Dans la liste des choses que j’aime et dont je fais régulièrement, mais parcimonieusement, la liste en ces colonnes, il y a les trucs et machins répétitifs. C’est marrant car c’est ce qui lie, en musique notamment, des choses drôlement différentes, mais qui pourtant me touchent pareillement. J’aime autant l’électro minimaliste et répétitive par essence (j’ai parlé de NTO avec Sofiane Pamart mais en ce moment c’est Birrd, un français génial), que mon cher Philip Glass dont j’ai tant parlé ici ou un indispensable Max Richter, mais aussi les pianistes minimalistes classiques dont la vogue actuelle est très vive. J’écoute beaucoup de Ludovico Einaudi ou Fabrizzio Patterlini chez les italiens (qui sont assez friands du genre apparemment), et nous avons en France l’excellent Maxence Cyrin qui est dans mes préférés aussi.
Mais j’ai récemment été touché par deux titres qui sont arrivés coup sur coup sur de nouveaux albums, et qui ont fait mouche à la première écoute. Il y a Moby qui a sorti un album (Future quiet) aussi parfait que les autres, et je l’écoute en boucle depuis quelques semaines. Et ce morceau Retreat est un bonheur de répétitions et d’une patte sonore « Moby » qui en font un monument de ce que j’adore en musique.
J’ai été plus surpris par le dernier opus du pianiste Riopy (d’origine française, naturalisé britannique), dont j’aime beaucoup l’instinct du compositeur autodidacte, qui crée des morceaux particulièrement touchants et sensibles. Mais le premier morceau est une ode répétitive qui ne lui ressemble que peu, et qui m’a tout de suite tapé dans l’oreille.
J’ai lu ce témoignage du pianiste à propos du morceau, et ça a énormément fait écho à ce que j’aime dans ces boucles itératives, ces nappes hypnotiques et chants/champs de fractales…
“I started with one simple idea and recorded it on the Spirio. Then I played over it, again and again, layering pianos until there were many voices. It felt like a conversation with myself – playful, rhythmic, sometimes almost like a video game – each part calling and answering the other,”
Et puis en ce moment, vous avez sur ARTE TV, qui est un des trucs les plus géniaux de l’Univers Connu avec les podcasts Radio France, un show extraordinaire de Vanessa Wagner (que j’avais eu le privilège d’écouter à la gare de Nantes) qui joue les études pour piano de Philip Glass. Il y a en même temps, et remarquablement filmé, des danseurs et danseuses, et aussi des illuminations de la même compagnie qui avait contribué à une démonstration de force lumineuse à Graslin pour le festival Scopitone.
Nan mais tout ça gratos quoi ! Vive le service public.
