C’est vraiment très compliqué cette loi fin de vie entre vision validiste qu’on a tous plus ou moins par défaut (pour les valides en tout cas), et réalité des existences des personnes concernées, et ajoutons à cela les plans d’un état plus ou moins machiavélique (sachant que si celui-ci ne l’était pas, ça ne dirait rien du suivant). Donc ce qui est une avancée pour certains est boîte de Pandore pour d’autres, et les visions classiquement droite/gauche sont d’autant plus brouillées par cette intersection du handicap. J’ai bien aimé l’article de Lucide qui raconte plutôt une expérience personnelle, mais qui construit sa réflexion à partir de l’anecdote et à l’aune de ces nouvelles politiques.
Étiquette : blogueuse (23 articles)
La potentialité plus confortable que l’expérience
On pourrait croire que j’ai un creuche tant je la cite, mais force est de constater que j’adore son blog !! Et Stenia signe là encore un texte dont je me sens fort fort proche. Pourquoi s’arrête-t-on au miroir aux alouettes, et on s’en satisfait en apparence, tout en nourrissant une fringale sisyphienne ? Toujours plus de FOMO1, toujours moins de concrétisation… Peut-être une forme de protection pour des gens devenus très fragiles ou juste le règne de l’apparence ?
[…] La vraie question, ce n’est pas pourquoi on scrolle. C’est pourquoi ça nous fait un bien fou d’acheter des chaussures de running qu’on ne mettra jamais.
J’ai un carnet Moleskine vierge depuis trois ans. Vierge. Zéro page. Je l’ai acheté un jour de crise existentielle légère, dans une papeterie, en me disant « cette fois je vais écrire ». Il est toujours dans mon sac. Il pèse. Il me suit partout comme une dette. Et le truc dingue, c’est que même vide, même jamais ouvert, ce carnet me rassure. Il est la preuve matérielle que quelque part, dans une timeline parallèle, il existe une version de moi qui tient un journal tous les soirs à la bougie. Cette version-là n’existe nulle part sauf dans mon sac, sous forme d’un objet à 14 euros.
On ne vit pas nos vies. On les collectionne en pièces détachées. […]
C’est ça le vrai crime de notre époque, à mon avis. Pas qu’on scrolle trop. C’est qu’on a rendu la potentialité plus confortable que l’expérience. Posséder les accessoires d’une vie procure une satisfaction chimique quasi identique à celle de vivre cette vie, sauf que ça ne prend aucun risque, aucun échec, aucun dimanche pluvieux où le running, en vrai, c’est chiant et tes genoux font mal.
Je suis pas en train de te faire la morale, hein. J’ai autant de tabs ouverts que toi. Genre littéralement, en ce moment, j’ai 43 onglets ouverts sur mon ordinateur, et je sais que dans le tas il y a un article sur « comment apprendre le morse » que j’ai ouvert en septembre. On est en juillet. Le morse attend toujours. Il attendra encore longtemps, je pense, vu la tendresse toute particulière que j’ai pour ne jamais fermer un onglet par peur de perdre « l’accès » à une version de moi qui saurait envoyer un SOS en morse le jour où la civilisation s’effondre.
On ne lit plus. On performe le fait d’être quelqu’un qui lit. On empile les livres, on les photographie sur l’étagère avec la lumière parfaite, on capture l’image d’une bibliothèque qui raconte « voici quelqu’un de cultivé, de posé, qui prend le temps », et on n’a pas ouvert la moitié des bouquins. […]
Alors ouais, on accumule les vies possibles comme d’autres accumulent des figurines. Une étagère entière de « moi que je pourrais être ». Celle qui court, celle qui lit, celle qui prépare l’apocalypse, celle qui écoute de la musique attentivement dans un vrai fauteuil avec un vrai casque et pas en fond sonore pendant qu’elle répond à des mails. Toutes ces versions existent sous forme d’objets achetés et jamais activés, comme une armée de doublures qui n’entreront jamais en scène.
Et le pire, c’est que je crois qu’on préfère ça, au fond. Parce qu’une vie qu’on vit vraiment, ça s’use, ça déçoit, ça se salit, ça finit par ne plus ressembler à la photo Pinterest. Alors qu’une vie qu’on garde au stade de potentiel, elle, reste intacte pour toujours. Increvable. Toujours aussi belle dans sa boîte fermée.
Sorry I’m late, I was being dramatic par Stenia
Cultiver son jardin
Je m’identifie beaucoup à cet article de Stenia. C’est fou comme plus le temps passe, et moins le boulot m’intéresse. Après ce n’est pas non plus une grande souffrance, et j’aime y apprendre deux trois trucs, et être un brin stimulé intellectuellement, mais alors c’est vraiment le niveau zéro de l’ambition et le niveau -50 du discours de « win » sur … Continuer la lecture Cultiver son jardin
Le bourgeois gaze
Encore un article brillant de W U N D E R K I N D qui met le doigt sur un phénomène qui m’a frappé à plusieurs reprises dans des films, et le plus prégnant je crois c’est ce qui m’avait le plus choqué dans l’Amour ouf. Cotillard peut jouer une cagole. L’inverse, lui, n’arrive presque jamais, et le presque … Continuer la lecture Le bourgeois gaze
Être Madonna
J’ai bien aimé ce texte de stenia qui tente d’expliquer ce qui fait la singularité d’une *Madonna*. Chaque génération ou micro-génération l’a connu dans une période ou une autre, ou plusieurs à la fois ou successivement, et ça a de quoi désarçonner. Ma génération (de pédés, et assimilés) l’appelle « Maman », alors c’est vous dire si on y tient à notre madone à nous.
