Entre 2015 et 2021, j’ai vécu avec mon mari dans le deuxième arrondissement de Paris, rue Saint-Joseph. On adorait l’appartement et le quartier, même si je suis très très attaché au onzième arrondissement (en solo, puis à deux). J’ai posté beaucoup trop de fois le genre de photo en haut du post avec la plaque de rue parce que j’aimais … Continuer la lecture Rue Saint-Joseph
Étiquette : blogosphère (155 articles)
Le livre des visages
Je repensais récemment au fait que je n’allais plus du tout sur Facebook depuis plus d’une année, mais que ça avait été tout de même un gros truc quand c’est sorti en 2006 (on a pu brièvement s’inscrire depuis l’étranger, puis ça a été bloqué avant l’ouverture officielle), puis 2007 en France (j’avais récupéré mon compte du coup). Aujourd’hui, j’y … Continuer la lecture Le livre des visages
Idiocracy en approche
Je pourrais vraiment, je crois, partager tous les posts de Ploum tant ils sont clairvoyants, et souvent parfaitement alignés avec mes propres credo. Et là il fait encore évidemment mouche avec un article assez déprimant mais parfaitement lucide sur la manière dont le film Idiocracy est en train de se matérialiser autour de nous.
La boucle est bouclée
Cela m’a fait sourire car j’ai d’abord lu l’article [via Louis Derrac] sans savoir qui était l’auteur, et petit à petit, je me suis dit oh mais je dois forcément connaître ce type, et puis j’ai compris qu’il s’agissait de Grégory Pouy. Hu hu hu. Mais force est de constater que je suis d’accord avec son récit de l’histoire et ses conclusions actuelles. Mais si LUI, il en arrive là, alors que c’est que vraiment les réseaux sociaux, en effet c’est bel et bien fini. Alors ça ne veut pas dire que tout le monde va abandonner en masse bien sûr, mais ce qu’on appelle « réseau social » a complètement perdu son sens et sa « zone d’usage ».
C’est toujours Thierry Crouzet qui en parle le mieux en décrivant sa défection de ces réseaux d’ailleurs.
J’avais perdu cette habitude, et ma faiblesse me rappelle combien la tentation est puissante, bien que je m’en préserve pour l’essentiel, ayant disparu des réseaux sociaux privatifs (propriétés d’entreprises) et emprisonnants (on ne peut les quitter en emportant ses contacts) — les fameux silos sociaux, qui ont vidé la notion de « réseau social » de sa substance pour ne servir que des objectifs financiers, voire politiques.
Extrait de Le livre étouffe dans les silos sociaux de Thierry Crouzet
Et c’est d’ailleurs drolatique de le voir asticoter une maison d’édition pour son usage des dits réseaux.
J’aime bien quand la sérendipité des Internets me fait se rencontrer comme cela deux avis convergents de deux sources très divergentes dans l’essence même des types de contribution et modes opératoires de leurs auteurs.
L’effondrement intérieur
Cela me gêne à chaque fois de faire un lien vers un article aussi touchant, mais souvent c’est qu’ils sont bien écrits, et qu’ils m’interpellent à tant de niveaux. Et celui-ci est ciselé, quand je le lis, d’une manière si intense et délicate que je devais le partager.
Ça fait des mois que je bataille avec une forme d’effondrement intérieur pas très maîtrisable, sans savoir pourquoi. Pourquoi j’ai l’impression d’aller plus mal que quand j’avais de gros problèmes ? Pourquoi je me sens en paix avec moi et pas avec ce concept étrange qu’est la vie ?
Extraits de l’article Contrecoup de Sacrip’Anne
[…]
Je ne sais pas si c’est vraiment ça, la cause de ces moments où je me suis demandée à quoi ça servait, au juste, d’être vivante. Mais je crois, au moins en partie. On verra bien.
Une phrase, une ligne
Marrant ce conseil de Cesar [via Morgan] pour améliorer son niveau d’écriture : il faudrait écrire chaque phrase sur une ligne. Ensuite, il faut essayer de varier la longueur des phrases (dont la taille est ainsi mise en exergue) pour donner du rythme. Et surtout, il faut bien se concentrer sur les débuts et fins de phrase pour essayer de commencer par un « boom » (un effet marquant) et finir par un « punch » (un impact fort). Au-delà du conseil qui ressemble à la rédaction d’un slogan publicitaire, je pense que ça doit tout de même aider à s’améliorer.
