On devait faire la Pride parisienne cette année, mais la chaleur nous a fait renoncer, et puis au final on a bien fait puisque la marche de Paris est annulée (ou reportée). Et comme celle de Lorient, comme l’année dernière, est le même jour, on a tenté notre chance dans la capitale du Morbihan ! Mais bon, c’est une marche un peu en demi-teinte. Je ne l’avais pas évoqué l’année dernière, car je voulais plutôt voir le côté verre à moitié plein, mais comme ça se reproduit cette année de manière identique, force est de constater que n’est pas une très bonne marche (pour moi).

On voit bien que c’est un événement organisé par des militants un peu furieux et c’est ce qui transparaît dans l’atmosphère de la marche, c’est très très politique et radical et énervé. Habituellement, j’aime plutôt ça car ça parle à ma fibre militante qui ne refuse pas une marche politisée et engagée. Mais forcément, le revers de la médaille, c’est une Pride à l’organisation floue, à la logistique hésitante, et qui rassemble à peu près autant que la Pride du vignoble nantais, mais la bonne humeur en moins (il devait y avoir 200 personnes je pense pour la marche).
Après, je ne boude pas mon plaisir, et c’est un rassemblement très jeune et militant de tous les horizons. Il y a aussi un village associatif plutôt dynamique, et que je trouve finalement plus intéressant que la marche, en tant que telle (ce qui est vraiment rare).




Après, il y avait un petit atelier pancarte très cool, qu’on trouve maintenant de manière assez systématique dans les Prides. J’aime beaucoup ce moment où on peut trouver des pinceaux, de la peintures, des cartons, et pouvoir se concocter sa pancarte.


C’est mieux en tout cas que cette personne qui passait avec des pancartes toutes faites pour les proposer aux gens. Cela serait parfait si elle précisait qu’il s’agissait de pancartes LFI, ce qui n’était absolument pas explicitement exprimé. Et ainsi toute la marche était à l’effigie de LFI, qui a au moins le mérite de s’afficher d’ailleurs comme un parti engagé pour les droits des queers, mais avec ce genre de stratagème, que je trouve vraiment peu élégant et manquant de probité.

Mention spéciale pour cette ingé-queer dont j’ai adoré le look et la pancarte.


Et les toujours olibrius des marches qui sont les éléments indispensables à une Pride diverse et qui interroge sur le quotidien des gens extra-ordinaires.

Mais c’est dommage que cette marche perde un peu de l’esprit de fête qui prévaut à ces événements. Ce qui est chouette aussi c’est de marcher en dansant avec de la bonne musique et tout le spectre LGBT qui se retrouve derrière ses bannières dans la joie et la bonne humeur. Mais bon je sais que c’est une alchimie complexe à mettre en place, et je n’ai pas de leçon à donner à ces bénévoles qui ont déjà sans doute travaillé d’arrache-pied pour réaliser cette Pride. Mais bon, celle-ci n’est juste peut-être pas pour moi !






