Balise

Iwak c’est Inktober with a keyboard, donc tout le mois d’octobre : un article par jour avec un thème précis.

J’adore Reddit (malgré l’influence grandissante des bot IA1 qui sont de plus en plus difficiles à repérer), c’est vraiment l’équivalent des Pieds sur Terre version Les Internets. Des gens lambdas qui discutent de tout mais avec une expertise pointue ou une appartenance chevillée, et souvent un très bon niveau d’expression. C’est un pur entre-soi mais qui permet donc de s’expliquer largement entre inconnus d’une même communauté d’intérêts.

Les développeurs (des personnes qui vivent de la production de code informatique) sont en train de perdre pied, ils ont perdu une bonne partie de leurs repères avec l’IA générative qui gangrène leurs métiers à vitesse grand V. Je prends la température en lisant régulièrement ce sub Reddit, et il est passionnant, et un peu tristoune aussi. On lit depuis 4 ans maintenant, les différentes étapes de l’arrivée puis de la conquête, et à présent, le raz de marée que l’IA a fait subir à ces personnes. Mais même si l’adoption est d’une stupéfiante rapidité, les entreprises (clients, fournisseurs, conseils) ne sont pas en mesure de bouger aussi vite. Avec toutes les problématiques, précédemment évoquées, que cela représente, les entreprises bougent très vite, mais de moins en moins vite et avec parcimonie à mesure qu’on remonte a chaîne de production.

Malgré tout les effets sont là, et les périodes de transition sont désastreuses pour les employés, les fournisseurs et même les décideurs (qui peuvent grandement se tromper en étant trop en avance, ou en retard). Je vous laisse lire ce message qui a démarré le fil, et j’ai sélectionné une partie des nombreuses réponses à cette personne. Copié-collé donc avec quelques fautes, mais vous verrez que ce sont des gens qui s’expriment parfaitement bien. Cela se lit comme un fil naturel, même si certaines réponses sont un peu en décalé, mais ça ne devrait pas trop compliqué la compréhension. Voilà par quoi commence ce sub :

Je crois que je suis en train de vivre un debut de depression a cause de Claude

Ma boite a fais un gros push cette année pour devenir AI first. Moi qui avais repoussé l’utilisation d’agents IA pour coder moi même jusqu’en janvier, j’ai fais la transition et en 8 mois, mon quotidien n’a plus rien a voir : pas écris une seule ligne de coder moi même moi même depuis deux mois, et je me rend compte que mon IDE n’est même pas ouvert depuis x jours par moments. Tout passe par Claude, il écrit mes MR, lit les commentaires quelle reçois, les fixe, et ainsi de suite jusqu’à que mon doigt d’humain appuie sur le bouton « merge ».

Je suis incapable d’expliquer comment fonctionnent la moitié des features que j’ai développé cette année. Je me retrouve d’un coup a gérer des pavés de documentation technique sur confluence que nos agents digerent pour faire nos projets.

Meme mes estimation faite au doigt mouillé s’avèrent être les memes que Claude.

Je ressent une déconnection totale de mon travail, mon entreprise étant également en processus de rachat, je sait que tout ce que je fais a pour seul but de garantir une vente qui au mieux, ne me bénéficiera pas, au pire signera la fin de mon contrat.

Je n’écoutes presque plus les réunions car de toute façon, je n’en aurai pas besoin vu sue c’est pas moi qui vais développer la feature, mais Claude.

Récemment j’ai remplacé l’os de mon pc gamer pour basculer sur Linux, et ca m’a fais une bouffée d’air frais : installation, modification de scripts, réparer des erreurs systèmes, utiliser le terminal… bref bidouiller jusqu’a ce que ca fasse ce que je veut. Ca m’avais vraiment manqué en fait.

J’ai l’impression d’être un ébénistes se faisant remplacer par Ikea. J’aime travailler le code, réfléchir a la construction d’un composant, et je faisais partie de ces rares personnes qui kiffaient leur travail.

