Je lis avec grande attention cet article de Fred qui collecte et compile les cas de rémissions du VIH. Vraiment je découvre, car je ne savais même pas qu’on avait des cas officiels de rémission, et surtout je n’avais pas prêté attention à ce curieux mot de CCR5 delta 32 ou CCR5-Δ32. Je comprends donc que l’ensemble des cas de rémission est lié à une mutation d’un gène d’une protéine de la surface des leucocytes qu’on appelle CCR5.
Le VIH via la protéine d’enveloppe virale gp120 se fixe d’abord au CD4, présent notamment à la surface des lymphocytes T CD4+, mais aussi de macrophages et de cellules dendritiques. Cette première liaison modifie la conformation de gp120 et permet ensuite sa fixation à un corécepteur de chimiokine : CCR5 pour les virus dits R5-tropes, CXCR4 pour les virus dits X4-tropes, mais certains variants peuvent utiliser l’un ou l’autre.
Le schéma ci-dessus illustre cela. On voit le VIH qui avec CD4 et CCR5 arrive à pénétrer dans une cellule. Mais dans le cas de personnes avec cette fameuse mutation CCR5 delta 32, il devient impossible (ou sans doute beaucoup plus difficile) de s’introduire dans la cellule, et donc de littéralement infecter la personne. C’est qui explique que ces mutants (
) soient immunisées contre le VIH, et que dans le cas de don de moëlle ou de cellules souches de ces gens là, on ait pu assister à des rémissions apparentes. Mais donc tout cela modulo le type de virus et la capacité à choper cette mutation…
Et ce n’est pas anodin non plus, car cette mutation n’est pas complètement sans effet, elle modifie la capacité à faire face à quelques agents infectieux. Mais j’imagine qu’être immunisé au VIH ou une rémission de sa séropositivité vaut un ou deux rhumes carabinés.
Il y a des recherches sur l’origine de cette mutation, car elle est beaucoup plus représentée dans le nord de l’Europe. Et on se demande si ça n’aurait pas par exemple un lien avec des épidémies (de variole) et un avantage de sélection naturelle pour les porteurs du CCR5-Δ32. Mais rien n’est prouvé du tout à ce niveau.
L’idée des traitements est bien de reproduire *fonctionnellement* ce que la mutation CCR5-Δ32 produit, et donc de rendre nos CCR5 un chouïa boîteux, afin que les cellules deviennent résistantes au type de VIH qui utilise CCR5. Mais pour le moment, ce ne sont que des pistes de recherche…

Très intéressant
On y arrivera, mais encore faudrait-il que les états financent la recherche massivement…
Après la mécanique en tant que telle est proche des recherches qui ont lieu aussi pour lutter contre d’autres virus, donc c’est à espérer que ça donne justement un peu de poids. Car la lutte contre le VIH n’est plus une priorité depuis longtemps en effet… 😶🌫️
Très intéressant, et la recherche continue tant bien que mal.
C’est une nouvelle encourageante en effet !
Je trouve ça génial qu’on arrive à comprendre ce genre de truc. Et si en plus on arrivait à imiter cet effet…