’il était sécurisé, et que les organisations manipulant des données sensibles avaient besoin d’un système qu’elles pouvaient auditer et vérifier.

Il n’a pas gagné malgré son caractère open source, mais grâce à lui.

Je lis aussi cette nouvelle linuxienne avec Ubuntu qui lève un tabou pour s’ouvrir à un peu plus de monde ou du moins à des usages devenus universellement répandus. Et c’est vrai que ça m’a surpris aussi la première fois que j’ai ouvert une console (le fait que l’on tape son mot de passe sans curseur, dans le noir absolu), mais on s’y fait super bien, et donc je ne comprends pas trop ce mouvement. Après, il faut aussi accepter les changements, et on pourra toujours revenir en arrière sans tabou aucun. ^^

Vingt ans de diffs dans les yeux plutôt que vingt ans de code dans les doigts

Pour une fois un article en français sur le sujet du développement informatique et de l’IA générative [via Morgan], et c’est assez bien écrit et universel pour que ça puisse, je pense, toucher au-delà de cercles initiés. J’ai trouvé drôle que le commentaire de celui qui a partagé soit finalement un peu différemment de ma propre lecture. C’est à dire que, oui, l’auteur craint autant les IA pour les futurs dévs, qu’il a l’air de les utiliser et maîtriser carrément pas mal lui-même. Mais sa conclusion c’est plutôt sur la possibilité d’une évolution des métiers vers l’analyse de « diffs » (il s’agit de la mise en avant de ce qui a été changé dans le code, par petits morceaux fonctionnels, souvent dans une autre couleur pour que ça ressorte bien, et qu’on comprenne facilement la différence entre avant/après). Et il met bien en avant l’immense difficulté avec le code généré de faire la différence entre le bon grain et l’ivraie, justement parce que c’est tout aussi crédible et bien commenté ou documenté.

Et c’est marrant mais j’ai exactement les mêmes difficultés en ce moment quand je relis des textes qui ont été générés avec de l’IA Gén dans le boulot. Cela me demande 5 à 10 fois plus d’attention et de relecture pour traquer les erreurs ou incohérences. Le bilan global est positif (en productivité), mais cette tâche qui pouvait être juste une légère relecture devient cruciale. Et clairement, comme pour la lecture de « diffs », on n’apprend pas de la même manière en pratiquant ainsi.

L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique

Cet article (en angliche) [via SebSauvage] est absolument passionnant parce qu’il explique bien le lent et irrémédiable passage des utilisateurs geek et passionnés qui maîtrisaient leurs outils, à des consommateurs beaucoup plus passifs et effleurant la surface des choses, forcément plus assujettis aux institutions. Alors ça n’a rien de fou si l’on considère les courbes d’adoption des technologies, mais c’est … Continuer la lecture L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique

L’agent Smith entre dans la danse

On entend de plus en plus de plaintes de contributions bancales à des solutions open-source, et ça donne des contributeurs à la fois submergés et découragés. Mais au début c’était surtout des gens qui utilisaient les LLM en croyant bien faire, et en voulant apporter leur pierre de cette manière au développement ou débogage d’un logiciel. J’imagine que petit à … Continuer la lecture L’agent Smith entre dans la danse

Œuvrer pour le Mal

On se pose tout le temps cette question lorsqu’on travaille pour un grand groupe, que ce soit pour Total et sa conscience écologique, Dassault et sa conscience pacifiste ou Microsoft et sa conscience informatique ( ^^ ). Et je crois que cela s’est posé de tout temps, mais clairement dans notre société, où le secteur tertiaire est dominant, la problématique actuelle de l’appartenance à des entreprises qui conçoivent les logiciels qui servent à asservir des peuples n’est pas une mince affaire.

Et aux USA, comme ailleurs, ces secteurs technologiques sont/étaient largement composés d’employés islamogauchistes du Wokistan, tout comme votre serviteur. Cela n’a pas changé en un claquement de doigts, malgré l’irruption visible (car elle grignote tout ça en réalité depuis des décennies) de bons droitards réacs à la tête de grands groupes « tech ». Ils ne sont pas tant des militants d’ailleurs que de simple vendus inféodés aux plus forts ou aux élus de ce mandat-ci.