Maintenant, je tape une dizaine de prompts dans la journée m, et je joue aux videos en attendant le resultat, puis je relis le code sue les autres on généré par IA, et j’attend la fin de la journée et le virement la fin du mois.

C’est de la merde.

J’ai lu maintes fois ce genre de messages. Et vous verrez plus bas les réponses qui reflètent la réalité du terrain : des pessimistes, des optimistes, des résignés, des opportunistes, des dépressifs, des opiniâtres, des versatiles, des pipoteurs, des saboteurs ou encore des indécis, juste des gens largués. Et en cette période de transition et d’incertitude, ils ont tous en ce moment raison et tort, j’aurais dû afficher ma propre situation : schrödingerien. Mais vous allez voir les gens sur Reddit sont pragmatiques et partage leur « two cents » sur n’importe quel sujet avec leurs pairs, et souvent c’est avec considération et même tendresse, parfois de manière plus distante et revêche, parfois jugeante, mais on y apprend beaucoup. Reddit2 est un des lieux de sociabilisation qui existait sur les Internets avant qu’on se mette à échanger avec son bot IA, mais il garde malgré tout une belle vigueur.

Chaque citation est une réplique unique d’une personne, je ne les ai pas nommés, mais certains s’expriment puis répondent à d’autres remarques.

Je comprends tout à fait et j’étais en train de perdre aussi le sens de mes journées.
Du coup j’ai fait un peu marche arrière : je demande à Claude de ne pas coder pour moi, et je discute beaucoup d’architecture avec lui. Je code à la main, je lui demande de temps en temps des petits conseils et surtout je lui demande de challenger mon code avant que je le commite. C’est un bon entre deux, j’ai toujours l’impression de coder et l’IA m’aide à aller plus vite et à faire quelque chose de mieux articulé.
Il y a que les tests que je délègue complètement à l’IA : il trouve toujours plus de scénarios que moi !

C’est ça la bonne stratégie. L’AI comme assistant, pas l’esclave qui va tout faire à ta place.

Perso, le bon équilibre est de déléguer les taches chiantes (configuration de projet, test U, reorg de l’arborescence, intégration d’un outil supplémentaire) à l’IA.
Je me concentre sur les abstractions et concepts, que je code « à la main ». Éventuellement, si le code est simple, je prototype les méthodes/fonction et délégue l’implémentation.
Je demande des revues au LLM. Je lui demande de me proposer des librairies avec un comparatif des features.
J’ai l’impression d’avoir les parties les plus fun tout en deleguant le plus rébarbatif.

Courage mon frère3
Perso je suis au stade où avec l’experience et le temps que je passe au boulot, même en étant passionné par la programmation j’ai pas nécessairement envie d’en faire h24 en dehors du boulot
Cependant, le fait d’avoir des projets perso peut être probablement nôtre dernier échappatoire à ce métier devenu si ennuyeux
M’enfin, quand on à pas le challenge des contraintes métiers, financières etc sur des projets avec de forts enjeux et un accès à des infrastructures réseaux solides
Même avec des projets perso ce ne sera que rarement aussi stimulant
J’aime pas dire ça mais je pense qu’on va devoir se faire une raison…
Le métier à drôlement changé, on en tire tellement moins de satisfaction, et la sensation d’accomplissement est devenue quasiment nulle
Ça à pas l’air parti pour s’arranger ☹️☹️

