Iwak c’est Inktober with a keyboard, donc tout le mois d’octobre : un article par jour avec un thème précis.
Random-Access-Memory ou mémoire à accès aléatoire qu’on appelle couramment mémoire vive en français, et nous vivons en ce moment un RAMageddon qui a rendu le prix de ces circuits électroniques extrêmement couteux. En effet, la production est cannibalisée depuis quelques années par les entreprises dans le domaine de l’IA qui construisent à tour de bras des centres de données, et donc ces centres sont dotés d’ordinateurs qui fonctionnent avec de la mémoire vive. Il faut beaucoup de mémoire vive, et de la mémoire véloce, pour faire des gros calculs rapidement, et donc faire croître les capacités des systèmes à base d’IA générative.
Cette RAM a toujours été nécessaire à l’informatique, telle qu’on la connaît, et le principe existe, même s’il a été perfectionné, depuis les années (19)60. Il existe aussi des mémoires ROM (Read-Only-Memory) qui sont des mémoires mortes, donc qui sont figées à la conception, et qui ne peuvent pas être modifiées, mais qui ont l’avantage de ne pas nécessiter d’électricité pour conserver leurs informations.
On a deux grands types de RAM : statique (SRAM) et dynamique (DRAM). La première est à base de transistors qui sont chargés ou pas (indiquant un statut : 1 ou 0), la seconde fonctionne avec des condensateurs qui retiennent aussi une charge (et donc une information binaire : 1 ou 0) mais qui doit recevoir régulièrement de l’électricité en plus pour conserver cette information (les condensateurs ont la particularité de retenir le courant, mais ont des « fuites », et donc avec le temps la charge s’affaiblit peu à peu). La ROM est carrément une gravure d’un élément de silicium avec des informations « finales ». Donc c’est à l’usine que c’est gravé, et c’est à jamais. La ROM c’est comme les tables de la loi, c’est gravé dans la pierre.
Nos usages et la nature capitaliste de notre consommation font qu’on a besoin de plus en plus de mémoire, et de plus en plus rapide et efficace. Aujourd’hui un ordinateur qui fonctionne bien c’est entre 16 et 32 Mo, et 64 Mo pour des machines particulièrement productives. Ces Mo sont des méga-octets, et un octet c’est 8 bits (bit = binary digit). Donc avec 16 Mo, vous avez la capacité d’écrire, lire et retenir, 16 x 8 x 1 million = 128 000 000 bits. Mais en réalité, comme on est sur une base binaire, c’est plus pratique de compter les choses en puissance de 2. Donc ce n’est pas 1000 octets mais plutôt 1024 (210), et donc le nombre exact est : 134 217 728. 134 217 728 cases à cocher qui ne font que vous dire : c’est 0 (pas coché) ou c’est 1 (coché).
En 1985, à l’âge de 9 ans, en CM1, j’ai eu mon premier ordinateur. Acheté 645 Francs sur le catalogue La Redoute, le ZX81 et son 1ko de RAM avec 8ko de ROM, c’était le bonheur incarné. Car je voulais être informaticien.
Chacun ses rêves !!!
Il fallait donc jouer avec 8 192 bits. Sachant que l’interpréteur BASIC était gravé dans la ROM, donc les 8 192 cases à cocher c’était vraiment pour faire fonctionner l’ordinateur (le clavier, l’écran, les trucs de base) et surtout écrire des programmes en BASIC et les exécuter. Donc pour utiliser le bousin, il fallait des heures pour écrire des programmes avec un clavier horrible, si jamais on éteint l’ordinateur, y’a rien qui reste (souvenez-vous : mémoire vive !). L’écran était celui d’une télévision, il fallait synchroniser des mires en mode analogique (un peu comme les magnétoscopes de l’époque, vous vous souvenez les deux barres blanches sur fond noir ?), ce qui prenait mille ans, et c’était du noir et blanc avec des pixels noirs, blancs ou gris d’à peu près 5 centimètres de côté pour les graphismes.
A force de recopier des pages de code imbittable en BASIC, j’ai appris le BASIC. C’est fou comme c’est exactement comme une langue vivante, même si c’est au début du charabia, à force d’y être confronté, et de répéter inlassablement, bah au bout d’un moment on comprend ce qu’on « dit ». Et donc au bout de 5 ou 6 heures de recopie, avec une ou deux erreurs qui empêchaient le truc de se lancer et donc il fallait tout relire lettre à lettre pour vérifier, on pouvait jouer quelques minutes à un jeu de morpion (grosso modo). Quelques minutes, parce que ce n’était pas passionnant, il faut l’avouer. Mais c’était la magie de l’informatique, et ça marchait à 100% avec moi et mon imaginaire de l’époque. 
Bon après, j’ai appris à enregistrer des programmes sur des cassettes audio (on enregistrait vraiment et ça faisait biiiiiiiiiiiiip bip quand on écoutait ça sur un magnétophone normal), et on pouvait ensuite les charger en mémoire pour rejouer à un truc. Mais en vrai, j’adorais écrire les programmes, j’avais l’impression de programmer le monde pour qu’il m’appartienne. Hu hu hu.
Depuis les choses se sont un peu améliorés dans tous les sens, mais la philosophie est exactement la même. Et la magie de l’informatique est toujours là pour moi. 

« Aujourd’hui un ordinateur qui fonctionne bien c’est entre 16 et 32 Mo, et 64 Mo pour des machines particulièrement productives. » 😂😂
J’ai dit une bêtise ?? 😆
Je crois qu’on est passé aux Giga Octets il y a quelques années déjà !