The Verge évoque ci-dessous des employés américains de plusieurs entreprises qui sont connues pour aider ICE à fonctionner (comme Capgemini également, entreprise française), et donc à traquer et expulser des gens.

“I work at Google; it’s the forefront of AI,” the YouTube employee said. “I grew up with the internet being this information superhighway, this tool of empowerment, and this amazing equalizer. Things have been nuanced and not exactly all a utopia, but I continue to believe that technology is empowering. But I see what’s happening with the administration, and all the coziness between tech companies and the administration, and I wonder, ‘What future are we building towards now?’ People are scared about what AI is going to become. The association with Trump — does that mean AI is going to become a tool of state repression? What are we really working on? What is the future that tech is shaping right now?”

The Microsoft Azure employee said she feels like a lot of tech workers are wearing a mask, smiling and going along with the protocol, but that in person, they can be more honest with those that they trust in the office. She said she found a Post-it note — which was viewed by The Verge — hidden in a meeting room that read, “I feel completely useless here, how ’bout you?”

“I think that speaks to the culture of at least Microsoft, but I think it’s happening at all of the tech companies right now,” she said.

« Je travaille chez Google ; c’est l’avant-garde de l’IA, » a déclaré un employé de YouTube. J’ai grandi avec Internet comme cette autoroute de l’information, cet outil d’émancipation et cet incroyable outil accessible de manière équitable. Les choses se sont avérées plus nuancées et pas exactement utopiques, mais je continue de croire que la technologie a un pouvoir d’émancipation. Pourtant, je vois ce qui se passe avec l’administration, toute cette proximité entre les entreprises technologiques et le pouvoir, et je me demande : “Quel avenir sommes-nous en train de construire aujourd’hui ?”

Les gens ont peur de ce que l’IA est en train de devenir. L’association avec Trump — est-ce que cela signifie que l’IA va devenir un outil de répression institutionnelle ? Sur quoi travaillons-nous vraiment ? Quel est exactement le futur que la technologie est en train de façonner ?

Une employée de Microsoft Azure a dit qu’elle avait l’impression que beaucoup de travailleurs du secteur technologique portaient un masque, sourient et suivent le protocole, mais qu’en off, ils peuvent être plus honnêtes avec les collègues en qui ils ont confiance. Elle a raconté avoir trouvé un post-it — que The Verge a également vu — caché dans une salle de réunion, sur lequel était écrit : « Je me sens complètement inutile ici, et toi ?

« Je pense que cela reflète la culture, au moins chez Microsoft, mais je crois que c’est quelque chose qu’on retrouve en ce moment dans toutes les entreprises technologiques » a-t-elle ajouté.

Extrait d’un article de The Verge : ‘Shut up and focus on the mission’: Tech workers are frustrated by their companies’ silence about ICE

Et là réponse pour le moment est dans le titre de l’article : « shut up and focus on the mission ».

J’espère vraiment qu’on va se sortir de tout ça, mais je suis pessimiste pour une fois.

(Et je ne donne de leçon à personne, j’ai travaillé toute ma vie pour de tels suppôts de Satan ou des projets allant à l’encontre de mes valeurs.)

Des couches pleines de caca

[Via Seb Sauvage] Bon là c’est un article pour les geeks (en angliche), mais ça vaut le coup ! Forcément quand tu interviewes un gars à un événement d’une distribution Linux pour équiper les serveurs, c’est croquignolet. Cela m’a fait penser à ma prof d’assembleur en IUT qui disait que le salut ne passait que par le langage de programmation le plus bas niveau possible, si tu comprenais tout cela, c’était le langage de Dieu lui-même. Le reste ce n’était que du pipi de chat pour des gens de plus en plus stupides à mesure qu’on remontait aux couches supérieures.