C’est marrant (en fait pas tant que ça…) j’ai le même constat mais pas le même ressenti.
Le métier a drôlement changé, j’en tire plus de satisfaction, et la sensation d’accomplissement a décuplé.
J’aimerais beaucoup parvenir à te faire ressentir cela.
Déjà je suis H42, dev sous Linux, logiciel libre à fond. J’ai pas opté pour Claude ni Codex, j’ai repris la philosophie Unix avec 1 outil pour 1 tâche, j’ai pris Pi, Herdr, je sélectionne mes skills, ou en concocte, j’ai pris Deepseek en pay as you go. J’ai jamais autant réalisé de choses menées jusqu’au bout, là où avant je laissais les choses à l’état de POC.
J’ai l’impression que tu sautes toutes les étapes intéressantes avec les agents : de longues discussions en dictée vocale sur le design, l’archi, la stratégie produit, les choix techno. Puis la manière de l’implémenter, lui donner des guidelines. Tout cela solidifié en markdown dans le répertoire docs du projet.
Autant sur les petits trucs du genre rébarbatifs ça aide à s’en sortir, autant sur les trucs plus ambitieux ça permet de mieux réfléchir.
Même pour la stratégie produit j’en viens à parler 10 minutes en dictée vocale et il me les résume intelligemment pour m’aider à intervenir lors d’une prochaine réunion.
Sur le côté « j’attends, je clique sur merge », ça voudrait dire que ce sont d’autres personnes qui ont décidé des fonctionnalités, du design, de l’architecture, des technos ? Quel est ton rôle avant d’écrire le prompt ?

Je comprends ton ressenti mais je ne le partage plus aujourd’hui
Quand tu dis notamment « quel est ton rôle avant d’écrire le prompt » y’a pas qu’une seule réponse fixe dans le temps
Pareil tu parle comme si tout les projets permettent au dev de faire ses propre choix sur toute la chaîne du produit mais c’est pas une généralité
Le design et les fonctionnalité relèvent souvent du domaine produit, même si tu te montre force de proposition y’a toujours un moment ou un autre ou tu vas devoir faire ce qu’on te demande (en dehors du cadre tech)
Au dela de ça, pour ce qui concerne la tech, je vois pas en quoi les choix initiaux te permettent de t’affranchir de la perte d’intérêt envers le métier de dév
Le rôle avant le prompt ni change pas grand chose
Je suis en capacité de faire les choix et d’arbitrer, mais ça n’empêche que tu passe plus de temps à configurer, cadrer et ensuite orchestrer les agents qu’à toi même agir de manière proactive
T’as le droit d’apprécier les changements qu’a provoqué l’IA dans le métier, y’a rien d’illégitime à ça
Mais l’argument de dire que la perte d’intérêt vient d’un manque de responsabilité je suis pas d’accord
Parce qu’au final les responsabilité je les ai et ça ne m’empêche pas d’avoir perdu l’intérêt dans mon métier

