Disclosure Day (Steven Spielberg)

2.5 out of 5.0 stars

Je suis un grand fan de Spielberg, parce que c’est un vrai cinéaste qui propose une narration et des codes cinématographiques qui font honneur à son métier. Tout en réussissant des films populaires et avec des effets spéciaux, il ne fait jamais l’impasse sur des plans géniaux, et une qualité formelle qui force le respect. Là j’en attendais beaucoup, d’autant plus que le « teasing » a été très long et intense, et on sait que c’est un film qui renoue avec les thèmes qu’il aime et maîtrise.

Mais donc le résultat est une déception, ou une appréciation très molle, parce qu’il y a trop de choses qui ne vont pas dans le film. Et d’abord c’est du côté de l’écriture, ça ne va pas du tout à plusieurs moments. Incohérences, intrigues bancales, morales en demi-teinte, on comprend parfois le propos mais en s’étonnant d’un message trop contradictoire et maladroit.

L’histoire c’est une fuite de données qui se révèle être une preuve flagrante que les extraterrestres existent, y compris Roswell (et littéralement de chez littéralement), et qu’une organisation paragouvernementale utilise certaines technologies tout en torturant des aliens. Celui qui fait sortir les données, Josh O’Connor, se révèle mêlé et lié aux extraterrestres bien au-delà quand il comprend Emiliy Blunt, présentatrice Météo, lorsqu’elle se met à parler E.T. staïle en direct à la télé. Les deux sont traqués par le méchant Colin Firth, qui utilise notamment des outils (volés aux petits gris) permettant de posséder de manière temporaire des personnes identifiées.

Bon, pourquoi pas hein ? Mais l’introduction à l’histoire met mille ans, et le film deux mille ans ! Autant le milieu est pas mal, et on est assez bien pris dans l’action, mais le début est poussif, et la fin n’a été pour moi que roulements d’yeux attristés. Et plein de trucs un peu bizarres, comme de caster trois comédiens anglais pour des rôles parfaitement américains, et même s’ils sont absolument brillants, surtout Emily Blunt d’une perfection bluffante, il y a un truc qui cloche. De même, pourquoi les effets spéciaux, notamment les images de synthèse, sont-ils aussi moches ? Cela paraît incompréhensible avec les moyens de Spielberg, et je ne vois pas quel style cela donne, sinon un côté CGI époque Minority report mais je ne vois pas pourquoi. Les animaux en images de synthèse ne sont pas crédibles, et même les grandes scènes d’action ne sont pas aussi bonnes qu’elles auraient dû l’être avec un tel réalisateur. C’est incompréhensible d’avoir ce flou ou ce grain sur des rendus numériques au cinéma.

Il y a pourtant un moment, où on est bien dans le film, car l’action est efficace, les personnages attachants, et on a de l’espoir qu’au moins la conclusion soit à la hauteur. Après cela ressemble tout de même à quelques épisodes de Sense8 avec des histoires d’empathie extrême et de capacités à posséder temporairement les gens. Mais ok, j’accepte le truc ! Sauf que cela ne va pas plus loin. On a une imagination très limitée autour des technologies aliens qui sont présentées comme une baguette magique avec maintes options, mais qui confinent au ridicule sur la fin. L’empathie extrême d’Emility Blunt lui permet de toucher les gens, mais la manière dont c’est montré n’est ni crédible ni convaincante, donc ça sonne faux et parfois vraiment grotesque. Pourtant il y avait de quoi montrer que nous sommes dans une société où les liens ont disparu, et elle pouvait incarner cela. Mais non, ça se termine avec toute la Terre sur son portable donc rien de nouveau.

Et là où Bugonia finissait par un pied de nez mais d’un ridicule qui faisait la nique aux complotistes, le film là se termine par le fait de prôner une certaine transparence des médias et des gouvernements, mais en utilisant une thématique complotiste éminente et en faisant des TONNES !!! Il en montre beaucoup trop, et ça continue, et ça continue, avec E.T. sur son fauteuil roulant à la fin, mais ARRÊTEZ !!!!! Du coup, cela ridiculise, pour moi en tout cas, complètement le film, alors qu’il y avait de la place pour des émotions « à la Spielberg » mais distillées autrement qu’en mode grandiloquent et pompier alors que le fond est naze.

Et pourtant Spielberg est là, et ça se voit, avec de très beaux plans, et encore une caméra qui sait montrer les choses et les personnes. On voit bien que c’est une grosse et belle production, et que sa maîtrise formelle est intacte. Mais non, le souci c’est sur le fond même !

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