L’effondrement intérieur
Cela me gêne à chaque fois de faire un lien vers un article aussi touchant, mais souvent c’est qu’ils sont bien écrits, et qu’ils m’interpellent à tant de niveaux. Et celui-ci est ciselé, quand je le lis, d’une manière si intense et délicate que je devais le partager.
Ça fait des mois que je bataille avec une forme d’effondrement intérieur pas très maîtrisable, sans savoir pourquoi. Pourquoi j’ai l’impression d’aller plus mal que quand j’avais de gros problèmes ? Pourquoi je me sens en paix avec moi et pas avec ce concept étrange qu’est la vie ?
Extraits de l’article Contrecoup de Sacrip’Anne
[…]
Je ne sais pas si c’est vraiment ça, la cause de ces moments où je me suis demandée à quoi ça servait, au juste, d’être vivante. Mais je crois, au moins en partie. On verra bien.
Le club du cringe
La Lune Mauve nous reparle du temps d’avant où ça fleurait bon les Internets libres et la bloguerie paissant tranquillement dans de vertes prairies, où nous croisions élégamment les mots avec alacrité. Mais au-delà de s’attarder sur comment c’était mieux avant, on se réjouit aussi du frémissement de la blogosphère qui voit ses irréductibles toujours en résistance, et aussi des petits nouveaux et petites nouvelles qui émaillent nos mises à jour de blogrolls.
J’adore l’expression « club du cringe » pour parler des personnes qui bloguent, car elle dit un truc très vrai : bloguer est embarrassant. C’est en général aussi embarrassant à écrire qu’à lire. Mais c’est aussi très fun et ça permet de rencontrer des gens qui partagent les mêmes centres d’intérêt.
Où j’essaie de déconstruire ma « netstalgie »
Je vois tout à fait ce qu’elle veut dire !! Exactement quand les gens me répondent avec un demi-sourire en coin « Ah bon, tu blogues encore ?? (Spice de péquenaud de la technologie !! Mais à quoi ça peut bien servir ?) ». Et j’adore l’expression, vive le club du cringe !!!!
Downtown LA
Fanny Chiarello qui fait toujours des photos splendides nous gratifie de très bons articles sur son périple à Los Angeles, et là c’est un article dédié à « Downtown ». Elle résume bien la terrible tactique municipale qui a conduit à la constitution de ce quartier et son ambiance actuelle. Magnifiques photographies évidemment.
Ab agendo
Nan mais, le même jour, et c’est bien la beauté des blogs, tu peux lire Kozlika qui se pose sur un très bel article évoquant son acception de la « vieille » qu’elle dit être en train de devenir. Et en même temps, tu peux aussi lire Garf qui écrit un texte magnifique où il s’interroge sérieusement sur une thématique similaire, mais … Continuer la lecture Ab agendo
Naughty / Nice
Sacripanne a écrit un bel article qui donne du grain à moudre sur un sujet vieux comme le monde. L’infidélité et sa caractérisation selon qu’elle soit uniquement en pensée, en envie, en fantasme, ou dans une incarnation plus concrète… Et tous les petits niveaux intermédiaires qui nous gâchent la vie, ou la rendent fichtrement intéressante, ça dépend des points de vue. Hu hu hu.
Que ma joie demeure ?
Sacrip’Anne et moi j’ai l’impression qu’on est dans une résonnance qui parfois me file le vertige. Alors qu’on s’est vu une demi-fois dans nos vies mais qu’on se lit depuis toujours, je pourrais faire mien tant de ses articles… Et celui-ci fait mouche à un point assez dingue. […] Je crains, profondément, viscéralement, que les années à venir seront terribles, … Continuer la lecture Que ma joie demeure ?
Tempus fugit
Je ne peux que constater la même chose, et c’est triste mais bel et bien réel et inexorable bien sûr. Et dans un nombre désolant de cas, les nouvelles qui me parviennent un jour sont des nouvelles de type Tu ne savais pas ? Mais c’est fini depuis x mois pour lui. S’ensuivent quelques mots évoquant un accident, une maladie, … Continuer la lecture Tempus fugit
La scalabilité de l’alliance
J’ai beaucoup aimé ce post d’Aude C. qui explique par quelques anecdotes qu’il est toujours compliquer de se jauger à l’aune de sa propre mesure, étant donné que tout est très relatif dans ce domaine, et qu’on est souvent peu clairvoyant avec soi. Elle montre comme le féminisme ostensible et emphatique peut être perçu également par un tiers comme une … Continuer la lecture La scalabilité de l’alliance
Rangée des bagnoles
Un très bel article de Sacrip’Anne sur l’amour et ses prises de tête, mais pas que. C’est beau, c’est bien écrit, c’est exactement ce que j’ai dans la tête et qu’elle arrive à dire (j’admire ). Et il y a même les blagues acrimonieuses pour détendre l’atmosphère qu’on se fait dans notre tête (parce qu’on est nombreux dans nos têtes). … Continuer la lecture Rangée des bagnoles
Comment elle a retrouvé son Jules
Indesp explique en 4 articles comment elle a retrouvé un ancien camarade de classe qui est devenu son compagnon actuel, et moi ça me touche beaucoup parce que je suis une midinette. C’est par là : Comment j’ai retrouvé Jules Partie 1, Partie 2, Partie 3 et Partie 4. Je plussoie3