J’incrimine souvent le découpage des tâches caricatural, où le dev ne participe à aucune décision, parfois même pas au niveau du choix des technos. Tu prends l’exemple d’une feature où d’autres au niveau produit ont décidé. Souvent je pensais que c’était ça qui faisait que ces devs là n’aimaient pas les agents car ils n’avaient plus de place dans l’organisation interne du projet.
Mais en te lisant, toi qui affirmes avoir la possibilité de faire des choix et d’arbitrer, je vois que la perte d’intérêt peut en fait très bien venir d’une frilosité quand à la manipulation d’agents, tout court, ça je l’entends.
Je pensais qu’en ayant la responsabilité des choix initiaux, ça permet de conserver un rôle, ne pas se sentir exclu, et déplacer le plaisir du code à proprement parler vers la conception et les choix. C’est mon cas, je m’aperçois que ça m’excite plus de voir un produit aboutir que de le coder ligne par ligne, et je respecte les autres points de vue.
Le goût pour le code par-rapport à la conduite du projet peut être plus ou moins prononcé en fonction des personnes.
Perso je ne vois pas trop l’intérêt, pour un projet où je dois diviser une cellule d’un tableau en diagonale, de coder le layer SVG au-dessus de la table HTML avec plein de merdouilles. Je suis ravi de le confier à un agent, mais un autre trouvera ce challenge excitant. Peut-être une question d’orientation d’esprit : la destination versus le chemin. Pareil pour un système de commandes avec undo/redo, je suis ravi qu’il soit implémenté dans les règles de l’art à ma place. Je l’ai fait l’an dernier à la main, ça m’a pris 3 semaines d’aller-retour entre plusieurs implementations, me faisant me sentir nul et déclenchant des angoisses sur ma capacité à terminer ce foutu projet perso qui me tient à cœur. Aujourd’hui en 1 soirée j’arrive à isofonctionnalité et ça me satisfait, je vais pouvoir livrer, ça me débloque, j’ose dire que je me sens libéré.
Parce que depuis 20 ans que je code, à chaque projet il y a de nouveaux défis en matière de code pur, et j’ai toujours trouvé hyper ingrat que l’expérience soit si peu réutilisable. Oh peut-être que des devs qui font toujours les mêmes types de projets avec les mêmes technos et frameworks peuvent se sentir chez eux, mais moi j’avais jamais fait de système d’undo-redo avec un state immutable qui tiennent la route. Pareil pour développer un widget avec un canvas pour afficher une waveform : est-ce en soi une tâche intéressante ou bien juste une commodité pour mon projet? Aucune lib ne convenait. J’aurais codé ça en 1 semaine je pense. Se replonger dans l’état de l’art, regarder le code source de audacity, etc. Là en 1h je l’avais, en 4h il est optimal, tout du moins satisfaisant. Je suis pas un fan boy de l’IA à la base, mais j’ai pu avancer d’un grand pas sur mon projet, c’est libérateur.
J’espère ne pas être lourd pour vous qui ne ressentez pas les choses ainsi mais au moins j’ai raconté.

Oui j’entends parfaitement et c’est légitime
En fait je pense que la différence entre nos 2 profils réside peut être plutôt dans l’appréciation des tâches purement techniques sur un projet
Dans vôtre cas vous prenez plaisir sur l’aspect global, voir le projet marcher dans son ensemble, ça ramène le code à ce qu’il à toujours été: un moyen de donner forme à une idée
Vous le voyez comme un moyen d’atteindre l’objectif
J’ai travaillé avec des mecs qui avait cette vision très pragmatique
C’était plus « on code pas pour se faire kiffer, mais pour faire marcher le projet »
Il m’arrive aussi avec l’IA d’avoir ce sentiment « c’est génial il l’a fait en une heure, ça m’aurait pris la journée sinon »
Mais j’alterne finalement souvent entre les deux visions
Entre « super ça m’a pris 1 mois, ça aurait dû m’en prendre 6 » et « merde je passe mon temps à faire de la review sur des plans d’agents et à la reprendre dès qu’elle sort du cadre »

Ça me brise le cœur de lire ce genre de poste.
Tu réalises que le but, c’est de totalement suprimer le dev pour n’avoir qu’un fonc qui fait les specs?

