J’ai tendance à beaucoup me fier à cette espèce de déterminisme que je trouve dans mes relations familiales pour expliquer à coups de psychomachins et psychotrucs certaines attitudes, les miennes ou celles des membres de ma famille. Or, on pourrait considérer qu’une fratrie possède énormément en commun. Ils ont les mêmes parents, un milieu et référentiel familial commun, et aussi au final une éducation similaire. Enfin cela n’est évidemment pas aussi simple, puisque les parents n’ont pas les mêmes attitudes envers leurs enfants, que ces derniers n’ont pas forcément des réactions identiques selon les mêmes stimuli, et que le fait même d’être « soi » implique une différenciation à ce niveau aussi.
Malgré tout, je pense que ce lien fraternel n’est pas anodin, et qu’il lie tout de même des frères et soeurs par un vécu commun, toute une gamme de valeurs, et certains comportements. Du coup, cela m’amuse énormément de constater les différences flagrantes entre mon frère et moi, mais aussi entre mes cousines-frangines, et entre nous quatre. Et dans l’ascendance, on peut aussi s’interroger sur la résultante de ces couples « frères ». Car rappelez-vous : j’appelle mes cousines-frangines ces deux jeunes femmes, auxquelles mon frère et moi sommes très liés. Nous sommes cousins-frangins, car leur mère est la soeur de notre père, mais leur père est aussi le frère de notre mère. C’est clair ? Il y a double-cousinage, et ainsi nous avons un patrimoine génétique « homogène », nous partageons aussi l’exacte même ascendance (les mêmes oncles et tantes, grands-parents et cousins, cousines).
Eh bien, même si ces deux frères-soeurs (nous ne portons pas le même nom avec mes cousines, car c’est mon père qui est le frère de leur mère, et vice-versa) ont la même différence d’âge (deux ans, entre ma mère et son frère, et entre mon père et sa soeur), le même âge (1948, 1950), et donc ont eu à peu près la même « éducation », ils sont terriblement différents, et ont formé deux couples très contrastés (mais qui s’entendent fort bien). Un des facteurs les plus saillants est probablement la manière dont nous, les cousins-frangins, avons été élevés. Dans des valeurs certes compatibles, mais à certains égards bien démarquées.
Je me rappelle par exemple que ma mère n’a jamais été du genre à nous dire des trucs genre « 18 sur 20 minimum, sinon c’est nul. » ou bien à juger sur des résultats uniquement. Au contraire, elle était très présente dans nos études, et elle nous aidait tous les soirs pour les devoirs. Elle se fiait aussi à la manière dont on se situait dans la classe, plus qu’à un nombre qui tout seul ne veut rien dire du tout. Son frère, lui, pratiquait à l’exact opposé avec ses filles. Il voulait des « chiffres », mais sans s’investir une minute, sinon dans la terrible sanction de l’ouverture du bulletin trimestriel (qui n’étonnait jamais ma mère pour mon frère et moi, puisqu’elle connaissait nos résultats au jour le jour). Et il promettait des radiocassettes et des cadeaux, tandis que ma mère ne pouvait supporter qu’on puisse travailler à l’école pour autre chose que nous-mêmes, et la conscience que c’était ce qu’il était bon et juste de faire.
Mon père, lui, se distinguait par son totalitarisme en termes de bonbons et télévision. Il faisait la guerre à ma grand-mère qui cherchait à nous gaver de sucreries, et il filtrait les émissions qu’on voulait regarder. Heureusement ma mère contrebalançait un peu son inflexible règlement (et heureusement il kiffait regarder Goldorak et Gigi avec nous). La soeur de mon père n’avait pas du tout la même attitude, et au contraire sa permissivité était presque totale.
Ce qui est drôle dans ce que je cite, et qui montre à quel point ma vision est absolument personnelle et subjective, c’est qu’implicitement je veux dire que j’ai été bien élevé, et pas mes cousines. Ah ah ah. J’adore quand je me prends à mon propre jeu comme cela, quel con alors !! Car ce qui m’intéressait au début, c’était seulement de montrer que des membres d’une même fratrie et quasiment du même âge, ont formé deux paires très distinctes.