Le syndrome du blogueur tari
Manu a un coup de mou et il devise sur un des sujets classiques et récurrents pour le blogueur : on parle de quoi, comment, pourquoi, pour qui. Et c’est aussi pour lui associé à la disparition des blogopotes qu’on avait l’habitude et le plaisir de lire, et avec qui échanger ou rebondir sur des articles, et se donner aussi l’idée d’écrire à son tour. Il y a également toujours cette interrogation sur la vie privée et la manière d’étancher ses désirs d’écriture de soi tout en prenant soin de soi. Cela m’a rappelé cet article où je devisais moi-même surtout sur ce comble de vouloir être lu mais ensuite être limité par cette « reconnaissance ».
Il ne faut en réalité pas se poser la question, et juste écrire, écrire.
WordPress, l’IA générative et Lacan
Voilà un passionnant article de Benjamin Thiry qui rebondit sur Romain Leclaire qui lui-même explique la manière dont WordPress se met à l’IA pour emmerdifier un peu plus le net. Ce qui m’a intéressé c’est le lien avec la psychanalyse en prenant le concept du schéma L de Jacques Lacan (dont j’ignorais absolument l’existence, mais qui est, je trouve, vraiment bien vulgarisé
).
Vingt ans de diffs dans les yeux plutôt que vingt ans de code dans les doigts
Pour une fois un article en français sur le sujet du développement informatique et de l’IA générative [via Morgan], et c’est assez bien écrit et universel pour que ça puisse, je pense, toucher au-delà de cercles initiés. J’ai trouvé drôle que le commentaire de celui qui a partagé soit finalement un peu différemment de ma propre lecture. C’est à dire que, oui, l’auteur craint autant les IA pour les futurs dévs, qu’il a l’air de les utiliser et maîtriser carrément pas mal lui-même. Mais sa conclusion c’est plutôt sur la possibilité d’une évolution des métiers vers l’analyse de « diffs » (il s’agit de la mise en avant de ce qui a été changé dans le code, par petits morceaux fonctionnels, souvent dans une autre couleur pour que ça ressorte bien, et qu’on comprenne facilement la différence entre avant/après). Et il met bien en avant l’immense difficulté avec le code généré de faire la différence entre le bon grain et l’ivraie, justement parce que c’est tout aussi crédible et bien commenté ou documenté.
Et c’est marrant mais j’ai exactement les mêmes difficultés en ce moment quand je relis des textes qui ont été générés avec de l’IA Gén dans le boulot. Cela me demande 5 à 10 fois plus d’attention et de relecture pour traquer les erreurs ou incohérences. Le bilan global est positif (en productivité), mais cette tâche qui pouvait être juste une légère relecture devient cruciale. Et clairement, comme pour la lecture de « diffs », on n’apprend pas de la même manière en pratiquant ainsi.
Un vaccin pour l’hiver ?
Oh là là, cette description d’une trouvaille d’un vaccin « universel » (en tout cas des premières expérimentations qui ont donné quelques résultats) [Via Thierry Crouzet] qui permettrait de passer par exemple l’hiver sans les virus saisonniers, mais aussi les infections nosocomiales ou l’asthme… Super intéressant et prometteur !
Se passer de son téléphone
Ploum explique comment il a combattu sa dépendance au smartphone, et ça commence déjà par sortir de chez soi sans « lui ». Rololo, comment je ne m’imagine en effet absolument jamais sans mon tél, c’est grave. Pffff.
L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique
Cet article (en angliche) [via SebSauvage] est absolument passionnant parce qu’il explique bien le lent et irrémédiable passage des utilisateurs geek et passionnés qui maîtrisaient leurs outils, à des consommateurs beaucoup plus passifs et effleurant la surface des choses, forcément plus assujettis aux institutions. Alors ça n’a rien de fou si l’on considère les courbes d’adoption des technologies, mais c’est … Continuer la lecture L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique
Améliorer la servilité
Ploum vient de taper très fort pour moi avec cet article qui en quelques lignes décrit de manière diablement efficace et limpide, la manière dont le trio capitalisme, IA et éducation s’articule. Evidemment c’est un brin cynique, mais ça me paraît, au-delà de la vue de l’esprit, une mécanique plutôt implacable. Et je ne peux que souscrire à sa description des personnes qui s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook « anticapitaliste » ou un groupe Whatsapp « centrale d’achat solidaire du quartier ».