C’est vrai que l’on ne ressent pas la bonne humeur et l’exubérance des Parisiens ! Bon c’est une expérience sympa quand même.
Oui c’est toujours sympa des rassemblements comme cela !!
Quelle est la signification du drapeau de tes deux avant-dernières photos ? Les bandes inclinées, le cercle noir ?
Si tu te rappelles de mon article qui parle des drapeaux LGBT justement, tu vois que c’est le drapeau LGBT inclusif de dernière génération : drapeau originel + bandes pour les racisés + celles des trans + rond des intersexes. Et là c’est encore plus local avec un mix bretonnant.
Heureusement qu’il y avait des affiches partout qui demandaient de ne pas poster des photos de personnes sans leur consentement. Et c’était pas sur de trouver l’info qu’il y avait 1500 personnes à cette pride.
Jess est un peu vif dans son propos, mais je me souviens qu’à Quimper, il y avait eu une annonce rappelant le droit à l’image, parce que toutes les personnes présentes n’avaient peut-être pas fait leur coming out ou pas envie d’être reconnues par un patron ou une collègue. Je m’interroge toujours, quand tu publies des photos de manifestant·es…
Quant aux pancartes, sur celles de l’ingé-queer on voit tout de même très nettement le ɸ de LFI… la chaleur te ferait-elle perdre tes moyens?
Je comprends. Mais je ne suis pas d’accord avec ce droit à l’image pour une manifestation publique. C’est justement pour de la visibilité que cela existe. Et donc il ne faut pas prendre de photos ou demander à toutes les personnes présentes ? Donc pas de photo quoi. Et d’ailleurs c’est le cas. Il n’y en a pas.
Mais je comprends aussi ce dilemme et j’ai conscience ce droit à a l’image potentiellement bafoué, donc ça m’interroge aussi malgré tout.
Pour les affiches LFI, je me suis peut-être mal exprimé. Je n’ai rien contre les pancartes LFI, et d’ailleurs c’est le parti dont je suis clairement le plus proche aujourd’hui. J’ai simplement dénoncé un procédé spécieux consistant à refourguer des pancartes LFI à des gens sans le dire explicitement. J’avais écrit ça de travers ?
Pareil (pardon) je pense que les temps ont changé et qu’il faut à minima flouter les visages, j’allais te le dire sur le dernier post.
Pour le reste, depuis qu’on m’a dit qu’en tant homme blanc cis je devais aller en queue de cortège avec tous les alliés, j’ai dit que c’était la dernière fois. Du grand n’importe quoi.
Lol
Mais je comprends notamment le droit à l’image, l’usage malveillant possible pour de la surveillance de masse, mais il me semble que les Prides justement devraient échapper à ça car c’est leur utilité. La fierté passe par des visages non floutés il me semble. Et je peux me tromper et je vais peut-être me mettre à tout flouter, mais pour le moment je persiste et signe.
Hello, l’un·e des 1500 participant·es à la marche d’hier nous a alerté et nous nous sentons en devoir de nous exprimer sur ton article.
Chacun·e ses opinions sur la Pride et tu es en droit de les exprimer (et de vérifier tes chiffres avant de publier par ailleurs). Par contre là où on a un souci, c’est que comme plusieurs personnes te l’ont gentiment fait remarquer, en 2026 on ne publie pas sans leur consentement des photos de personnes identifiables à une manif sans flouter les visages. Ce n’est pas une décision qui te revient, il s’agit du cadre légal (article 9 du Code Civil) : ces personnes ne t’ont pas donné leur autorisation, et en plus certain·es d’entre elleux ont moins de 18 ans et n’ont donc pas la capacité juridique de donner leur consentement.
Depuis la première édition de la Pride de Lorient, on communique sur nos réseaux sociaux la nécessité de respecter la vie privée des participant·es de la Pride, pour garantir au mieux que chacun·e se sente en sécurité sur le village asso et pendant la marche – on te renvoie à notre post dédié à l’accessibilité et aux règles de la Pride publié ce mois-ci sur Instagram et Facebook (@pridelorient).
Contrairement à ce que tu as répondu à l’un des commentaires, bien sûr que si il y a chaque année des photos du cortège publiées dans les journaux et sur nos réseaux : la seule situation où les visages ne sont pas floutés c’est sur l’avant du cortège, ou bien sur les chars.
Nous militons pour que la Pride de Lorient soit et reste un évènement safe auquel chaque personne peut se rendre en étant soi-même, ça passe par nos mesures pour protéger les personnes d’une diffusion inappropriée de leur image. Avec ton article, tes photos et les descriptions très précises que tu y associes, tu agis contre les valeurs que nous défendons.
En espérant pouvoir compter sur ta compréhension, nous te demandons de modifier ton article soit en floutant les visages soit en retirant les photos où les personnes sont identifiables.
Merci d’avance,
Le CPL