Siamo tutti antifascisti

Cette émission d’À l’air libre par Mathieu Magnaudeix est particulièrement importante à consulter. C’est encore une fois un travail ultra sérieux et documenté, et ce qui est en train de nous arriver est plus que jamais limpide et terriblement devant notre porte. « Toutes les vannes ont lâché » et le fascisme est déjà, rampant, grignotant et progressant dans l’ombre, bien installé dans les mentalités avant de gagner plus avant nos institutions.

Purée. Mais que faire ?

La fin des IAricots !

Arthur Perret propose un très bon papier qui évoque lui-même des liens récents faisant le point sur l’IA qui réduit concrètement des quantités de jobs, mais qui diminue aussi l’expertise des postes en question. C’est d’ailleurs assez incohérent avec le fait de devoir vérifier ce qui est créé par les IA génératives. Et au-delà aussi, les experts ont d’abord été des non-experts qui ont appris en faisant, mais comme on ne fait plus, alors comment devient-on expert et vérificateur ?

Il cite deux articles que j’ai trouvés absolument passionnants, avec Frédéric Lordon du Monde Diplo qui revient sur des considérations très sociologiques mais plutôt parlantes sur l’explication marxiste de ce que l’IA est en train de faire à notre tissu économique. Et on peut aussi découvrir un article tout à fait indispensable de Régis Portalez qui contribue à un blog collaboratif de polytechniciens. L’auteur explique comme il a lui-même changé de vie, et invite à devenir plombier ou usineur, les seuls types d’emploi ou on ne sera pas *encore* trop concurrencés par la robotisation, mais pas de souci l’ubérisation passera bien avant. ^^

Plusieurs personnes témoignent des récentes grandes améliorations dans la qualité des modèles permettant de faire du dév, et indéniablement, avec la motivation capitaliste à extirper de la valeur, même si ça détruit tout sur son passage (hommes et environnements), cela marche déjà très bien et de mieux en mieux. Tristan Nitot évoque même un petit effet de bord positif selon lui, mais avec tellement de caveats qu’il est difficilement défendable ou possiblement généralisable. En revanche, cela montre bien l’inexorable conquête de la technologie, et pour le moment très peu de relais de croissance (mais ce n’est pas pour cela qu’ils n’arriveront pas, Inch Allah).

La mafia gay de la « tech »

Ah là là, la Pègre Rose, on en parle depuis aussi longtemps que je suce des bites, c’est vous dire si ça date !! Et là, on revient dessus avec un article de WIRED assez poussé et documenté, mais qui s’arrête vraiment, selon moi, à la surface des choses. Et pourtant bien sûr qu’il existe une connivence entre pédés dans … Continuer la lecture La mafia gay de la « tech »

L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique

Cet article (en angliche) [via SebSauvage] est absolument passionnant parce qu’il explique bien le lent et irrémédiable passage des utilisateurs geek et passionnés qui maîtrisaient leurs outils, à des consommateurs beaucoup plus passifs et effleurant la surface des choses, forcément plus assujettis aux institutions. Alors ça n’a rien de fou si l’on considère les courbes d’adoption des technologies, mais c’est … Continuer la lecture L’opiniâtreté déclinante des pratiquants de l’Informatique

Améliorer la servilité

Ploum vient de taper très fort pour moi avec cet article qui en quelques lignes décrit de manière diablement efficace et limpide, la manière dont le trio capitalisme, IA et éducation s’articule. Evidemment c’est un brin cynique, mais ça me paraît, au-delà de la vue de l’esprit, une mécanique plutôt implacable. Et je ne peux que souscrire à sa description des personnes qui s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook « anticapitaliste » ou un groupe Whatsapp « centrale d’achat solidaire du quartier ».

D’ailleurs je suis obligé de vous coller tout le post car c’est trop important pour moi :

Le capitalisme n’a pas créé le système éducatif par humanisme, mais parce qu’il avait besoin d’employés qualifiés pour produire de la croissance. L’automatisation ayant détruit la culture de l’artisan et de l’ouvrier, raison du combat des luddites, une large population se trouvait réduite à se mettre au service des machines.

Mais les progrès de l’automatisation rendaient ce besoin de servants peu qualifiés de moins en moins nécessaire tout en nécessitant des personnes comprenant les machines afin de les entretenir et de les améliorer. Un système éducatif s’est donc naturellement mis en place dans les sociétés capitalistes, créant une élite intellectuelle dévouée au capitalisme.