Oui, je réalise, mais je l’aborde d’une manière dépassionnée, froide et cynique.
Donc, pour toi, le développement est une fin en soi plutôt qu’un moyen ? Pour moi, comme l’a justement fait remarquer une autre personne qui m’a répondu, nous sommes des individus ou des équipes qui réalisons des produits avant tout, et l’écriture du code est un moyen de faire vivre une idée concrètement. Ce qui m’intéresse, c’est avoir des idées et produire une solution à un problème. C’est pragmatique.
Et pourtant j’ai été l’un de ces codeurs qui accordent une importance dingue à mon code. Je veux dire que je ne suis pas l’une de ces personnes qui n’aiment pas coder fondamentalement. Au contraire, j’ai toujours lu les documentations des langages de programmation que j’utilisais dans les moindres recoins, etc.
Le jour où on a remplacé les calculateurs humains par des calculatrices, puis plus tard les secrétariats par des logiciels de gestion, les employés des banques par un système informatique, nous les informaticiens avons dit que c’était le progrès, que c’était le sens de l’histoire. Bien des métiers ont été supprimés en raison de l’informatique elle-même. Je ne sais pas si c’est souhaitable, en tout cas il se trouve que ça tombe sur nous, les développeurs. Je trouve ça assez cocasse de s’en offusquer alors que cela fait des décennies que nous participons à le faire vivre aux autres.
Rien qu’à la manière dont tu formules le problème (un fonctionnel qui fait des specs), je vois que tu te bases sur la manière de découper les métiers qui est pratiquée dans les grandes entreprises. En gros, la couche des penseurs et la couche des exécutants. Il y a plein d’autres types d’organisations où le développeur est bien plus qu’un codeur, ce qui est mon cas, où il a la liberté d’agir verticalement sur tout le projet, de la couche fonctionnelle jusqu’à l’implémentation. Tout comme on a appelé le DevOps un développeur qui faisait la partie déploiement de l’application, puis fullstack pour briser la spécialisation backend/front-end, il faudrait peut-être inventer un nouveau terme pour qualifier ce type de développeur, peut-être dev holistique. Briser les frontières entre les métiers là où elles nous avaient été imposées. Pour moi, c’est beaucoup plus agréable de mener un projet dans son ensemble, dans la mesure où j’ai des outils qui me permettent d’éviter d’avoir affaire à des spécialistes dans chaque domaine. Pourquoi ne serais‑tu pas le spécialiste fonctionnel qui rédige les specs et qui les implémente ? Pour moi le métier de développeur est infiniment plus riche que la partie écriture du code.

Ben si je voulait être fonc, j’aurait été fonc depuis le début. J’ai pas envie d’être responsable d’un code impossible à maintenir sans AI.
J’ai pas non plus envie d’être une idiote incapable de faire quoi que ce soit sans lâcher des fortunes à openAI ou anthropic. On se rend volontairement otage de boites qui peuvent faire n’importe quoi à tout moment, et ça me fait peur.

Je ne sais pas ce que tu appelles « fonc » en fait, je n’ai jamais vu cette abréviation. Quelqu’un qui définit les fonctionnalités on va dire. En tout cas je ne parlais pas de devenir fonc uniquement, je proposais d’embrasser la chaîne de développement du produit un peu plus de bout en bout.
Personnellement, je veille toujours à ce que le code généré soit compréhensible, même pour quelqu’un qui n’utiliserait pas d’IA. Je suis désolé de le dire, mais force est de constater que le code produit par un LLM est largement plus clair et organisé que ce que j’aurais pu faire. Et s’il était cryptique, eh bien même punition que pour un mauvais développeur : on recommence en suivant des règles de convention de code, de modularisation, etc.
Personnellement, j’utilise un abonnement DeepSeek en Pay-As-You-Go qui me revient à une vingtaine d’euros par mois et je suis très satisfait. Ça n’a rien à voir avec les coûts d’OpenAI ou d’Anthropic qui, eux, essaient de vendre ce genre de technologies comme des produits de luxe alors que, pour moi, ils vont très vite devenir des commodités. Moi aussi, ça me révulse, mais moi qui suis un fervent utilisateur et défenseur des logiciels libres, de voir ces grosses boîtes prendre le pouvoir.

Le problème dans mon cas, c’est que ma spécialité c’est la tech, j’ai une bonne approche produit et design, mais c’est pas mon métier
Si le dév disparaît j’ai tout intérêt à apprendre un autre métier car en l’état c’est ma principale compétence et je ne sais pas faire autre chose que de la tech
Les métiers data eng subissent aussi cela
Il reste des métier intéressant dans la tech, en biologie, physique-chimie, recherche etc, mais ça nécessite un bagage dont tout le monde ne dispose pas
C’est particulièrement insécurisant quand on à vécu une scolarité chaotique qui n’a pas donné de diplôme (même si ça ne fait pas tout)
Au final, le meilleur mouve court / moyen terme si on ne veut pas finir product owner, c’est peut être d’utiliser ses droits au chômage (notamment l’AREF) afin de bénéficier d’une indemnisation tout en étant en formation / reconversion
N’empêche que c’est la que tu te rends compte que même si tu peux parfaitement t’en sortir sans diplôme, ce dernier t’ouvre des portes dès son obtention qui t’évitent de risquer à devoir passer par une reconversion pour x ou y raison

Il faut bien un cerveau humain pour piloter ce workflow. Mais oui on devient plus en plus des marionettistes qui tirent sur des ficelles de LLM.

