Bécassine et les hommes-insectes

Je passe mon regard dessus très souvent, mais je le remarque presque plus tant c’est une pièce classique de la cuisine. Une pièce, que dis-je, une ŒUVRE D’ART !! Vous avez peut-être l’équivalent dans vos cuisines, un espèce de fourre-tout pour ranger des torchons, tabliers, sacs de course ou de poubelle etc. Mais là, c’est un truc que j’ai fait il y a 45 ans en maternelle pour la fête des mères. Hu hu hu.

Mazette oui, 45 ans !! En seconde année de maternelle, on en faisait des jolies choses. D’ailleurs c’est un des meilleurs souvenirs d’enfance de l’école pour moi, les cadeaux de fêtes des mères et pères qu’on fabrique et décore soi-même. Ma maman a évidemment tout conservé et précieusement archivé : les *jolies* cartes avec des poèmes mièvres, les peintures en pâtes et graines, les paniers tressés, les galets peinturlurés, les cendriers personnalisés, les empreintes de mini-mains etc. J’étais tout le temps hyper fier et content de pouvoir offrir ces trucs de bric et de broc mais fait avec un incommensurable amour pour Môman (pour Pôpa, c’était plus neutre, je suis un fier et farouche fils à maman ^^ ).

C’est quand j’ai emménagé à Paris, en 1998, que j’ai retrouvé ça par hasard chez mes parents, bien rangé dans un tiroir. Et je me suis dit mais trop bien, il n’est que temps que cette œuvre d’art rejoigne mes pénates ! Car elle avait été boudée par mes parents, mais cela lui a au moins conféré un état de conservation assez exceptionnel pour 45 années d’existence.

Je me rappelle super bien le processus de confection qui avait principalement consisté à dessiner les motifs des trois poches. Ensuite, il fallait reporter cela sur les carrés de tissus verts, puis coudre avec de la laine coloré les traits. Comme un bon maestro, j’avais des disciples pour réaliser la besogne au-delà de l’idée créatrice initiale fulgurante. Car à 4 ans, c’était déjà beaucoup demander que de réussir à faire un dessin complet. Mais je me souviens que j’avais retrouvé un jour les gabarits avec mes contours tout faits, et que j’avais fait quelques points avec la laine rouge pour le cheval en bas. Mais je crois que ça n’était pas allé beaucoup plus loin. Néanmoins grâce à la magie de l’Education Nationale (et surtout des instits adorables), j’ai eu un super truc fini pour la fête des mères !!

Nous retrouvons là trois grandes passions matooïennes dans les motifs choisis. Commençons par le soleil, une de mes grandes spécialités de l’époque. J’ai commencé comme pas mal de gens par des soleils en coin d’une page A4 format paysage, mais j’ai vite évolué vers des soleils immensément joviaux et centraux de mes œuvres. C’était vraiment mon truc, et il faut noter le maxi-sourire, et des yeux qui distinguaient vraiment la pupille et le reste de l’œil. De là à dire que Takashi Murakami s’est inspiré de moi pour ses célèbres fleurs, évidemment je ne peux pas le certifier, mais certains critiques le pensent sérieusement. ^^

Le cheval est aussi un des totems de l’enfance, car je vous l’avoue tout de go, j’étais très fan de Yakari et surtout de Petit-Tonnerre. Donc ne faites pas comme mon mari qui naïvement a cru que c’était un lama des Andes ou un chien. Non c’est Petit-Tonnerre qui court dans les herbes des plaines sauvages de l’Ouest Américain. (En vrai, mon personnage préféré c’était le grand et sage pygargue à tête blanche, mais je n’ai jamais vraiment réussi à le dessiner, ça restera mon immense déception de mes capacités artistiques.)

Et enfin, parce que c’est ma grande fierté, sur la poche centrale, nous trouvons une célèbre représentation qui me tenait beaucoup à cœur. Car en plus des soleils et de Yakari, il y avait aussi dans ma vie : Bécassine. J’étais complètement dingue de ce personnage, je ne sais pas pourquoi. Et donc je n’ai pas représenté la Laitière de Vermeer ou la Princesse Léia blanchie par les ans, non il s’agit de ma plus belle interprétation de mon héroïne : Bécassine. Et à côté c’est juste un bonhomme pour l’équilibre de la composition, et pour lui servir de faire-valoir. A cette époque, c’était l’unique manière dont je savais représenter les gens : des sortes d’hommes-insectes avec deux gros yeux qui sortent d’un corps ovoïde, des bâtons pour les bras et jambes et des cercles approximatifs en guise de mains.

Et donc même si mon mari me propose régulièrement de foutre cette merde à la poubelle [sic], sachez que ce sera OVER MY DEAD BODY!!!!!

3 réflexions au sujet de « Bécassine et les hommes-insectes »

  1. Mais il est parfait ce machin à torchons et autres trucs utiles ! (Je devrais m’en faire un, dire à mon mari que c’est une création d’enfance à forte valeur sentimentale et le lui imposer à la maison :sourire: Il en ferait une jaunisse :rire: :rire: :rire:)

    Faut que je demande à ma mère si elle a encore mes créations d’enfance quelque part :) Doit bien y avoir une ou deux oeuvres naïves que je kifferais de mettre à la maison !

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