Bluffer

Iwak c’est Inktober with a keyboard, et là je rattrape comme j’en ai envie la version 2022, donc quand je veux, et ce dont j’ai envie. Hu hu hu. (Fuck la vie !!)

On a tous plus ou moins conscience de ses névroses, et c’est à la fois dans des étapes de construction de soi qu’on peut les développer, mais aussi s’en rendre compte et parfois les contourner. A peu près tout ceux qui me connaissent aujourd’hui disent de moi que je suis calme, posé et réfléchi. Et c’est un trait qui me caractérise depuis tout petit petit. Je n’ai jamais été turbulent ou hyperactif ou difficile à gérer. Tu me mettais à un endroit avec un bouquin, et tu pouvais me récupérer des heures plus tard sans te soucier.

Une de mes tantes qui me gardait bébé était assez inquiète, car elle me trouvait « trop calme ». Et j’ai déjà dit qu’on m’avait pensé sourd pendant quelques temps car je ne parlais pas (en dehors des papa, maman, pipi, caca quoi). Mais les médecins étaient formels, à l’époque en tout cas, non il n’est pas autiste ou sourd le petit, il est juste… calme, posé et réfléchi. ^^

Lorsque j’avais revu il y a quelques années la personne qui me gardait dans le quartier de ma grand-mère, c’est aussi ce qu’elle avait en souvenir le plus prégnant. Je restais toute la journée sage comme une image, écoutant et obéissant, mais plutôt à rire et à interagir, toujours à regarder dans les yeux et à sourire. Une seule chose me faisait réagir, retrouver ma maman toutes les fins de journées. Ma mère dit toujours en rigolant que je courrais dans l’allée et je me lançais dans ses bras en disant « Ooooh mââââman, maman, maman !! ». Oui, un vrai fils à maman, c’est indéniable.

Et cette nature zen et introspective a été grandement nourrie, et a encore crû, à mesure que l’homophobie me frappait. Et ça commence tôt ces choses là chez les pédés pur-jus comme moi !!! Le refuge contre les brimades de mon frère ainé, des gens à l’école, dès la maternelle, puis allant crescendo en primaire et collège, a toujours été : lire des livres, réfléchir, me faire des films dans ma tête. La solitude (relative, car nous avons toujours la solidarité des rebus de la société qui fonctionne heureusement) n’a jamais été un problème, sinon que je n’ai développé d’aptitude à la conversation que dans ma tête, et peu avec autrui.

Tout cela vous fait forcément un bon élève, ou sans doute tout le contraire, mais pour moi c’était la première option. Et puis les choses s’améliorent car c’est vrai « It gets better« . C’est drôle comme la découverte de Marc-Aurèle à 17 ans m’avait encore plus affirmé dans cette culture de l’intérieur de soi, mais je suis malgré tout sorti de ma coquille à la fin du lycée et pour les études supérieures. Et là, ça a été un changement assez incroyable, en tout cas en apparence. Disons que le garçon solitaire est devenu un jeune homme qui parle beaucoup, à beaucoup de gens, toujours assez posément je crois, mais qui aime parler, et écrire (ce qui est la même chose pour moi), ça c’est sûr. Hu hu hu.

Et les amis sont arrivés dans ma vie, en même temps que la belle réalisation de l’homosexualité (Alléluia !), et l’arrivée sur Paris, et un épanouissement assez global sur tous les plans, et tout ça quoi. Mais la vie intérieure ne s’est pas tue pour autant, et j’ai surtout découvert que cette construction itérative de soi m’a tout de même laissé avec quelques incapacités. (Oui je viens au sujet de l’article !)

C’est en jouant au loup-garou avec des potes, il y a une vingtaine d’années, que j’ai compris : je ne peux pas mentir. Mais au-delà de cela, je ne peux pas « bluffer » c’est exactement le terme en plus. Je suis incapable d’incarner un autre que moi, et de pipoter avec crédibilité. Dès que j’essaie, j’ai un truc qui monte en moi terrible, et je dois soit rire, soit je plonge dans une insondable détresse. Tout le monde me regardait comme si j’étais dingue bien sûr, et c’est devenu un vrai truc chez les potes « Ah oui Mathieu ne peut pas jouer« . Et c’est vrai que les jeux, j’ai du mal, surtout quand on doit avoir une action qui nuit aux autres. Je ne peux pas non plus faire du mal aux gens. Je n’y arrive pas, et même dans un jeu, surtout en « jouant le truc » bah j’aime pas ça. Et je vois bien que c’est carrément une névrose hein, un vrai truc « dur » et psy bien bien enfoui en moi.

Un autre truc très surprenant qui était arrivé alors qu’on préparait notre mariage, c’est qu’on voulait faire une entrée sur une musique et faire une petite chorégraphie. Notre copine Marie nous aidait pour cela, et j’ai fait un blocage complètement dingue, et je ne m’y attendais pas du tout. Je n’ai absolument pas pu me mettre ainsi en scène et en mouvement. Je peux parler, je peux faire un discours, je peux me projeter mentalement, mais physiquement c’est parfois impossible.

Bon, ce sont des handicaps qui soit se surmontent soit s’acceptent, et se contournent. Mais on ne sort jamais complètement indemne de son cheminement, et on a tous nos névroses bien sagement acquises durant notre ascension. Mais vous le saurez, je ne bluffe jamais. Hu hu hu.

PS : J’ai déjà écrit sur le sujet là et là, de manière plus ou moins précise, mais ça se recoupe bien (ouf ^^ ).

Une réflexion sur « Bluffer »

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