D’ailleurs je suis obligé de vous coller tout le post car c’est trop important pour moi :
Le capitalisme n’a pas créé le système éducatif par humanisme, mais parce qu’il avait besoin d’employés qualifiés pour produire de la croissance. L’automatisation ayant détruit la culture de l’artisan et de l’ouvrier, raison du combat des luddites, une large population se trouvait réduite à se mettre au service des machines.
Capitalisme, IA et éducation par Ploum
Mais les progrès de l’automatisation rendaient ce besoin de servants peu qualifiés de moins en moins nécessaire tout en nécessitant des personnes comprenant les machines afin de les entretenir et de les améliorer. Un système éducatif s’est donc naturellement mis en place dans les sociétés capitalistes, créant une élite intellectuelle dévouée au capitalisme.
Mais cette suréducation a créé trop de citoyens critiques qui remettent en cause les principes mêmes de la croissance infinie, notamment à cause des limites écologiques.
Face à cette suréducation, les guerres, les menaces de tout ordre et le totalitarisme politique permettent de restreindre l’éducation ou, a minima, de détourner l’attention. L’éducation informatique est la principale cible, car l’informatique est devenue la colonne vertébrale de la société capitaliste. Ne pas comprendre les enjeux informatiques rend même les citoyens les plus engagés totalement impuissants.
La promesse de l’IA, c’est justement de diminuer le besoin d’éducation tout en gardant un degré de production équivalent. Tout employé peut redevenir une main-d’œuvre peu qualifiée et interchangeable. L’IA est un Fordisme intellectuel.
Car les monopoles, la surveillance permanente, la consommation, l’érosion des droits et l’IAfication du travail ne sont que des outils pour garder les citoyens sous contrôle et dans les rails du capitalisme de production.
Et si ces citoyens s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook « anticapitaliste » ou un groupe Whatsapp « centrale d’achat solidaire du quartier », c’est encore mieux ! C’est plus subtil ! De toute façon, ils bossent la journée pour Microsoft et se contentent d’une image du monde générée par Google ou Meta.
Leur vie professionnelle est asservie par Microsoft, leur vie privée par Meta/Facebook et leurs centres d’intérêt sont contrôlés par Google. Maintenant que les humains sont définitivement ferrés, il est temps de réduire progressivement leur degré d’éducation et de connaissance afin d’améliorer leur servilité.
Le club du cringe
La Lune Mauve nous reparle du temps d’avant où ça fleurait bon les Internets libres et la bloguerie paissant tranquillement dans de vertes prairies, où nous croisions élégamment les mots avec alacrité. Mais au-delà de s’attarder sur comment c’était mieux avant, on se réjouit aussi du frémissement de la blogosphère qui voit ses irréductibles toujours en résistance, et aussi des petits nouveaux et petites nouvelles qui émaillent nos mises à jour de blogrolls.
J’adore l’expression « club du cringe » pour parler des personnes qui bloguent, car elle dit un truc très vrai : bloguer est embarrassant. C’est en général aussi embarrassant à écrire qu’à lire. Mais c’est aussi très fun et ça permet de rencontrer des gens qui partagent les mêmes centres d’intérêt.
Où j’essaie de déconstruire ma « netstalgie »
Je vois tout à fait ce qu’elle veut dire !! Exactement quand les gens me répondent avec un demi-sourire en coin « Ah bon, tu blogues encore ?? (Spice de péquenaud de la technologie !! Mais à quoi ça peut bien servir ?) ». Et j’adore l’expression, vive le club du cringe !!!!
Downtown LA
Fanny Chiarello qui fait toujours des photos splendides nous gratifie de très bons articles sur son périple à Los Angeles, et là c’est un article dédié à « Downtown ». Elle résume bien la terrible tactique municipale qui a conduit à la constitution de ce quartier et son ambiance actuelle. Magnifiques photographies évidemment.