Mais cette suréducation a créé trop de citoyens critiques qui remettent en cause les principes mêmes de la croissance infinie, notamment à cause des limites écologiques.

Face à cette suréducation, les guerres, les menaces de tout ordre et le totalitarisme politique permettent de restreindre l’éducation ou, a minima, de détourner l’attention. L’éducation informatique est la principale cible, car l’informatique est devenue la colonne vertébrale de la société capitaliste. Ne pas comprendre les enjeux informatiques rend même les citoyens les plus engagés totalement impuissants.

La promesse de l’IA, c’est justement de diminuer le besoin d’éducation tout en gardant un degré de production équivalent. Tout employé peut redevenir une main-d’œuvre peu qualifiée et interchangeable. L’IA est un Fordisme intellectuel.

Car les monopoles, la surveillance permanente, la consommation, l’érosion des droits et l’IAfication du travail ne sont que des outils pour garder les citoyens sous contrôle et dans les rails du capitalisme de production.

Et si ces citoyens s’imaginent échapper à ce contrôle grâce à leur groupe Facebook « anticapitaliste » ou un groupe Whatsapp « centrale d’achat solidaire du quartier », c’est encore mieux ! C’est plus subtil ! De toute façon, ils bossent la journée pour Microsoft et se contentent d’une image du monde générée par Google ou Meta.

Leur vie professionnelle est asservie par Microsoft, leur vie privée par Meta/Facebook et leurs centres d’intérêt sont contrôlés par Google. Maintenant que les humains sont définitivement ferrés, il est temps de réduire progressivement leur degré d’éducation et de connaissance afin d’améliorer leur servilité.

Capitalisme, IA et éducation par Ploum

On dit oui ou on diverge ?

Toujours la même histoire, je continue de m’interroger quasi-quotidiennement sur cette satanée IA générative, et je lis des tas d’articles, et en ce moment : beaucoup de développeurs qui réfléchissent aux transformations de leur métier avec cette technologie. On n’est moins dans un tableau complètement noir ou manichéen, même si tout le monde s’accorde sur le fait que ça fait … Continuer la lecture On dit oui ou on diverge ?

Et revoilà la sous-préfète

A la manière de son célèbre discours à l’ONU en 2003, Dominique de Villepin élève sa voix par rapport à la situation dans notre pays. Il est assez éloquent, même si c’est beaucoup trop long, et c’est assez rare pour le noter, il garde un certain panache (pour un mec de droite). Et il publie ça, un libelle qui se … Continuer la lecture Et revoilà la sous-préfète

De l’inexorable montée du fascisme en France

[Via les liens de Jeey] Voilà un article du (blog du) Monde Diplo, alors c’est forcément fabuleux, mais là c’est encore plus que cela, c’est un texte d’intérêt général et que tout le monde devrait lire, et s’arrêter et réfléchir comme il est conseillé sur le site. Frédéric Lordon part du décès du jeune militant d’extrême droite qui a été … Continuer la lecture De l’inexorable montée du fascisme en France

Les femmes trans sont des femmes !

Le parlement européen vient de voter une résolution qui affirme une pleine reconnaissance des femmes trans comme des… femmes. Je trouve que c’est une merveilleuse nouvelle même si elle tombe sous le sens pour beaucoup de gens. Et par rapport aux reculs majeurs aux USA sur le sujet, c’est une excellente chose dont je suis étonné de n’en avoir pas du tout entendu parler dans les médias que je consulte.

Evidemment, l’extrême droite a voté contre, y compris les Le Pen, Orbán et Meloni.

[via Seb Sauvage]

L’agent Smith entre dans la danse

On entend de plus en plus de plaintes de contributions bancales à des solutions open-source, et ça donne des contributeurs à la fois submergés et découragés. Mais au début c’était surtout des gens qui utilisaient les LLM en croyant bien faire, et en voulant apporter leur pierre de cette manière au développement ou débogage d’un logiciel. J’imagine que petit à … Continuer la lecture L’agent Smith entre dans la danse

Œuvrer pour le Mal

On se pose tout le temps cette question lorsqu’on travaille pour un grand groupe, que ce soit pour Total et sa conscience écologique, Dassault et sa conscience pacifiste ou Microsoft et sa conscience informatique ( ^^ ). Et je crois que cela s’est posé de tout temps, mais clairement dans notre société, où le secteur tertiaire est dominant, la problématique actuelle de l’appartenance à des entreprises qui conçoivent les logiciels qui servent à asservir des peuples n’est pas une mince affaire.