Je ne me sens pas marionnettiste dans le sens où tirer les ficelles ça sous-entend que le LLM fait un peu ce qu’il veut et qu’on l’influence légèrement (si j’ai bien compris la métaphore).
Je me sens toujours un artisan avec un exosquelette, un méga outil du futur, une baguette magique (on a compris ) que j’invoque à ma guise. Outils qui viennent de l’industrie. Comme un menuisier qui aurait le super tour à bois multi fonctions de folie.

Nota bene
Quand je parle des contraintes etc, c’est principalement que c’est ce qui me faisait kiffer, relever des défis sous contrainte
Je sais que pour certains, le fait de ne pas avoir de contraintes peut aussi être une source de plaisir

Perso je commence à réfléchir à des pistes de reconversion si pas de retour arrière.

j’utiliser Claude Max 5x tous les jours, et pourtant je me sens toujours très challengé. Par rapport à avant j’arrive juste plus vite aux goulots d’etranglements : ce que veux vraiment ton utilisateur, le support, la formation, la gestion des mises en prod et des regressions… et le code review me prends enormement de temps. C’est un point qui m’inquiete un peu sur ton post. Tu n’ouvre vraiment plus ton IDE ? Tu ne regarde meme pas le code ? Pour moi c’est un enorme red flag. Je ne tapes plus que très peu de code à la main, mais je passe mon temps lire et tester.
Si ton seul plaisir c’est de ‘travailler le code’, c’est que ta valeur ajoutée est faible. Ca va si tu es très junior (0-1 ans d’xp), mais si tu as de l’experience, tu devrais avoir une valeur ajoutée au delà de simplement ecrire du code par rapport a des specs que tu aurais reçu.
Si je me mettais à vibe-coder et jouer aux jeux videos en attendant les resultats, nos systèmes chuteraient en qualité et je me ferais virer.
En résume je pense qu’on a juste accéléré la partie censée être la plus simple qui est l’implémentation. Le gros de la difficulté reste sur le « quoi » et comment convaincre.

Vois claude comme un assistant, le but c’est que tu gardes le contrôle sur la production de code, tu n’es plus l’artiste qui fabriqué un programme mais le chef de la chaîne de production. Ça te permet d’aller chercher une meilleure qualité de code, de chercher à remettre en question aussi les choix de l’IA et les optimisations, demande lui aussi pourquoi elle fait certains choix. Je pense que ça étant la fonction. Hier on pouvait faire à la main sans se soucier. Aujourd’hui tu pousses à la perfection tes produits, continue de passer autant de temps qu’avant sauf que maintenant c’est pour un code quasi parfait. J’idéalise un peu mais c’est l’idée, il ne faut pas que tu dépendes de l’IA mais que tu t’en serve d’outil