Là c’est un peu pareil, mais en considérant des grosses couches qu’on nous a en effet vendues comme des « révolutions dans les usages ». Et on ne peut pas non plus complètement être pour ou contre, car je n’ai (oui moi) jamais été capable de pondre une ligne de code potable (mein gott, ce que j’étais mauvais1 ^^ ). Mais l’article détaille assez bien à quel point c’est loin d’être faux, et qu’en effet tout l’infrastructure moderne et « fancy » repose sur des briques souvent open-source considérées comme des commodités un peu méprisées. C’est d’ailleurs tout un problème actuel avec la raréfaction de certaines compétences, talents et implications dans l’open-source.

Ce célèbre strip de XKCD est d’ailleurs terriblement d’actualité pour illustrer cela.

Je colle l’article là, car je veux me le garder au chaud au cas où. Les liens de l’articles valent aussi leurs clics, donc n’hésitez pas à butiner tout ça.

  1. Je rappelle qu’en 1995 je faisais des boucles d’oreille et des bagues en étain en cours d’électronique au lieu de souder des composants. ↩︎

Information wants to be free

Je découvre ce magnifique site web [Via Thierry Crouzet] qui documente de manière géniale les technologies qui ont fait et continuent de faire le web que nous connaissons, utilisons et aimons. Et l’article qui était lié par Thierry est absolument passionnant, et il est quelque part encore porteur d’un brin d’espoir. On the one hand information wants to be expensive, … Continuer la lecture Information wants to be free

Du talent dans l’usage des images de synthèse

Les images de synthèse qu’on appelle aussi couramment CGI (Computer Generated Imagery) en angliche sont devenues la pierre angulaire des effets spéciaux au cinéma. Et c’est fou car cela a sans doute autant enrichi et amélioré les trucages visuels que ça a appauvri les typologies de ressources et aussi, par rebond, la palette des spécialistes des effets spéciaux, qui avaient … Continuer la lecture Du talent dans l’usage des images de synthèse

Réglage

Mon assuétude pour l’informatique a commencé très tôt, vraiment très tôt. J’étais à fond dans les films comme Wargames (1983), et j’apprenais le BASIC par plaisir avec mon ZX81 en 1985. Mais étrangement, je n’ai pas exactement fait des études d’informatique, puis absolument pas par la suite, mais pas du tout. Néanmoins, j’ai toujours fini par revenir aux sources, et … Continuer la lecture Réglage

Skynet comme si vous y étiez !

Je découvre [via Gonzague] cette édifiante vidéo qui explique assez simplement la progression fulgurante de l’IA, mais surtout qui dessine une intéressante projection vers la fameuse AGI : l’Intelligence Artificielle Générale. Et ce n’est pas flippant du tout, c’est pour 2027, et l’hypothèse la plus crédible c’est qu’on est tous tués par des IA avant 2030. Hop là ! Emballé … Continuer la lecture Skynet comme si vous y étiez !

Reflet de l’âme et profil de consommation

Alors évidemment cela part d’un service de photos en ligne payant qui se focalise sur le respect de la vie privée, mais ce site propose d’utiliser un service Google qui permet de sortir à la volée des données de ciblage publicitaire à partir de photographies lambda. Voilà par exemple ce que ça donne pour moi : Imaginez ce que ça … Continuer la lecture Reflet de l’âme et profil de consommation

La fin des haricots

C’est fou mais je parle beaucoup d’IA tout de même dans ces colonnes. Cela m’épate car depuis ces vingt années de déblogage régulier, malgré mon assuétude évidente pour l’informatique depuis mes vertes années, et son lien plus que ténu avec mon occupation laborieuse, j’ai vraiment orienté mon web-log sur des petites choses du quotidien, sur un miroir de l’égo, des … Continuer la lecture La fin des haricots

Ada Lovelace

Si vous ne connaissez pas grand chose sur une de mes héroïnes personnelles, je vous conseille ce court et chouette épisode de podcast à propos d’Ada Lovelace. Elle n’est rien de moins que l’inventrice du tout premier programme informatique ou plus exactement « algorithme » de l’histoire. (Et en plus c’est la fille du poète Byron, rien que ça. ) Je plussoie