Et aux USA, comme ailleurs, ces secteurs technologiques sont/étaient largement composés d’employés islamogauchistes du Wokistan, tout comme votre serviteur. Cela n’a pas changé en un claquement de doigts, malgré l’irruption visible (car elle grignote tout ça en réalité depuis des décennies) de bons droitards réacs à la tête de grands groupes « tech ». Ils ne sont pas tant des militants d’ailleurs que de simple vendus inféodés aux plus forts ou aux élus de ce mandat-ci.

The Verge évoque ci-dessous des employés américains de plusieurs entreprises qui sont connues pour aider ICE à fonctionner (comme Capgemini également, entreprise française), et donc à traquer et expulser des gens.

“I work at Google; it’s the forefront of AI,” the YouTube employee said. “I grew up with the internet being this information superhighway, this tool of empowerment, and this amazing equalizer. Things have been nuanced and not exactly all a utopia, but I continue to believe that technology is empowering. But I see what’s happening with the administration, and all the coziness between tech companies and the administration, and I wonder, ‘What future are we building towards now?’ People are scared about what AI is going to become. The association with Trump — does that mean AI is going to become a tool of state repression? What are we really working on? What is the future that tech is shaping right now?”

The Microsoft Azure employee said she feels like a lot of tech workers are wearing a mask, smiling and going along with the protocol, but that in person, they can be more honest with those that they trust in the office. She said she found a Post-it note — which was viewed by The Verge — hidden in a meeting room that read, “I feel completely useless here, how ’bout you?”

“I think that speaks to the culture of at least Microsoft, but I think it’s happening at all of the tech companies right now,” she said.

« Je travaille chez Google ; c’est l’avant-garde de l’IA, » a déclaré un employé de YouTube. J’ai grandi avec Internet comme cette autoroute de l’information, cet outil d’émancipation et cet incroyable outil accessible de manière équitable. Les choses se sont avérées plus nuancées et pas exactement utopiques, mais je continue de croire que la technologie a un pouvoir d’émancipation. Pourtant, je vois ce qui se passe avec l’administration, toute cette proximité entre les entreprises technologiques et le pouvoir, et je me demande : “Quel avenir sommes-nous en train de construire aujourd’hui ?”

Les gens ont peur de ce que l’IA est en train de devenir. L’association avec Trump — est-ce que cela signifie que l’IA va devenir un outil de répression institutionnelle ? Sur quoi travaillons-nous vraiment ? Quel est exactement le futur que la technologie est en train de façonner ?

Une employée de Microsoft Azure a dit qu’elle avait l’impression que beaucoup de travailleurs du secteur technologique portaient un masque, sourient et suivent le protocole, mais qu’en off, ils peuvent être plus honnêtes avec les collègues en qui ils ont confiance. Elle a raconté avoir trouvé un post-it — que The Verge a également vu — caché dans une salle de réunion, sur lequel était écrit : « Je me sens complètement inutile ici, et toi ?

« Je pense que cela reflète la culture, au moins chez Microsoft, mais je crois que c’est quelque chose qu’on retrouve en ce moment dans toutes les entreprises technologiques » a-t-elle ajouté.

Extrait d’un article de The Verge : ‘Shut up and focus on the mission’: Tech workers are frustrated by their companies’ silence about ICE

Et là réponse pour le moment est dans le titre de l’article : « shut up and focus on the mission ».

J’espère vraiment qu’on va se sortir de tout ça, mais je suis pessimiste pour une fois.

(Et je ne donne de leçon à personne, j’ai travaillé toute ma vie pour de tels suppôts de Satan ou des projets allant à l’encontre de mes valeurs.)