En fait quand on devient chef de projet avec des humains en subalternes à qui la production de valeur est déléguée aux experts c’est la même chose … Le problème n’est pas nouveau. Faire et maintenir specs, design et tests cohérents, intelligents, complets qui résolvent le bon problème en respectant délais et budgets au mieux, c’est une prestation hautement intellectuelle, ça demande des responsabilités et de l’expérience. C’est de l’ingénierie logicielle et coder n’a jamais été qu’un aspect de ça. C’est le genre de chose à rafoner de manière incrementale entre deux tours de Claude. Ce qui est stimulant c’est de résoudre des puzzles. A l’époque j’utilisais la métaphore du chef pâtissier à qui on demandait de faire des crèmes vanille de cantine avec de la poudre et de l’eau. Je crois que c’est toujours vrai… Je crois aussi que si tu maîtrises les fondamentaux et que tu t’adaptes pour savoir créer de la valeur, tu sera en meilleure posture pour la boucherie qui s’annonce avec la commoditisation du code encore meilleur marché qu’avec la sous traitance dans les pays pas cher. Dans les années 90 2000 le problème de ne plus coder soi même parce que tu es trop cher mais de superviser les exécutants existait déjà. C’est vrai pour le code et tout ce qui peut se faire dans une usine … Ça ne t’empêche pas de craft ou faire évoluer des softs qui t’aident à survivre le tsunami de la nouvelle économie du mandat qui se met en place malgré nous. Courage !!!

Perso je sais pas ce que je fais de mal, mais j’utilise Claude et codex max tous les jours et pourtant j’ai l’impression de n’avoir jamais eu autant de trucs à faire. Par contre oui, on est passé de « faire du code » à « manager des agents » mais ça reste chronophage et extrêmement fatiguant mentalement de gérer beaucoup plus de flux de données. Apres je regrette que l’IA soit arrivé avant que je devienne un dev senior. J’étais juste un scripteur scientifique dans le monde académique, et la transition d’exigence est rude. Je suis toujours dans l’académie mais maintenant tout le monde ship directement une tonne de features, et du coup il y’a une tonne de nouveaux outils qui restent sans aucun public.

Je me suis fait une remarque récemment : plus j’utilises mes agents plus vite je fatigues.
J’ai fini par comprendre pourquoi : je livres beaucoup plus de features, mais je réfléchis toujours autant pour chacune d’entre elles. J’écris pas le code, mais je travaille toujours autant le design.
Op: C’est pas les agents qui font que tu as l’impression de tout avoir lâché, c’est ton choix : tu as abandonné, les llms n’y sont pour rien

Normal. Ca va passer.
J’ai traverse un peu la meme periode de deprime et de perte de sens. Tu es en train de faire le deuil de ton metier tout simplement et c’est normal que ca passe par une petite deprime. La realite c’est que le code n’a quasiment plus d’importance aujourd’hui et cela sera de plus en plus le cas. Ca veut aussi dire que oui, la technique perd de sa valeur et il va falloir faire avec. Aujourd’hui il faut surtout changer ton echelle d’ambition. C’est que comme ca que j’ai enfin eu un declic. Tout comprendre dans les moindre details c’etait le monde d’hier. aujourd’hui il faut avoir une posture d’architecte de solution beaucoup plus haut niveau et se lancer dans des projets avec plus d’envergure.
Sur la comprehension je suis d’accord avec toi que c’est pas simple mais tu peux aussi utiliser l’IA pour ameliorer cela. Tu peux configurer tes agents pour qu’ils soient plus pedagogues / testent ta comprehension des choses et t’expliquent clairement ce qu’ils produisent.
Maintenant concernant l’aspect « artisanat » du code (que je cherissais particulierement), je crois qu’il faut effectivement t’en remettre a des projets perso. Le monde de l’entreprise est passe a une autre echelle et se voit confronter a d’autres problemes. Le dev va devenir de plus en plus muticasquette a mon sens et ceux qui s’en sortiront seront ceux qui maitrisent bien l’outil IA et son capable de gerer autre chose que le develppement de la feature (relation client, construction de harness, product management…).

