Dune (1984) de David Lynch

J’ai la première fois évoqué le film de Lynch dans mon article de 2007 sur mon panthéon personnels des films, et Dune était dans une jolie seconde position. C’était donc avec une immense joie que je suis allé le découvrir au cinéma hier soir, et avec un encore plus grand bonheur que j’ai pu ainsi constater l’amélioration frappante de la qualité des images. Le film a été remastérisé à partir des négatifs et donc on a une vraie 4K « native » avec un étalonnage des couleurs vraiment très efficient.

C’est super émouvant de voir un film qu’on aime tant au cinéma, parce que c’est bien sûr le meilleur endroit pour voir des films, et encore plus à l’époque où les réalisateurs avaient bien cela en tête. Et donc le jeu en vaut la chandelle car le long métrage reste une fabuleuse adaptation des romans d’Herbert. Cette version permet même de rendre hommage à des vieux effets spéciaux et des décors qui tiennent encore carrément la route. Mais bien sûr, cela ne corrige pas les maquettes mal intégrées et les dispositifs branlants qui tiennent à un fil. Hu hu hu. En cela, les films de Villeneuve sont bien sûr la nouvelle référence, et à raison !

En revanche, sur le plan de la réalisation, la patte de Lynch est bien présente et quelle patte ! On a des plans magnifiques tout du long, et on profite vraiment de la créativité des décors, des costumes et des sublimes images fixes illustrant les différentes planètes ou les voyages spatiaux (je sais que c’est ce qui peut paraître un peu kitsch, mais sur grand écran, je trouve que ça rend particulièrement bien). Comme le film avait vraiment bien été travaillé pour créer un univers de Dune « non terrien », on n’est vraiment pas sur un stylisme année 80 (malgré la coiffure de Bobby Ewing de Kyle MacLachlan ou Pamela Ewing de sa mère post-Lady Jessica), et cela rend globalement la facture très intemporelle et donc actuelle (surtout en comparaison des versions de Villeneuve ou de la série Dune Prophecy).

J’aime surtout toujours autant l’incarnation des personnages, et le fait qu’on ait des interprétations hautes en couleur et marquantes. Par exemple, la révérende Mère Helen Gaius Mohiam ou le Baron Harkonnen sont vraiment, selon moi, beaucoup mieux campés dans cette version de 84. Le baron c’est le personnage lynchien par excellence, absolument dégueulasse et qui donne sérieusement la nausée autant physiquement que par ses actions. Je trouve que c’est tellement raccord avec le personnage des romans !

Bref, cela se revoit avec une immense satisfaction, et même si j’imagine que ça peut être une déception, ou une version kitsch, pour ceux qui y vont en pure découverte, je crois qu’on peut y trouver encore aujourd’hui bien des qualités formelles et informelles. Néanmoins, certains rôles sont beaucoup plus intéressants dans la version de Villeneuve comme Chani, Jessica ou Irulan (et les femmes globalement, reflétant probablement aussi une adaptation à plus de quarante ans d’écart).

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