Ben de Bruxelles m’en avait parlé plusieurs fois dans les commentaires, et ce week-end on a enfin découvert ce parc botanique breton. Et quelle découverte !! L’endroit est absolument magique et merveilleux, et on va clairement y retourner pour profiter de ses différents aspects selon les saisons. On retrouve vraiment la richesse florale d’un jardin de Monnet, du parc de Maulévrier pour l’excellence de son jardin asiatique ou encore la diversité et les inspirations de Trévarez. Cela nous a aussi fait penser à ce fabuleux bijou écossais (les jardins d’Inverewe), et qui doit sans doute être au niveau dans une meilleure saison. Car on a été sous le charme alors qu’on sort tout juste de l’hiver et que le jardin n’est sans doute pas encore sous son meilleur jour.
Ce parc qui est un lieu complètement privé et non subventionné, se compose d’une belle demeure du 19ème et d’une immense propriété dédiée à la botanique avec une douzaine de jardins aux thématiques distinctes. Les parcours sont fléchés et on a vraiment une promenade assez balisée qui permet de tout découvrir en un peu plus de deux heures. On passe dans des tas de styles différents aussi bien en architecture de jardin qu’en horticulture, et donnant la part belle bien sûr à la mise en valeur de certaines essences, plantes et arbres. Beaucoup de jardins se nourrissent de mythologie grecque, mais on a aussi un très beau jardin japonisant, des endroits plus classiquement arborés, et une attention particulière portée à l’aménagement des lieux. Donc on trouve beaucoup de pierres, rochers, bassins et une vraie sculpture des paysages pour les modeler comme des vues d’artistes.
Le tout est d’une harmonie stupéfiante avec des transitions douces et naturelles mais une véritable identité qui se déploie jardin par jardin. Chaque saison offre ses fleurs et ses couleurs de feuillage, et en ce printemps balbutiant, on voit encore quelques camélias, des premières fleurs de pommiers ou prunus, de beaux azalées mais pas encore de rhododendrons ou hortensias.
On démarre par cet espace longiligne très harmonieux et zen avec une sorte de longue fontaine à jets d’eau sur quelques étages.

Et on arrive à un grand jardin carré encadré par des murs en pierre, lui même subdivisé en quatre parterres carrés, avec des plantes plutôt familières, et des sortes de potagers ou délimitations en buis taillés à la française.


Et puis à un jet de pierre, on a un charmant labyrinthe de camélias de toutes les couleurs qui cache un minotaure (c’est marrant car c’est un vrai dédale dans lequel on peut un chouïa s’égarer
).




Un peu plus loin on trouve une mini bambouseraie avec ses airs d’Arashiyama, et une jolie perspective sur un bassin.


Je ne vous présente pas tout, mais les fleurs qui ressortent sont clairement comme je le disais les camélias de toutes sortes et des azalées aux couleurs pétantes.


J’ai beaucoup aimé aussi ce petit jardin à la française très mignon et « de poche », et qui est architecturé comme un bâtiment secret qu’on accèderait par la porte dérobée d’un château. On se retrouver dans un jardinet « boudoir » avec de beaux bassins et petits parterres (pas encore fleuris).


Après il y a le gros morceau : jardin japonais, et j’en fais la part belle car vous connaissez mon appétence pour la chose, mais surtout il s’agit vraiment d’une très belle réussite en la matière. On a de jolies perspectives sur des centaines de « scènographies » qui s’apprécient de différents angles et distances. Ce sont à chaque fois des petits ensembles très harmonieux avec des caractéristiques bien typiques d’un mélange équilibrés des éléments, d’attention aux détails et d’appel à la quiétude et au repos de l’âme. C’est sans doute un des meilleurs exemples qu’il m’ait été donné de voir en dehors du Japon.







J’ai surtout été sensible à la qualité des espaces « secs », et donc des exemples très réussis de parterres « zen » avec un bel assemblage de rochers, végétaux et graviers soigneusement modelés. Ce n’est pas le Ryōan-ji ou le Ginkaku-ji, mais il me semble que c’est très bien réalisé et on sent le respect pour l’art en question, et l’application qui est distillée dans ces espaces.



(La dernière ne fait pas partie du jardin oriental malgré l’inspiration zen éloquente, mais d’un autre espace plus loin.)
On a aussi des choses plus classiques et qu’on trouve dans nos parcs de château, mais le paysage est à chaque fois d’une excellence assez remarquable.

Le château du domaine également a son petit jardin adorable, très classique à la française, qui est notamment formé par des haies de camélias splendides.


Et enfin, il y a des tas de chats qui se planquent dans tout le domaine. Mais que demande le peuple ?


Le domaine est ouvert, après la trêve hivernale, depuis seulement quelques semaines, et c’est déjà un bonheur de le parcourir, donc j’imagine ce que cela donne en plein été (on voit là que pas mal de parcelles sont encore en pleine « réinstallation »). J’imagine aussi que ça doit être très très fréquenté, et peut-être un peu moins agréable à la flânerie (j’espère que ça l’est moins que Giverny).
On y retournera !!

Matoo,
heureux pour vous deux de la découverte de ce coin magique.
Tu comprends mieux pourquoi nous y retournons chaque année.
Et je te rassure, même en plein été, les foules ne s’y pressent pas. Nous avons toujours profité pleinement de ce lieu magnifique.
De plus, je ne sais si c’était déjà ouvert, il y a un restaurant très savoureux à l’entrée et un salon de thé au rez du château que nous apprécions.
Vivement ton prochain passage et les photos superbes que tu publies chaque fois.
Le restaurant était en effet fermé, mais on a pu prendre un café en terrasse du château ! Vraiment un endroit superbe !!
Magnifique!! C’est marrant, tu utilises les mots labyrinthe et dédale comme s’ils étaient synonymes, et ils le sont probablement, maintenant, mais à l’origine, pas du tout, le labyrinthe était un « chemin » tracé dans lequel on ne se perdait pas mais on pouvait méditer, comme celui de la cathédrale de Chartres par exemple. En anglais, on a labyrinth (unicursal) vs. maze (pour se perdre).