Illustration d'Allan Barte

Fracture

Iwak c’est Inktober with a keyboard, donc tout le mois d’octobre : un article par jour avec un thème précis.

Évidemment, comment vous parler d’autres choses en ce moment ? Il y a quelques jours je parlais opportunément de « confus » pour appuyer mon ébahissement face au malaise de notre société. Mais aujourd’hui, on peut vraiment parler d’une fracture béante et entérinée. Après des manifestations qui tournent à la fois au saccage, mais aussi des méthodes policières inadmissibles qui ne mettent que le feu aux poudres, les conclusions du gouvernement sont de dire qu’il entend le malaise et donc on interdit les manifestations ou au pire on les reporte dans des zones sans commerce.

Et donc fracture oui, immense fracture, car manifester est un droit essentiel, et il doit être facilité et encouragé par tous les gouvernements. Là ils font exprès de faire peur aux gens, et ça ne fait que casser encore plus le lien avec les institutions. Et ce mélange de revendications qui vient encore rendre le truc plus illisible qu’il n’était. C’est vraiment une poudrière ce machin, et on ne va pas s’en sortir comme ça.

Est-ce que c’est encore du billard à trois bandes pour essayer de décrédibiliser les extrêmes, et finir par tirer son épingle ? Je n’arrive pas à y croire, mais je me dis de plus en plus que tout est possible. En tout cas, ces décisions de haut niveau prises en dépit du bon sens, et qui bafouent nos valeurs démocratiques, font que notre pays dérive vers l’autoritarisme et en tout cas un tout sécuritaire très inquiétant. Hier au-dessus du centre ville de Rennes c’était hélicoptère et blindés de gendarmerie près de République. C’était juste flippant et complètement disproportionné, et je ne peux m’empêcher d’y voir une manipulation politicarde.

J’ai au moins eu quelque espoir en voyant le monde dans les manifestations parisiennes sur les maréchaux, un lieu plutôt inhabituel mais qui n’a pas rebuté les gens, et je me dis qu’il ne faut vraiment pas que les mouvements sociaux se voient refroidis par une peur de sortir revendiquer dans la rue. Dans la rue ou dans les urnes, ce sont des pratiques complémentaires d’une démocratie saine, vivace et vivante.

PS: Illustration d’Allan Barte (source).

3 réflexions au sujet de « Fracture »

  1. Le coup de pousser la manif sur les Maréchaux, ça m’a donné envie que l’ensemble de ces boulevards qui ceinturent Paris puissent être des lieux où venir marcher avec des pancartes de revendications seraient un droit permanent. On s’y regrouperait selon la zone d’où l’on vient, nombreux ou pas, quelle que soit la journée et on marcherait, revendications affichées.

    1. Tu penses que c’est plus juste même si je l’accordais avec le gouvernement ? 🤔
      (Mais je suis d’accord sur l’horrible « entent » corrigé en « entend ». lol)

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