When We Rise (Dustin Lance Black)

Alors là, je suis outré !! Ce truc date de 2017 et VOUS ne m’avez rien dit ?? Nan mais ça va hein, d’essayer de donner des bons plans et de partager ce que je vois de bien dans ce bas monde. Mais voilà qu’il y a 9 ans, purée 9 ans (!!!), on a eu la diffusion de cette œuvre sur la télévision mondiale, et je n’en avais jamais entendu parler. Rien, nada, que chi ! Alors qu’une série basée sur la biographie non publiée de Cleve Jones, un militant phare de la lutte pour les droits LGBT, un soutien de Harvey Milk, un activiste de la lutte contre le VIH, un des acteurs qui a permis l’inconstitutionnalité de la « Proposition 81 » qui souhaitait proscrire le mariage pour tous aux USA, bah c’est ma came je crois non ??? ^^

C’est Fred Colby qui m’a évoqué cette mini-série en fin d’année dernière, et je me souvenais bien avoir lu un article qu’il avait publié de sa rencontre avec Cleve Jones à San Francisco (l’article est disponible tout en bas au cas où le lien disparaisse avant moi, ce qui arrive bien trop souvent pour que je ne m’en prémunisse pas ^^ ). J’ai été super curieux de rattraper cette cruelle lacune, d’autant plus que c’est créé par Dustin Lance Black et que certains épisodes sont réalisés par Gus Van Sant, excusez du peu.

Il s’agit de 8 épisodes qui balaie la vie militante de Cleve Jones, et à travers lui toute l’émergence du mouvement de libération et d’émancipation LGBT à San Francisco. La mini-série est chronologique, et on retrouve beaucoup de la veine des séries de Russel T. Davies dont surtout « It’s a sin! » avec une atmosphère qui fait forcément penser à Armistead Maupin, et de manière plus évidente au film Milk. La série est remarquablement interprétée par une pléiade de comédiennes et comédiens, avec quelques changements selon les générations montrées.

La mise en scène et la narration est plutôt classique, mais l’histoire se suffit à elle-même tant la portée historique des intrigues est puissante. Et le début est particulièrement frappant car on y voit San Francisco au sortir de Stonewall, donc avant que ce soit la Mecque Gay qu’on célèbre aujourd’hui (enfin surtout hier). Et on n’a pas l’habitude de voir des pédés en flippe dans les rues de Castro, qui se font tabasser en sortant d’un bar, ou carrément coffrer par des flics à l’homophobie institutionnalisée.

Cleve Jones débarque à SF la vingtaine balbutiante, dans une ville où les gays et lesbiennes se regardent en chien de faïence, le mouvement lesbien se confondant avec un féminisme dont les défis étaient immenses également. Mais Cleve Jones (formidable Austin P. McKenzie) rencontre Roma Guy (géniale Emily Skeggs) et il se passe un truc ! Il y a aussi en fil rouge l’histoire très touchante et singulière de Ken Jones qui lui doit gérer le racisme en parallèle de l’homosexualité. Son histoire d’amour qui débute la série, et qu’on sent en filigrane de toute l’œuvre, est particulièrement belle et émouvante.

Les 4 premiers épisodes font la part belle à cette conquête de San Francisco, et globalement des droits pour les minorités dans la métropole californienne. Cela débouche naturellement sur l’histoire de Milk qui est assez connue. Le VIH débarque juste après ces premières victoires, et le pacte est définitivement scellé entre pédés et goudous à l’explosion de l’épidémie, et de l’hécatombe conséquente de SIDA qui ravage les rangs des militants et de tout un chacun. On vit en direct la réalisation du Patchwork des noms, comme la réalisation par Gilbert Baker de notre beau drapeau. Et tout cela donne des frissons !!

Les 4 épisodes suivant se passent une décennie plus tard, où les militants se débattent encore dans l’épidémie de VIH, malgré l’arrivée des traitements que l’on connaît, (la confrontation Act-Up Cleve Jones est très intéressante avec un vrai choc côte Est / côte Ouest), mais où la Proposition 8 californienne vient apporter un autre genre d’homophobie légale et juridique. Clairement cette partie est moins intéressante et palpitante, et ils ont tous vieilli, même si Guy Pearce est excellent pour incarner le Cleve Jones contemporain. Mais on s’est déjà tellement attaché aux personnages qu’on a juste envie de savoir comment ça va se finir.

Et cela se finit plutôt bien. Cleve Jones est encore en vie avec tant d’année de séropositivité, et même si la série expose son lot de morts, et de déchirements, elle est aussi lumineuse et elle célèbre avec brio une joie de vivre toute LGBT (avec de beaux personnages trans également dans le lot). Ce n’est pas un truc larmoyant, c’est au contraire un récit de combat à la Pride, qui porte haut le combat militant et ses impacts qui peuvent vraiment transformer la vie, aider les gens et changer la société.

  1. C’est marrant je vois que j’en avais parlé en évoquant le blogueur newyorkais Sale Bête et Vinvin !! ↩︎

2 réflexions au sujet de « When We Rise (Dustin Lance Black) »

  1. PURÉE !!!!! Cette grande honte de mes morts !!!! :rire: :rire:
    Je me rappelle maintenant que je n’avais jamais réussi à la télécharger comme un Tipiak et c’est pour ça que je ne l’avais pas vu !! :merde:
    Et après j’ai dû oublier, parce que sinon j’aurais sans problème vu ça en VOD ou même DVD. :triste:

    Je savais que je pouvais compter sur toi товарищ !!! :coeur:

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