Le côté uniforme et charmant de Dubrovnik vient vraiment de ces monuments aux architectures assez homogènes, même si on croise antique, médiéval, Renaissance et baroque à tous les coins de rue. Mais on sent bien que le séisme du 6 avril 1667 a foutu un peu tout par terre, et on est dans une ville qui respire le Baroque selon moi !! La ville est connu pour son panorama dramatique vu depuis les hauteurs ou ses impressionnants remparts, mais c’est une cité vraiment aussi très agréable à découvrir à pied dans son entrelac de rues anciennes. Sa rue principale et la fontaine d’Onofrio sont l’entrée classique, et cela fait penser à Split, mais ça s’arrête là, car on ne retrouve vraiment pas le caractère antique de l’ancien palais de Dioclétien.


On est rapidement dans des petites rues pavées toutes mignonnes, et parfois avec des escaliers qui grimpe avec un dénivelé inhumain.

Bon, sinon, la visite pour moi c’est « où sont les églises !!!? ». Et puis après, c’est « où sont les musées !!? ». Pour les églises, je n’ai pas été complètement ébahi, mais ok c’est du chouette baroque avec des belles architectures de cette époque, mais l’intérieur des monument est souvent décevant. C’était le cas avec l’église Saint-Blaise qui montre une magnifique façade, mais l’intérieur m’a paru assez peu notable. Saint Blaise est un martyr arménien qui est le Saint Patron de Dubrovnik, donc on en trouve des représentations un peu partout, et il porte en général une miniature des remparts de la ville.


La Cathédrale de l’Assomption-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie de Dubrovnik (à tes souhaits !) est vraiment un très beau bâtiment, et on en a eu une belle vue depuis le Palais du Recteur voisin, mais pareil l’intérieur n’a rien de spécial…

En revanche, on a vraiment bien aimé l’église Saint Ignace de Loyolo un peu plus haut, c’est l’église dont l’escalier attenant est celui qui a servi pour le tournage de la fameuse scène du « Shame, shame » de Cersei. Encore une belle façade baroque très majestueuse et harmonieuse.

Et là l’intérieur m’a bien tapé dans l’œil, je trouve le décor vraiment beau, et il y avait une belle atmosphère.

Et le fameux escalier… Comme vous voyez, c’est absolument désert.


Et pour tout vous dire les musées, ça ne casse pas non plus trois pattes à un canard. Mais bon la plupart des visites se font avec le Dubrovnik Pass qui comprend les entrées et les transports publics. Et donc en considérant tout cela, on n’a au moins pas l’impression de s’être fait arnaquer, même si les visites sont parfois un intérêt culturel un peu contrastées (mais en tant que français, et idem pour les italiens ou les espagnols j’imagine, on a un tel patrimoine à la maison, qu’on est un peu difficile ou facilement blasé).
Le Palais du Recteur est un superbe bâtiment qui abritait donc le pouvoir local lorsque Dubrovnik était la « République de Raguse ». On retrouve d’ailleurs un peu je trouve de la superbe d’un palais vénitien (en plus provincial LAULE !), et c’est un musée assez sympathique, même s’il vaut surtout pour son architecture propre. Il y a un petit côté Musée Dobrée avec des collections disparates mais valant le coup d’œil, et quelques curiosités comme des coffres-forts aux serrures subtilement ouvragées.



Mais alors, ce n’est pas le lieu pour découvrir des peintures à s’en décrocher la mâchoire, ou alors pas dans le bon sens du terme. Parce que tout de même, aurait-on l’idée d’afficher ces choses dans un musée ?


Hu hu hu.
La palme de l’inutilité muséale est attribuée au musée archéologique avec deux salles qui proposent des bouts d’anciennes églises. Je ne plaisante pas, le clou de l’exposition c’est ça :

Bon voilà quoi… Le Monastère franciscain valait un peu plus le coup avec son très beau cloitre et jardin intérieur, et une pharmacie ouverte depuis 1317 encore en activité !



Il y a des tas de visites Game of Thrones, et c’est vrai que l’on reconnaît aisément des tas de lieux, depuis les remparts, certaines rues, le vieux port ou comme ces escaliers.

Finalement, le lieu qui a vraiment retenu notre attention est le plus inattendu : le War Photo Limited. C’est un lieu privé (non inclus dans le Pass) qui présente une très belle collection de photojournalisme de guerre. Dubrovnik rappelle couramment qu’entre 1991 et 2001, il y a eu un énormes conflits entre les 6 nations qui constituaient la Yougoslavie, et ce petit musée l’expose et l’illustre via les photojournalistes qui ont œuvré pour documenter ces conflits meurtriers.




La collection principale est une série sublime de Zoran Filipović qui se focalise sur Dubrovnik et les affrontements de la Serbie sur la Croatie entre 1992 et 1995. Il y a des photos insoutenables, et c’est troublant car certaines sont d’une incroyable beauté tout en documentant une guerre aux exactions terribles. Et c’était « avant-hier » à notre échelle historique bien sûr… L’étage supérieur s’étend aux autres conflits et autres photographes, et c’est fascinant de découvrir ces travaux qui se passent partout dans le monde, et ont ce triste point commun de la guerre qui détruit le monde et les gens. La visite se fait avec un guide papier qui propose des histoires, anecdotes ou renseignements sur les gens photographiés (témoignages des photographes), ce qui rend la découverte encore plus prégnante et touchante.
Alors c’est déprimant et magnifique, et à pleurer à certains moments, mais c’était vraiment le lieu à visiter le plus intéressant pour moi.

J’ai lu des récits de militaires canadiens ayant passé du temps là-bas pendant cette guerre horrible et c’était difficile à lire
J’imagine que le musée n’était pas joyeux non plus!
Je ne te lis pas depuis assez longtemps pour savoir si tu as fait exprès d’écrire « Saint-Ignace de Loyolo » mais sache que ça me fait beaucoup rire :D
Et je crois que j’aurais été hyper contente et impressionnée de voir l’escalier de la walk of shame !