The furious

3.5 out of 5.0 stars

Bon là, je recommande ce film mais c’est vraiment pour les amateurs, car contre toute attente je suis féru de films de Wushu, souvent originaires de Hong-Kong mais pas que, qui sont principalement des films de baston avec un scénario qui tient sur un timbre-poste. Et là celui-ci a eu particulièrement bonne presse, et c’est compréhensible, car c’est un film qui renoue vraiment avec les codes originaux du genre.

Il est dans son histoire d’un classique absolument académique puisque, l’action est vaguement située dans un pays du sud est asiatique, le héros : un immigré chinois muet (Xie Mao), un petit bonhomme sympathique, discret, travailleur et humble, se retrouve embringué dans une vendetta contre des trafiquants d’enfants quand sa petite fille se fait enlever en pleine rue. Pour rechercher sa fille, il déploie tout son talent en arts martiaux chinois, et il lutte seul contre une pègre avec plusieurs dizaines de bandits plus ou moins doués en Wushu (Kung fu ou boxe chinoise). Dans cette dangereuse quête, il est rapidement rejoint par le mari (Joe Taslim) d’une journaliste qui a disparu, alors qu’elle enquêtait sur ces disparitions et soupçonnait une corruption policière.

On a donc plutôt un duo de héros qui est drôle car il présente le héros traditionnel du film de wushu avec le chinois Xie Mao : le petit chinois prolétaire qui s’entraîne à la boxe chinoise avec des bouts de bois. Et on lui adjoint Joe Taslim, qui est indonésien (chinois d’Indonésie), un beau gosse prolixe et cogneur qui fait plus penser aux héros plus modernes comme Jackie Chan. Cela donne un bon équilibre à leur style de combat, et à la manière dont le film distille la narration. Xie Mao renoue vraiment avec le style d’un Bruce Lee ou Tony Jaa. J’ai donc pensé à Ong-Bak avec aussi une crevette à la musculature bien sèche qui s’envoie des armoires à glace en deux temps trois mouvements. Mais là, on est dans un film honkongais moderne, donc ça se bastonne pendant de longues minutes, et ce n’est pas une sinécure pour les héros qui s’en prennent plein la tronche.

C’est très violent, et le scénario se base sur du trafic d’enfants, donc ce n’est pas du tout une romance, mais c’est tellement outrancier dans le jeu, les combats ou les péripéties que ce n’est pas trop choquant ou éprouvant à regarder. On profite de combats à la chorégraphie redoutable, vraiment une virtuosité en la matière, et une caméra qui sait exactement comment rendre cela le plus impressionnant possible. Après comme dans tous ces films, et à l’instar d’un Kill-Bill, c’est de la surenchère permanente avec des bagarres improbables où on se remet d’un couteau planté dans la colonne vertébrale, et où un type peut étaler trente bonhommes. Mais c’est l’esprit de Bruce Lee et on pourrait aisément imaginer la panthère noire de René Château qui rode. ^^

Bon là où ça devient vraiment trop grand-guignolesque c’est sur la fin, avec des combats qui vraiment sont beaucoup trop longs, et surtout deviennent surréalistes et donc drôles. C’est dommage, car le film verse vraiment dans le n’importe quoi, alors qu’il se tenait plutôt bien avant, mais le méchant psychopathe qui tue en arrachant la jugulaire avec les dents, ou le grand méchant débile indestructible qui ne meurt jamais et finit toujours par réapparaître, c’était vraiment « too much ». Il y a juste du sang qui gicle et du raisiné à gogo, des morceaux de corps déchirés qui jonchent le sol, et ça ne s’arrête jamais !!!

J’ai trouvé des échos avec un immense classique de Bruce Lee qui est le « Big Boss » de 1971, où Bruce Lee est aussi un immigré chinois en Thaïlande, et qui travaille dans une usine de pains de glace. Il y a toute une scène du film avec ces mêmes pains de glace, et les méchants y congèlent des ennemis (dans Big Boss c’était surtout pour cacher de la drogue). Je me suis demandé si la référence était vraiment voulue ou juste un hasard.

Donc voilà pour un bon film d’actions dans la veine des films de wushu hongkongais avec des combats de très bon niveau, et une belle production, ça vaut vraiment le coup. Il faut juste savoir que la fin se barre un peu en couilles, mais au moins on rigole quoi. ^^

2 réflexions au sujet de « The furious »

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