Le livre des visages

Je repensais récemment au fait que je n’allais plus du tout sur Facebook depuis plus d’une année, mais que ça avait été tout de même un gros truc quand c’est sorti en 2006 (on a pu brièvement s’inscrire depuis l’étranger, puis ça a été bloqué avant l’ouverture officielle), puis 2007 en France (j’avais récupéré mon compte du coup). Aujourd’hui, j’y vais en gros une fois par mois pour regarder si j’ai un message et rapidement regarder « ce qui s’y passe ». Il ne s’y passe absolument rien de transcendant puisque c’est avant tout un bandeau de pub permanent.

Mais il y a des gens qui postent des choses (plutôt en mode « daron ») et ça m’ennuie vraiment de manquer cela, car ce sont des gens cool. Et ça me bouffe car ce sont des super *blogueurs* qui donnent ça à Facebook, des perles à des cochons quoi. Mais je comprends, la plateforme est simple à appréhender, gratuite en apparence et le réseau a été constitué il y a longtemps, il fonctionne pas si mal. Mais merde !

Après je vais toujours voir avec plaisir le groupe de la ville de Clohars-Carnoët qui est super actif et qui est une sorte de forum des boomers du coin, qui évoquent comme c’était mieux avant, mais aussi des trucs super pratiques comme d’aller récupérer de chien de Marie-Imogène qui s’est encore enfui. C’est une source d’information géniale sur la ville, et c’est une des raisons pour lesquelles je me connecte encore (en plus de les voir en train de s’invectiver par commentaires haineux à mourir de lol). Lors de la tempête Ciarán qui avait fait d’énormes dégâts chez nous (une semaine sans électricité), le groupe Facebook avait été l’outil d’une redoutable efficacité pour savoir où en étaient les réparations, et surtout pour aller porter secours à Madame Le Dantec et Pépé Tugdual de Ker Brignodec1 qui avaient des difficultés. C’était chouette cette entraide d’ailleurs, c’est juste dommage qu’un bon vieux forum de 1995 ne soit pas en place, plutôt que ce fucking Facebook.

Mais donc je me connecte juste avant d’écrire ce post pour me donner un peu de grain à moudre, et je vois que j’ai un message sur Messenger.

Le nom en plus était « Meta Verification » ou un truc comme ça. Et évidemment c’est un faux truc qui veut te faire télécharger un pdf, et c’est une cata si tu le fais… Je me disais mais purée heureusement que mes parents ne sont pas sur Facebook !!!! Mein gott. Ce genre de truc pullule tellement c’est que ça marche.

Mais attendez car ce n’est pas tout. Je fais défiler mon fil principal, et évidemment c’est moitié post de proches, et moitié groupes que je ne connais pas, publicités déguisées et vidéos à la con insupportables. Mais un truc attire mon attention, et c’était un article de Mediapart mais avec un truc qui cloche. En revanche, la forme est tellement identique à un post d’une personne, que j’ai sincèrement cru qu’une personne avait partagé un article de Mediapart. Alors j’ai cliqué… Pfff. On arrive sur une page mais très très crédible comme ci-dessous. J’ai fait la capture complète pour se rendre compte de la supercherie.

Et j’ai lu le truc car je ne comprenais vraiment pas ce que c’était que ce machin. Et puis j’ai vu et capté rapidement la pub pour un truc de finance véreuse comme ça fleurit sur les Internets depuis des années en mode *cryptobros*. Et j’ai voulu me jeter par la fenêtre quand j’ai vu l’adresse qui n’avait rien à voir avec Mediapart. Mais voilà moi-même je me suis fait niquer comme un bleu. Purée de tes os comme dirait mon père !!!

Et en revenant sur Facebook, j’ai vu la petite mention « Pub » et tout, mais donc je me suis fait niquer !!!! Je déteste ça2. Je me suis dit bon bah basta, je retourne sur les blogs (sachant que la moitié des anciens blogueurs ont vu leurs sites récupérés pour devenir des mêmes appeaux à saloperies publicitaires), Mastodon et Bluesky.

