Nan mais, on ne pouvait pas traduire le titre en français là tout de même ? Vraiment je ne comprends rien à ces imprécations marketing ! Le Mandalorien et Grogu, ce n’était pas compliqué, si ? Je n’avais pas été très convaincu par la série éponyme (qui n’avait pas été traduite non plus, donc ceci explique sans doute cela, grumpfff), mais comme tout le monde j’avais vraiment aimé l’idée des personnages : à la fois le mandalorien et surtout le fameux bébé Yoda, et le duo improbable formé par les deux compères.
Et même si on pouvait saluer de bonnes scènes d’action, de belles images, des références pour les fans de l’univers, là où ça clochait sérieusement c’était dans l’écriture. J’ai tenu deux saisons mais pas au-délà, mais de toute façon ce n’est pas grave puisque ce mème résume parfaitement la mécanique mise en œuvre.

Et comme la série est écrite et réalisée par Jon Favreau, et que c’est la même chose pour ce film… Eh bien oui, même combat donc, vous avez là un gros épisode du Mandalorien. C’est assez beau (même si je vais évoquer certaines limites), l’action est soutenue et divertissante, les personnages sont géniaux et attachants, mais l’histoire est minable et la narration souffreteuse. Mais je ne boude pas non plus mon plaisir, car il y avait une possibilité que je trouve ça super nul. Et pas du tout, malgré mes critiques, je précise que ce n’est pas mal du tout. Le film se regarde bien, on prend du plaisir, on ne s’ennuie pas, et on profite des petits côtés charmants du long-métrage.
Là où le bât blesse sérieusement selon moi c’est sur la qualité des images de synthèses (CGI). J’y vois vraiment le syndrome « Attaque des clones » avec des bestioles en 3D beaucoup trop lisses et fluides, et des décors à peine potables pour figurer dans des jeux vidéos d’il y a quelques années. C’est dommage car le film est plein de contrastes à de niveau, certaines images sont ok, et d’autres carrément indigentes. Je ne sais pas si ça a un lien avec le fait de le proposer en version 3D (je l’ai vu en 2D), et que les fonds sont un peu flous pour cela, mais vraiment certains plans sont dégueulasses.
Et cela contraste aussi avec le choix très cool et positif d’avoir animé Grogu et les Anzellans (des bestioles du type Babu Frik qu’on avait connu dans l’épisode 9) avec des animatroniques et des marionnettes (et bien sûr quelques CGI en plus). Il n’y a pas à dire, cela fonctionne toujours très bien quand on filme des intéractions entre des gens et des trucs *physiquement présents*. On retrouve avec ces petits pantins un aspect Dark Crystal qui fonctionne à la perfection. En plus de cela, les Anzellans apportent un humour très sympa, et cela coche une case importante d’un film estampillé Star Wars.
Les scènes avec Sigourney Weaver en revanche, et globalement l’approche narrative avec la Nouvelle République, sont très mauvaises, et elles auraient pu être coupées au montage sans rien entamer au film (ce qui est un problème en soi). D’ailleurs Sigourney a franchement l’air de s’ennuyer, on dirait presque une interview avec Isabelle Huppert (c’est dire
) lorsqu’elle est en interaction avec Pedro Pascal (qui fait le job…). Et d’ailleurs les pilotes en X-Wings sont tous des boomers fatigués et lymphatiques, je me suis presque demandé si ce n’était pas une blague « méta » en tant que telle.
Ce qui fonctionne aussi très bien, contre toute attente car c’était super casse-gueule, c’est le personnage de Rotta, le fils de Jabba, car il arrive à être touchant, sans que ce soit ridicule, et l’animation des Hutts est globalement très réussie et percutante.
Donc c’est un gros épisode du Mandalorien. On lui demande un truc, pour cela il doit obtenir une info, donc on lui demande de faire une mission secondaire, il s’exécute et il y a un hic, mais tout est cousu de fil blanc et ça se passe plutôt bien car, comme Hannibal Smith, Din Djarin adore qu’un plan se déroule sans accroc. Et ce n’est pas trop grave car Bébé Yoda est mignon, les Anzellans sont drôle, le Mandalorien est bourru mais touchant et dit « This is the way », et une scène présente un combat dans une arène qui ressemble trait pour trait à une partie d’échec 3D avec Chewbacca (qu’on appelle Dejarik). C’est pour moi l’Easter egg ultime du film et tellement habile (car on retrouve le plateau de jeu, mais aussi les monstres !) qu’il a fait ma petite satisfaction de nerd Star Wars circa 1977.
On est évidemment pas dans l’excellence d’un Rogue One ou sa série Andor, mais au moins c’est chouette, divertissant et ça se regarde !


C’est (surtout) 4 épisodes d’une saison qui ne sortira pas et remontés pour faire croire à un seul long métrage, comme dans les années 70.
Le pire : tout le monde s’en branle. Un Star Wars sort et tout le monde s’en branle. Faut dire que depuis Rogue One, ce chef d’oeuvre, ils ont tout fait pour nous en dégouter. Un cas d’école.
C’est sans doute le plus gros ratage de Disney en effet !! Ah je ne savais pas que c’était en tout cas ce stratagème par rapport à une saison avortée, mais donc cela ne m’étonne pas au vu de l’écriture médiocre du truc.
Mais c’est plaisant, c’est déjà ça !