Iwak c’est Inktober with a keyboard, donc tout le mois d’octobre : un article par jour avec un thème précis.
Nan mais clairement, vous aurais-je un jour parlé de Marguerite « petit oignon » Porete si ce n’était pour ce défi octobrien ? Et donc ça tombe bien, car j’ai récemment visionné une vidéo ARTE à son sujet, et elle m’est assez restée en tête pour que je me décide à l’associer à ce joli mot du jour. Son nom de famille n’est donc pas vraiment connu à part son surnom de petit oignon (le porete) qui est resté dans les archives. Car on la connaît surtout à travers son procès qui a mené à son exécution en tant qu’hérétique en place de grève (devant l’actuel Hôtel de Ville de Paris donc, et c’était la toute première exécution à cet endroit) le 1er juin 1310.
On a aujourd’hui pas mal remis des éléments de biographie en place grâce à des travaux historiques importants, mais donc ce n’est qu’en 1946 qu’on a officiellement fait le lien entre un ouvrage : Le Miroir des simples âmes anéanties et qui seulement demeurent en vouloir et désir d’amour, et notre Marguerite qui a été deux fois condamnées. La première fois ce fut par l’évêque de Cambrai qui a fait bruler son livre car diffusant des idées hérétiques Libre-Esprit. Et la seconde, car elle a continué à professé ses idées et ses écrits, et donc en tant que relapse, condamnée par Guillaume de Paris (inquisiteur célèbre pour la condamnation des Templiers), mais c’est la justice des hommes qui l’a ensuite condamnée à mort.
Au final, le bouquin ne va pas finir en simples cendres, il va être copié, traduit, cité, et va de manière assez incroyable se transmettre jusqu’à nos jours comme un écrit mystique mais sans auteur, et encore moins autrice. Et en 2021, une thèse soutenue par Huanan Lu établit le lien entre Marguerite et le béguinage Sainte-Élisabeth à Valenciennes. Et donc cela complète le portrait de notre mystique Marguerite qui était une béguine, donc une personne laïque qui a choisi un mode de vie religieux sans être une bonne sœur. Et les autorités religieuses, contre toute attente, n’aimaient pas trop ces gonzesses qui faisaient de la religion comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. 
Il n’y avait qu’un pas vers l’hérésie, et lorsque Marguerite a commencé à réfléchir, se cultiver aussi (même si c’était vraiment dans l’édification de sa propre spiritualité) et finalement s’émanciper en écrivant sur la pratique de sa foi, et de revandiquer ainsi une certaine liberté de penser. Bah ça ne s’est pas bien passé. Et plus tard, même si les choses ont évolué peu à peu, et qu’il s’agit d’un autre genre d’hérésie, on peut rapprocher le cas de notre mystique des futures sorcières qui n’étaient aussi que des femmes un peu trop libres et indépendantes. La vidéo ARTE finit par citer d’ailleurs les sorcières de Salem, presque 400 ans plus tard…
En tout cas, je me vois tellement bien écrire un truc avec le titre : Le Miroir des simples âmes anéanties et qui seulement demeurent en vouloir et désir d’amour. Si c’est pas drama queen à mort ça alors !!!
Et je reboucle la boucle avec une évocation un peu plus classique mais qui colle assez bien à la dénomination de sorcière, et parfaitement (au moins phonétiquement) au mot du jour : Miss Tick, formidable antagoniste du non moins formidable Fantomiald (déjà évoqué dans un précédent défi) !!

