Passionnante réflexion de David Larlet, via une citation de l’auteur Nicolas Langelier, concernant la lutte dans un monde en effondrement. On a tous je crois cette : « sensation que continuer à accélérer dans un monde qui se contracte revient à ajouter du bruit au bruit », et donc il s’agirait de « refuser l’excès [qui] est devenu, pour moi, une discipline plus exigeante que l’engagement spectaculaire ». Evidemment il est difficile de ne pas y voir une forme de renoncement, mais plus un renoncement à l’alimentation de la polarisation (ou de la miction dans une viole de gambe de toute façon). A voir quelles solutions alternatives on peut trouver, en commençant apparemment par « chercher la justesse plutôt que la profusion ». Cela semble bien sage dans un monde si fou.
Étiquette : blogosphère (163 articles)
D’Alerte à Malibu aux marches des fiertés
Ah c’est un sujet compliqué le coming-out, mais je suis tellement convaincu que c’est le truc le plus vertueux qui soit, et autant pour soi que pour la société entière. Sinon comme je le dis toujours nous sommes des hétéros par défaut, la vie privée n’existe pas dans ce domaine car le choix par défaut est celui de la majorité … Continuer la lecture D’Alerte à Malibu aux marches des fiertés
L’illusion de la surface des choses
David Madore a publié un bel article qui donne son point de vue sur les récentes avancées de résolutions de problèmes mathématiques grâce aux fameux LLM (les maousse modèles de langage, et pas Loïc le Meur ) et l’Intelligence Artificielle. Je souscris largement à ses remarques (même si comme d’habitude, je le suis sur 70% seulement de ses démonstrations, après … Continuer la lecture L’illusion de la surface des choses
De la fierté
Il n’écrit pas très souvent, mais il me fait toujours bien réfléchir Ruru Pepito. Et là ses interrogations sur nos fiertés mensuelles méritent, selon moi, une lecture attentive.
La fierté par l’action. Je crois que ça ça fait sens pour moi. Parce que ça détache la fierté d’un mystère auquel on n’aura jamais la réponse: pourquoi est-on qui on est?
Citation tirée de l’article « fierté » de Ruru Pepito
On s’en fout.
Parce que ça détache la fierté d’un regroupement de symboles de pratiques ou même de formes de résistances qui ne sont pas si communes que ça finalement. Parce que ça met l’enjeu ailleurs dans les mouvements de libération. Non plus dans le fait de s’outer et se dire fier d’aimer ou de baiser ou d’être quoique ce soit, mais dans le ras le fion généralisé dans nos communautés de vivre dans l’humiliation constante. Pas seulement parce qu’on nous traite de pédé mais parce qu’on vit dans un système profondément injuste. Pendant que certains se pavanent à l’assemblée nationale en costard cravate et en prônant l’amour universel, d’autres se retrouvent exclus de la société pour des questions de papier. C’est ça l’humiliation constante. Je peux pas m’empêcher d’y voir un sous produit nocif des mouvements de libération qui se sont accommodés avec la capitalisme.
Un livre n’est pas un jacuzzi.
J’aime un texte quand il me dérange, me questionne, me donne envie de l’arrêter pour écrire ou réfléchir, quand il ne respecte aucun trope… L’IA est incapable de tout ça. Jamais elle ne surprend, jamais elle ne dérange, jamais elle ne me devient désagréable (sinon parce qu’elle est trop agréable). Je ne comprends pas les lecteurs qui cherchent le bien-être … Continuer la lecture Un livre n’est pas un jacuzzi.
Hacks et l’IA
Hacks est une excellente série TV, à l’écriture comique bien ciselée, avec la non moins excellente Jean Smart. Orpheus nous met en exergue un récent épisode dédié à l’IA et c’est assez génial de voir en effet comme tous les sujets sont super bien abordés et illustrés. Les passages qu’il a mis en ligne permettent de parfaitement comprendre les enjeux de l’IA générative pour les auteurs, mais pas que.
De la mécanisation du développement informatique
Ce qui m’épate le plus dans cette IAmania, c’est vraiment la rapidité du truc. Comment on est passé d’un ChatGPT pas fute-fute qui a été lancé en novembre 2022, à des IA génératives de plus en plus perfectionnées et entraînées à émuler une certaine intelligence, associée à des capacités d’analyse et de restitution de textes assez bluffantes. Mais surtout, on … Continuer la lecture De la mécanisation du développement informatique
Gen-X
Thias écrit habituellement en français, mais là c’est en anglais, et c’est une super description de la génération X (les personnes nées entre 1965 et 1976), même si je me reconnais plutôt dans les Xennials. Il fait une intéressante comparaison entre ces générations et leurs « référentiels » selon un prisme européen ou nord-américain.