En cherchant les occurrences du mot « Facebook », j’ai parcouru un peu les archives pour voir ce que j’avais pu en dire. Et c’est plutôt cocasse, car évidemment je trouvais ça plutôt cool sur l’aspect « copains d’avant » (qui a vraiment raté le coche avec la base déjà installée que cela représentait) et surtout pour les anniversaires !! J’adorais mon petit widget Netvibes qui me rappelait ça tous les jours.

Mais la première fois que j’en ai parlé c’était en 2007, donc au tout début. Et c’est déjà sur la fin de l’anonymat sur Internet qui m’interpellait beaucoup. On a réalisé qu’on se connaissait tous plus ou moins, et que ce qu’on appelait pas encore notre « graphe social » en disait sur nous beaucoup plus que ce qu’on voulait même en dire publiquement. On disait déjà en rigolant qu’il suffisait de taper le nom de quelqu’un sur Facebook et s’il avait plus de n amis en commun avec Matoo Watoo, alors on pouvait déterminer avec certitude l’homosexualité d’un gars. Voilà j’ai été un GAYDAR sociologique sans le vouloir !!!

Je suis aussi retombé sur ce strip de 2008 qui me fait beaucoup sourire.

En effet, il jouait sur tous ces nouveaux mots qui étaient étrangers aux oreilles des personnes un peu plus âgées de l’époque. Mais ces mêmes mots le sont tout autant aujourd’hui au plus minots, tant ils ont vécu et ont été enterrés il y a bien longtemps.

Je me rappelle m’être esbaudi quand François Sagat, en 2008, alimentait son fil d’*amis* en bon influenceur avant l’heure. Un joyeux noël en ASCII, c’est pas follement vintage ça ??

Et en 2009, j’ai réalisé un peu choqué que Facebook utilisait un ciblage publicitaire qui ne faisait pas mystère de l’orientation sexuelle de ses membres.

C’est à la même période qu’on a vu des inscriptions en cascade de tout un chacun, et où j’ai vu débarqué les anciens du lycée, la famille et des tas de gens qu’on avait pas envie d’avoir comme amis, mais qui nous retrouvaient un peu trop efficacement (même quand on s’appelle Matoo Watoo).

Mais dès 2011, on parlait couramment de la fin de Facebook, comme là, chez le Capitaine, en le comparant à Yahoo. Mais ce qui est tellement drôle c’est que c’est en pleine émergence de Google+ (qui a été abandonné aussi vite qu’il est arrivé). Mais force est de constater que Facebook est toujours là, même si moribond. Et que ça reste, comme Yahoo avec quelques années de plus de déréliction, une plateforme avec du trafic et des gens qui y sont encore avec tant de candeur en contributeurs actifs…

  1. Les noms sont inventés évidemment. ^^ ↩︎
  2. Et c’est surtout parce que ce petit clic vient de me cibler comme un débile qu’il va falloir continuer à travailler sur ce genre de supports « efficaces ». ↩︎

2 réflexions au sujet de « Le livre des visages »

  1. Je l’avoue, j’aimais bien Google + car j’y communiquais avec des amis qui n’étaient pas du tout enclins à utiliser ce genre d’outils, mais comme ils avaient une adresse gmail et que le truc était facile d’utilisation, ils y était finalement venus.
    Fun fact, ça a pour eux déposé leurs coordonnées dans le « Mes contacts » de mon téléphone lors d’une synchronisation, et comme ils proviennent d’un outil défunt ils sont de prime abord ineffaçables (Il doit bien y avoir un moyen mais il faut rechercher et j’ai la flemme, en plus que ça me permet de penser à eux quand je revois leur nom).
    En fait tous ces réseaux qui ont mal tourné trouvaient leur succès dans leur grande facilité d’usage.
    C’est de l’ancien Twitter, quand on s’en servait en 2008 et peu après, pour vanner entre potes et échanger des informations que j’ai la nostalgie.
    Facebook ça a toujours pour moi été plutôt un endroit pour échanger avec qui y était (et ça le reste encore) et pour le boulot (quand j’étais libraire et encore un peu maintenant, via des groupes), mais ça n’était pas vraiment pour moi un lieu de publication.
    J’ai aussi eu les faux machins.

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