Des couches pleines de caca

[Via Seb Sauvage] Bon là c’est un article pour les geeks (en angliche), mais ça vaut le coup ! Forcément quand tu interviewes un gars à un événement d’une distribution Linux pour équiper les serveurs, c’est croquignolet. Cela m’a fait penser à ma prof d’assembleur en IUT qui disait que le salut ne passait que par le langage de programmation le plus bas niveau possible, si tu comprenais tout cela, c’était le langage de Dieu lui-même. Le reste ce n’était que du pipi de chat pour des gens de plus en plus stupides à mesure qu’on remontait aux couches supérieures.

Là c’est un peu pareil, mais en considérant des grosses couches qu’on nous a en effet vendues comme des « révolutions dans les usages ». Et on ne peut pas non plus complètement être pour ou contre, car je n’ai (oui moi) jamais été capable de pondre une ligne de code potable (mein gott, ce que j’étais mauvais1 ^^ ). Mais l’article détaille assez bien à quel point c’est loin d’être faux, et qu’en effet tout l’infrastructure moderne et « fancy » repose sur des briques souvent open-source considérées comme des commodités un peu méprisées. C’est d’ailleurs tout un problème actuel avec la raréfaction de certaines compétences, talents et implications dans l’open-source.

Ce célèbre strip de XKCD est d’ailleurs terriblement d’actualité pour illustrer cela.

Je colle l’article là, car je veux me le garder au chaud au cas où. Les liens de l’articles valent aussi leurs clics, donc n’hésitez pas à butiner tout ça.

  1. Je rappelle qu’en 1995 je faisais des boucles d’oreille et des bagues en étain en cours d’électronique au lieu de souder des composants. ↩︎

Médias d’attention, piège à cons

[via Seb Sauvage] Un article très intéressant (en angliche) juste parce qu’il rappelle ce qu’on a tous vécu : le réseau social qui devient un média d’attention. Mais oui, vous savez bien au début on choisit qui on suit, comment on est notifié, et assez soigneusement on contrôle ce qu’on regarde. Et puis finalement, ça devient un truc qui nous pousse nawak, quand il veut, comme il veut, et dont le seul objectif est de nous laisser dessus le plus longtemps possible en mode « temps de cerveau disponible ».

Et c’est vrai que l’expérience Mastodon (et Bluesky qui n’a pas encore fait sa mue) est un truc tout doux et serein qui ne pousse pas à la consommation, vu que c’est complètement ouvert, décentralisé et sans aucun autre but que celui de nous relier les uns aux autres (alors autant les néonazis que les gentils bouts de chou que nous sommes, mais c’est la vraie vie après tout). Mais au moins, vous ne voyez les pouets que des gens que vous suivez, et la timeline est un truc chronologique ! Et force est de constater que c’est moins « excitant » (et parfois moins *fun* il faut le reconnaître), mais c’est cool, et ça ressemble un peu au début des Internets où y’avait tellement peu de pédés en ligne dans l’Univers Connu que je faisais copain-copain avec des Yahoo! Profiles à Los Angeles ou New York.

C’est tout doux, et on a besoin de douceur. ^^

(Dixit le mec qui peut passer deux heures à scroller sur Insta évidemment.)

Ab agendo

Nan mais, le même jour, et c’est bien la beauté des blogs, tu peux lire Kozlika qui se pose sur un très bel article évoquant son acception de la « vieille » qu’elle dit être en train de devenir. Et en même temps, tu peux aussi lire Garf qui écrit un texte magnifique où il s’interroge sérieusement sur une thématique similaire, mais … Continuer la lecture Ab agendo

Le ciblage publicitaire est un ciblage tout court

Seb Sauvage informe [via Mastodon] que l’ICE a fait publier un RFI (donc une sorte d’appel à idées aux entreprises pour ensuite lacer un appel d’offres) à destination des data brokers (ces boîtes qui manipulent nos données, les agrègent, les croisent et les repartagent à la vente) pour qu’ils les aident dans leur mission (de traquer puis d’expulser des gens). Comme Ploum le souligne en réponse et en référençant un article d’il y a un an, cela fait longtemps que ces mésusages sont en usage !

Ne venez pas dire que vous n’étiez pas prévenus. C’est juste que vous pensiez ne pas être concernés.

Les affaires de microciblage sur Facebook pour manipuler des élections fonctionnent grosso modo sur ce même principe, mais là on peut carrément s’en servir pour constituer des faisceaux d’indices assez probants statistiquement pour aller expulser quelqu’un. Et ça va très bien marcher, j’en suis certain.