En passant voir Léon Blum

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J’ai fait un passage éclair à Paris (et Cergy) aujourd’hui, et j’en ai profité pour traîner mes guêtres dans mon onzième arrondissement chéri. J’ai habité dans cet arrondissement de 1998 à 2015, avant de finir mes jours parisiens dans le deuxième. C’est marrant de relire mon post de 2004, où j’en parlais déjà en décrivant mes 3 premières adresses AC1. Et donc l’époque veut cela, nous présentions des cartes Mappy, car c’était le nec plus ultra de la cartographie en ligne et des itinéraires surtout ! C’est fou comme on s’est habitué à ce que toutes les innovations numériques soient américaines, mais on avait tout de même de belles choses françâââââises monsieur à l’époque.

En réalité donc, j’ai bien quadrillé l’arrondissement si on y ajoute en plus Ménimontant. Cela donne ça : 56 rue Saint Sabin puis 18 rue des boulets, puis 8 bis rue Deguerry, et enfin 129 boulevard de Ménilmontant.

J’ai donc arpenté à peu près tout l’arrondissement, mais surtout sur ses arrêtes en réalité, et j’ai toujours aimé Voltaire parce que c’était pour moi le centre névralgique de tout ça. Sans jamais y habiter, j’y passais tout le temps, que ce soit pour les Follivores à l’espace Voltaire, ou bien passer justement d’un quartier à l’autre de chez moi à chez des potes (on habitait à peu près tous et toutes le onzième Icône d'une tête de chat qui a une attitude neutre mais donc narquoise). Cette place Léon Blum qu’on continue toujours d’appeler Voltaire parce que c’est le nom de la station de métro, malgré son nom officiel qui est bien Léon Blum depuis 1957.

Un peu comme la Grisette des Faubourgs, j’aime bien passer aussi devant la marie du 11ème parce qu’il y a cette sculpture de Léon Blum que je trouve une œuvre absolument sublime. Et c’est tout à fait contemporain, puisque ce bronze de Philippe Garel date de 1985. On ne fait (coule) plus assez de belles sculptures en bronze comme cela je trouve, et j’imagine que c’est principalement à cause du prix du truc, et que c’est finalement un ornement urbain assez désuet.

Mais vraiment cette œuvre a de la gueule, et même de très loin on reconnaît son air général avec cet immense manteau dans le vent qui donne une énergie fabuleuse, et une stature incroyable au personnage. Et en même temps, c’est une tenue simple et sobre, avec cette écharpe qui flotte au vent, et son chapeau discrètement à la main, dans son dos.

Il y a aussi la posture qui est magnifique avec son visage tourné, et qui appuie encore la légèreté apparente et l’élan dynamique de la composition, tout en donnant au personnage un air goguenard et sympathique. C’est une magnifique allégorie aussi pour le personnage historique qui était un dirigeant socialiste majeur, chef du gouvernement du Front Populaire, mais aussi une figure de la défense de la démocratie. Léon Blum fait partie des parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. Arrêté par Vichy, il est détenu puis déporté en Allemagne, avant de revenir en France en 1945.

Il y a une dizaine d’années un artiste tricoteur lui avait fait une belle écharpe rouge, et c’était particulièrement séyant. Icône d'une tête de chat qui a une attitude neutre mais donc narquoise J’ai donc salué Léon, et j’ai continué mon chemin (j’avais rendez-vous chez un ami pour déjeuner rue de la Roquette).

Je venais de Gambetta qui montrait un Paris bien automnal également.

Et j’ai continué ma route jusqu’à Bastille, où j’ai repris le métro. Il fallait bien que je vous partage tout ça. Visage stylisé en trois traits pour un sourire ironique et narquois

  1. AC : Ante Cherichounem ↩︎

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