Je me permets de donner ma vision à mon échelle :
J’ai toujours été un dev rigoureux. J’aime coder parce que lorsqu’il y a des sujets costauds j’y vois la résolution d’une énigme. J’adore ça.
Avec les années, j’ai des automatismes, de la connaissance accumulée et des énigmes j’en ai forcément beaucoup moins. Y’a forcément une montée en compétence et ce qui était chaud avant devient banal aujourd’hui.
À côté du simple fait d’être codeur, j’observe les équipes et les process. J’ai toujours aimé, et bien plus que de coder, trouver des solutions techniques pour faciliter le quotidien des collègues et ce qu’importe le secteur de métier.
Maintenant, Claude me permet d’avoir assez de temps pour réfléchir et pour analyser les problématiques liées à mon métier et aux autres métiers. Ce que je faisais sur mon temps libre par pur kiff, je le fais sur mes heures (ouais j’suis un pigeon).
Je suis lead dev et je ne vois « aucune différence » (grosses pincettes) entre mon équipe et Claude. Y’a un besoin, y’a des problèmatiques, et j’ai une vision pour débloquer et répondre au mieux au besoin.
Aujourd’hui dans la majorité des technos utilisées, coder n’a plus vraiment de sens. C’est la vision et les connaissances générales qui priment.
J’ai toujours plein de taff à faire au quotidien. Mes journées sont bien remplies. Seulement, elles ne le sont plus pour coder. Ça me fait chier et ça me fait peur pour l’avenir, mais je suis exactement la ou j’ai toujours voulu être. Ma meilleure compétence étant de réfléchir vite et proposer des solutions.
Bref, l’IA fait disparaitre le métier de codeur et il faut trouver sa voie en dehors.
Et pour le hors sujet : c’est difficile pour les devs mais aussi pour les entreprises. Actuellement les clients sont persuadés de pouvoir remplacer une équipe de dev sans avoir de connaissances. Ils réussissent jusqu’à ce qu’ils se mangent les dents parce qu’ils n’ont aucune compréhension globale du métier.
J’espère que ce hors sujet ne vieillira pas mal sinon ça craint pour nos métiers et nos entreprises.

Je comprends totalement ton ressenti et j’ai un peu la même impression de temps en temps. En vrai, c’est hyper important que tu ailles. Essayer d’en discuter avec tes collègues et avec le reste de la boîte et potentiellement le RH ou quelqu’un d’autre du genre. Parce que à terme je suis un peu près sûr que d’autres développeurs de ton équipe vont avoir le même ressenti et sur le temps long ça va finir par poser des soucis parce que vous n’aurez plus assez de connaissance technique pour résoudre des bugs et surtout vous n’aurez juste plus envie de continuer à travailler parce que vous vous ennuierez trop.
Là moi justement je vais rentrer dans une boîte où il utilise relativement peu d’IA et ça va être justement en partie mon rôle de leur montrer un peu ce qu’on peut faire avec. Mais je vais vraiment faire attention à leur montrer une façon d’utiliser les IA qui respecte le développeur et l’inclut vraiment dans le processus de futur et c’est ça va être plutôt du coup d’automatiser les tâches très chiantes comme parfois les refactorisation et mise à jour de librairie par exemple ou ce genre de choses mais sur les feature en tant que tel. J’espère vraiment qu’on pourra continuer à faire les choses au moins en partie à la main. Rien que pour le plaisir de pouvoir le faire.

félicitations t’as reçu une promotion et ton poste à changer de développeur à product manager , tu gère plusieurs claudes , ce n’est pas un drame, just une promotion auquel tu ne t’attendais pas , c’est comme ça

Tu peux passer du temps a faire du logiciel libre si Claude t’a libéré un peu de temps de travail.

  1. C’est une stratégie des fournisseurs de LLM qui est bien habile. Quand on manque d’étiquetage de données humains sur des sujets (des problématiques notamment ultra-récentes), on lance un faux sujet et on attend que les humains viennent y répondre pour utiliser cela pour nourrir le LLM. Icône de space invader ↩︎
  2. C’est aussi un site internet horrible sans foi ni loi ni éthique vis à vis de la revente de données aux LLM et consorts, et beaucoup le fustigent aujourd’hui comme X et essaient d’emmener les gens ailleurs. ↩︎
  3. La personne à l’origine du post (OP = Original Poster) se décrit comme transfem donc ça m’a bien fait sourire. Hu hu hu. ↩︎

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