Rue Saint-Joseph
Entre 2015 et 2021, j’ai vécu avec mon mari dans le deuxième arrondissement de Paris, rue Saint-Joseph. On adorait l’appartement et le quartier, même si je suis très très attaché au onzième arrondissement (en solo, puis à deux). J’ai posté beaucoup trop de fois le genre de photo en haut du post avec la plaque de rue parce que j’aimais … Continuer la lecture Rue Saint-Joseph
Le livre des visages
Je repensais récemment au fait que je n’allais plus du tout sur Facebook depuis plus d’une année, mais que ça avait été tout de même un gros truc quand c’est sorti en 2006 (on a pu brièvement s’inscrire depuis l’étranger, puis ça a été bloqué avant l’ouverture officielle), puis 2007 en France (j’avais récupéré mon compte du coup). Aujourd’hui, j’y … Continuer la lecture Le livre des visages
Idiocracy en approche
Je pourrais vraiment, je crois, partager tous les posts de Ploum tant ils sont clairvoyants, et souvent parfaitement alignés avec mes propres credo. Et là il fait encore évidemment mouche avec un article assez déprimant mais parfaitement lucide sur la manière dont le film Idiocracy est en train de se matérialiser autour de nous.
La boucle est bouclée
Cela m’a fait sourire car j’ai d’abord lu l’article [via Louis Derrac] sans savoir qui était l’auteur, et petit à petit, je me suis dit oh mais je dois forcément connaître ce type, et puis j’ai compris qu’il s’agissait de Grégory Pouy. Hu hu hu. Mais force est de constater que je suis d’accord avec son récit de l’histoire et ses conclusions actuelles. Mais si LUI, il en arrive là, alors que c’est que vraiment les réseaux sociaux, en effet c’est bel et bien fini. Alors ça ne veut pas dire que tout le monde va abandonner en masse bien sûr, mais ce qu’on appelle « réseau social » a complètement perdu son sens et sa « zone d’usage ».
C’est toujours Thierry Crouzet qui en parle le mieux en décrivant sa défection de ces réseaux d’ailleurs.
J’avais perdu cette habitude, et ma faiblesse me rappelle combien la tentation est puissante, bien que je m’en préserve pour l’essentiel, ayant disparu des réseaux sociaux privatifs (propriétés d’entreprises) et emprisonnants (on ne peut les quitter en emportant ses contacts) — les fameux silos sociaux, qui ont vidé la notion de « réseau social » de sa substance pour ne servir que des objectifs financiers, voire politiques.
Extrait de Le livre étouffe dans les silos sociaux de Thierry Crouzet
Et c’est d’ailleurs drolatique de le voir asticoter une maison d’édition pour son usage des dits réseaux.
J’aime bien quand la sérendipité des Internets me fait se rencontrer comme cela deux avis convergents de deux sources très divergentes dans l’essence même des types de contribution et modes opératoires de leurs auteurs.
L’effondrement intérieur
Cela me gêne à chaque fois de faire un lien vers un article aussi touchant, mais souvent c’est qu’ils sont bien écrits, et qu’ils m’interpellent à tant de niveaux. Et celui-ci est ciselé, quand je le lis, d’une manière si intense et délicate que je devais le partager.
Ça fait des mois que je bataille avec une forme d’effondrement intérieur pas très maîtrisable, sans savoir pourquoi. Pourquoi j’ai l’impression d’aller plus mal que quand j’avais de gros problèmes ? Pourquoi je me sens en paix avec moi et pas avec ce concept étrange qu’est la vie ?
Extraits de l’article Contrecoup de Sacrip’Anne
[…]
Je ne sais pas si c’est vraiment ça, la cause de ces moments où je me suis demandée à quoi ça servait, au juste, d’être vivante. Mais je crois, au moins en partie. On verra bien.
Une phrase, une ligne
Marrant ce conseil de Cesar [via Morgan] pour améliorer son niveau d’écriture : il faudrait écrire chaque phrase sur une ligne. Ensuite, il faut essayer de varier la longueur des phrases (dont la taille est ainsi mise en exergue) pour donner du rythme. Et surtout, il faut bien se concentrer sur les débuts et fins de phrase pour essayer de commencer par un « boom » (un effet marquant) et finir par un « punch » (un impact fort). Au-delà du conseil qui ressemble à la rédaction d’un slogan publicitaire, je pense que ça doit tout de même aider à s’améliorer.
Le syndrome du blogueur tari
Manu a un coup de mou et il devise sur un des sujets classiques et récurrents pour le blogueur : on parle de quoi, comment, pourquoi, pour qui. Et c’est aussi pour lui associé à la disparition des blogopotes qu’on avait l’habitude et le plaisir de lire, et avec qui échanger ou rebondir sur des articles, et se donner aussi l’idée d’écrire à son tour. Il y a également toujours cette interrogation sur la vie privée et la manière d’étancher ses désirs d’écriture de soi tout en prenant soin de soi. Cela m’a rappelé cet article où je devisais moi-même surtout sur ce comble de vouloir être lu mais ensuite être limité par cette « reconnaissance ».
Il ne faut en réalité pas se poser la question, et juste écrire, écrire.