On a, en effet, beau être le produit de notre éducation et environnement, nous ne sommes pas moins les maîtres de nos destin. Le libre-arbitre ! Au final, c’est quand même l’individu qui décide de ses actes et fait ses choix. Un cousin et une cousine ont suivi une psychothérapie il y a quelques années, et j’avais été assez effaré de leurs attitudes suite à cela. Après quelques temps, il était ressorti que leurs parents étaient la « cause » de leurs problèmes, et que ce n’était pas leur « faute ». Cela avait eu pour résultat de faire un procès (métaphoriquement) à leurs parents, et c’est tout. Cette manière de remettre en question son éducation et ses parents me paraissait plutôt compréhensible, mais la déculpabilisation complète et le transfert de la « faute », en plus d’une acceptation pleine et passive de ses « problèmes » m’avaient vraiment dépassé. Comme si c’était la finalité de la psychothérapie. Pour moi l’objectif est plutôt de se libérer de certains carcans, et de trouver le moyen de vivre avec ses névroses. Et il faut aussi prendre en main son destin, plutôt que de s’apitoyer sur son sort, sa malchance, et son background familial bancal. Encore une fois, même si nous avons tous à nous plaindre de nos parents et de notre famille, notre libre-arbitre est bien réel (mais encore faut-il en avoir conscience, c’est vrai), et on a toujours le choix de faire ce qu’on veut.
Il y a quelques années, alors que je me prenais la tête sur la relation entre mon père et moi, et que je somatisais sur le fait que les comportements de mon père avaient une influence sur ce que j’étais, Diego m’avait « éclairé ». Il n’en a pas conscience, mais il m’a fait un bien énorme ce jour là justement en me disant : « Hey oublie pas quand même, toi c’est toi, et ton père c’est ton père, vous êtes deux personnes différentes. ».
Le libre-arbitre.
Et c’est vrai que plutôt que de s’enfoncer dans des considérations psychanalytiques complexes, il est parfois bon de sortir un peu la tête du guidon, et de vivre au présent, de préparer le futur avec sérénité, un futur qui ne dépend que de soi.
PS: Non je n’ai jamais vu de psy de ma vie, mais oui, oui, j’y songe. :mrgreen:

nous nous construison a la base sur notre education, sur notre passé, le lobre arbitre dans les choix que nous pouvons prendre, pas dans ce que l’on nous impose.
Le libre arbitre, ce n’est pas juste choisir entre ce qui est bien, et ce qui est mal, dans notre referentiel, notre morale?
Le libre arbitre est le propre de l’homme, les animaux n’ont que leur instinc non?
Le libre arbitre n’existe pas, c’est ma conviction profonde.
Cependant on a toujours le choix de se poser ou pas des questionnements sur le parcours qui fait que l’on croit être soi.
On croit toujours en découvrant les liens de causes à effets, révélés par une méthode « psy » que l’on va devenir Soi. Ma certitude est que ce cheminement intellectuel louable n’est qu’illusion.
Toutes les béquilles sur lesquelles on s’appuie, ne sont que des béquilles nécessaires pour avancer; tous les échaffaudages bâtis, ne sont là que pour se construire et c’est très bien ainsi. Mais rares sont ceux qui parviennent à la grande découverte du Soi quand ils lâchent toutes les béquilles, et tous les échaffaudages, et qu’ils restent debout, les pieds ancrés dans la terre et le visage tourné vers le ciel.
Bon, il est tard, je me relirai demain à la fraîche :petard:
Si tout était dû à un conditonnement antérieur, même si l’éducation et le milieu familial a une influence, il faudrait aussi se pencher sur les ascendances génétiques qui peuvent être aussi à l’origine de tel caractère physique, mental, physiologique, émotionnel, etc. Et alors là, le père et la mère, onpeut les oublier et songer plutôt aux trisaïeul paternel qui lui même tient tel et tel élément de sa bisaïeulle maternelle, etc. Chacun amenant aussi sa propre mdélisation et son propre développement dû aux divers contextes de son existence (familial, social, géographique, historique, etc.
Via la psychologie, la psychanalyse mais aussi la génétique, on peut aller très loin et se perdre dans ce qui ne demeurera la plupart du temps que des hypothèse.
Sommes-nous un agrégat ou une somme d’éléments passés ? Dans tous les cas, une équation unique qui au final fonctionne et réagit à sa façon propre, non ? Surtout quand on suppose que les facteurs sociaux, spatiaux et temporels diffère:ben:nt avec ceux de nos ancêtres…
C’est toi l’adorateur des équations, Matoo ; qu’en penses-tu ?
