Fragile

Iwak c’est Inktober with a keyboard, donc tout le mois d’octobre : un article par jour avec un thème précis.

C’est un adjectif qu’on met à toutes les sauces, et c’est autant positif que négatif, que parfois laudateur ou péjoratif, et même ironique. On ne sait plus quoi en faire de la fragilité !! (Illustration d’en-tête par Penseur étoile évidemment.)

Pour moi, c’est une composante naturelle de quiconque, on est toustes fragiles sur des domaines différents, à des degrés différents, et c’est un qualificatif tellement subjectif et personnel, qu’il en devient très délicat et casse-gueule à manipuler. Il faut malgré tout aider les plus fragiles, il faut prendre en compte la fragilité des uns et des autres, il faut aussi rendre tout un chacun le plus autonome possible, tout en considérant qu’on est parfois dépendant d’autrui (et ce n’est pas grave), mais qu’on doit pouvoir faire des choix selon nos valeurs et participer aux décisions qui nous concernent.

J’aime comme la fragilité est devenu la hantise des masculinistes de tout poil, et donc le stigmate adoré des personnes qui revendiquent tout le contraire. Hu hu hu. Rien ne peut se vivre tranquillement de toute façon, tout est polarisé et doit être soit porté aux nues soit absolument conspué. La fragilité ne souffre, elle non plus, pas d’une quelconque nuance. Et comme c’est l’antithèse de mon premier paragraphe, je suis mal barré.

Et puis après tout, on est fragile par essence, et le tout c’est de l’être surtout le moins possible dans sa tête (mais c’est pas facile hein Icône d'une tête de chat qui a une attitude neutre mais donc narquoise).

Qu’est-ce que la durée de la vie de l’homme ? Un point. Sa substance ? Un écoulement. Sa sensibilité est confuse ; les parties qui composent son corps sont exposées à pourrir ; son âme est un tourbillon ; son destin est obscur, la renommée incertaine. En résumé, tout est vain ; le corps est une eau qui coule ; l’âme un songe, une fumée ; la vie n’est qu’une guerre, un séjour en pays étranger ; la gloire posthume, c’est l’oubli. Qu’est-ce qui peut donc nous conduire dans ce voyage ? La philosophie seule. Elle consiste à conserver notre génie intérieur exempt de tout affront et de toute souillure, supérieur aux plaisirs et aux peines ; à ne rien faire au hasard, à ne jamais mentir ni feindre ; à ne dépendre en rien de ce que les autres peuvent faire ou ne pas faire. Il faut, en outre, accepter ce qui nous arrive, la part qui nous est attribuée comme venant d’où nous sommes venus nous-mêmes. Surtout il faut attendre la mort avec sérénité, comme n’étant pas autre chose que la dissolution des éléments dont chaque être vivant est composé. Et s’il n’y a rien d’extraordinaire pour chacun de ces éléments dans leurs perpétuelles métamorphoses, pourquoi verrait-on d’un mauvais œil la métamorphose et la dissolution de leur tout ? Elle a lieu conformément à la nature, et rien de ce qui est conforme à la nature n’est mauvais.

Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle (Livre 2 – XVII)

Une réflexion sur « Fragile »

  1. C’est super rigolo (je trouve), on fait un truc type Inktober sur le wiktionnaire, qui s’appelle l’Illustrafond, et aujourd’hui pour le thème « fragile » j’ai illustré… masculiniste. Nous sommes sur la même longueur d’ondes !

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