J’en ai vraiment marre de ces doigts à la con qui tapent mal sur mon clavier et cette tendance à la faute de frappe ! Greuh ! :mur:
Bon : « mdélisation » c’est évidemment « modélisation » et « diffère:ben:nt », c’est simplement « diffèrent ».
Très joli texte !!
-> Jean : tu as très certainement au niveau de la synchronisation du cortex et de tes doigts un problème génétique hérité de tes ancêtres :lol:
Comme le disait le poete :
» N’est point étranger à soi ce qui n’est la part d’autrui »
A mon sens c’est une dépense inutile ….
ton post est remarquable de précision et d’analyse et je n’ai pu m’empêcher d’établir un parallèle avec mon comportement de parent. Pas de modèle unique d’éducation, une adaptation au caractère de chacun. Je ne sais s’ils ont des griefs – probablement, même en voulant bien faire nul n’est parfait – mais ils n’ont pas envie de se faire psyter.
Il me semble que tu surévalue l’influence de la cellule familiale par rapport aux stimulis intellectuels qu’un enfant reçoit (et plus tard un adulte) des rencontres extérieures au petit cercle familial que tu considères. L’école, les amis, les passants de la vie, les lieux, les expèrience (parfois minuscules) modifient et façonne un être jusqu’à son dernier jour. Tu te singularises chaque jour un peu plus.
@ Matoo : quoi qu’on fasse et malgré les beaux ou longs discours l’éducation reste une marque indélébile ! En effet deux enfants issus d’une même famille et ayant comme tu l’as démontré reçu la même éducation peuvent être profondément différents (mon frere et moi le sommes drastiquement) mais restent toujours issus d’une même souche (dans l’épreuve mon frere et moi nous en rendons compte …
Je reste coite devant tant de justesse dans le propos.
Bravo pour ce joli texte introspectif et universel.
N’empech, tes pulls moches, je pense que c’est de famille, genre génétique étout :o)genre DESTINéeeeeeeeeeeee, tes pulls font partie de ta destinéééééééééééééééééééééééééééééééeeeeee tu pourras ne jamais te ratrappééééééééééééééé c ta destinéééééééééééééééé !!!!!
:salut:
Et moa je pete dans la douche comme popa le matin :o) même bruit et tout hihihu
Zut… ton ps m’a piqué mon com’ ! :cool:
« nous ne portons pas le même nom avec mes cousines, car c’est mon père qui est le frère de leur mère, et vice-versa »
Toute personne peut, à titre d’usage, ajouter à son nom celui de ses parents qui ne lui a pas été transmis à la naissance.
Loi dite Badinter 1985.:lol:
Argh ! Je m’en mords les doigts de cet héritage génétique !! bouhouhou !
Quand je pense que ma mère et ma grand-mère paternelle sont toutes deux pianistes… Et que je suis infoutu de taper correctement sur mon putain de clavier d’ordi !! re-bouhouhou !:pleure:
wouuuuah c’est de la note …je savais pas que tu faisais psycho :book:
c’est effectivement bien de ce poser des questions mais pas trop non plus si non :mur:
allez a plus :pompom: ( ps : j’adore la pom pom girl ):pompom:
Quand ma blogueuse préférée semble répondre à mon blogueur préféré cela donne :
Et bien, ça y est, nous avons eu notre premier rendez-vous, juste avant mon départ, avec deux thérapeutes du CMPP local.
Pour mémoire, l’idée est, non pas de nous guérir de l’adolescence, mais de nous permettre de vivre mieux (ou du moins moins mal…), les uns et les autres, les conflits et les tensions entre nozados et nous, et le profond changement de nos relations.
Donc, la qualité de ce que tu appelles notre libre arbitre dépend donc surtout de notre relation avec nos parents et des traces de leur fameuse « éducation » (bon vieux terme générique ! ^^) qui restent en nous.
Nous avons nos tares, nos démons, nos réactions et nos défenses qui se sont formées dans notre vie et entassées. Le savoureux mélange de tout ce beau monde s’assemble pour nous pondre nous, en tant qu’individus plus ou moins normalement névrosés.
En partant du principe que nos névroses les plus anciennes sont les plus ancrées et qu’elles forment la base de celles qui suivent, on arriverait à la construction de l’individu.
Ce qui est trés intéressant, c’est que tu prends l’exemple de tes cousins et que tu constates la « merde » que leur visite chez le psy à pu foutre et d’ajouter qu’en plus, ça ne les a pas rendu… plus lucide sur leur propre problématique.
On pourrait dire que sur ce plan là, la thérapie a échoué ou en tout cas qu’elle est inachevée. Mais le but d’une psychothérapie est de rentrer en la possession de certaines clés afin de se connaître, de s’expliquer et ensuite d’apprendre à vivre et d’accepter ce que l’on est, ceux de qui l’on nait et ce qu’ils ont fait de nous.
L’identité de l’individu est intègre. Mais elle n’est unique que parce qu’elle est inspirée de ceux qui l’ont entourée.
La colère de tes cousins t’a interpelée parce que tu l’as trouvais injustifiée tant vis à vis des raisons que des cibles. Mais… l’essentiel dans les relations humaines, c’est que ça bouge ! Et s’engueler avec ses vieux, c’est un excellent moyen de pouvoir revenir vers eux aprés. Une fois que des choses qui devaient sortir sont sorties, que les tensions et les rancoeurs une fois exhibées ont pu retomber.
La colère des gens, se « trompe » souvent de cible, se trompe souvent de raison, mais elle existe. Et rien que parce que nous ne sommes pas des moitiés d’individus, nous ne pouvons pas nier une colère qui fait partie de nous.
Une psychothérapie c’est différent d’une médicamentation. Ce n’est pas une balance chimico-physiologique. Les processus qui se mettent en place demandent du temps et des gens. L’équilibre qui existait est remis en cause. Et pour en trouver un nouveau, il faut obligatoirement passer par une période de crise.
L’équation est complexe est à inconnues multiples si bien que ce n’est pas elle qu’il faut regarder : c’est le résultat ; nous.
C’est pour ça que nous ne sommes jamais ce que l’on a voulu faire de nous mais juste ce que nous avons accepté que l’on fasse de nous.
Et aimer les gens c’est aussi pouvoir les haïr pour toutes les raisons que l’on veut.
Inteêressant ta réflexion au moment où Sarko enfile les galoches du déterminisme le plus stupide qui soit.
Message à Matoo : je crois que votre lucidité se passe très bien d’un psy. Continuez à agir et penser en même temps, vous économiserez quelques centaines de milliers d’Euros. Vous êtes tellement plus saint d’esprit que tant d’autres ! (Et moins saint d’esprit que si peu surtout !). Vouvoiement inopiné ? oui, un peu de solennité dans le propos ça ne fait pas de mal de temps en temps :-)
Tu vois que c’est Samaritain qu’arrête pas de dire du mal de tes pulls et de la mise en page de ton blog !
C’est quoi son prénom déjà ? Mérignac ?
:ben:
Excellent blog, excellent post, cela fait plaisir de lire quelqu’un qui refuse l’idée de déterminisme (c’est pas comme Sarko), les hommes sont responsables de leurs actes, il faut arrêter de rejeter la faute sur les autres, et sur ses parents en particulier. Heureusement que rien n’est écrit d’avance, que les gamins de 3 ans en difficulté ont une chance de s’en sortir, sinon la vie n’aurait plus de sens, on n’aurait plus qu’à se débarasser des gens qui deviendront des criminels, on dériverait vers l’eugénisme. Ouppss, je viens d’associer Sarko et Hitler… Mince alors!
je suis d’accord sur le point du psy, dans le cas que tu cites : il est parfaitement stupide de chercher a qui la faute, tout ça pour se dire » pas à moi « , et se reposer la dessus comme sur un tas de merde.
en ce qui me concerne, dire a qui la faute, c’es utile dans le sens que c’est la culpabilité forcée qui me pèse alors qu’elle ne m’appartient pas. mais il ne s’agit pas tant de rejetter la faute hors de moi mais au contraire qu’elle tombe droit ou il faut, pour faire changer les choses.
c’est ce que je disais souvent a mes élèves a propos de littérature : l’analyse seule ne sert à rien. si tu épluches soigneusement ce que tu as a éplucher mais que tu t’arrêtes là, tu peux aussi bien tout jeter, car rien de ce que tu as trouvé n’a d’interêt tel quel. t’appuyer sur ces analyses pour reflechir et construire, changer des choses, produire et agir, c’est le seul moyen d’en tirer quelquechose de valable. si tu appliques une autre methode, tu ne feras que perdre ton temps.
je ne vois pas l’auto-psy autrement.