Laurie Anderson with Sexmob – Republic of Love au Bozar

Laurie Anderson est une artiste exceptionnelle, et on avait vraiment envie de la voir en live. On se disait qu’à 78 ans, il s’agissait de se bouger, car elle ne sera pas en concert éternellement ! Elle crée dans le domaine de la musique depuis les années 70, et elle est incroyablement douée, prolifique et protéiforme dans ses approches artistiques, elle a collaboré avec tout ce que le monde compte de compositeurs, musiciens ou de poètes, et elle est un être d’une fabuleuse singularité.

Elle est très connue pour utiliser sa voix et scander beaucoup de textes, un peu comme du slam quelque part mais bien avant l’heure. Je la connaissais depuis des années, surtout à travers ses collaborations avec mon cher Philip Glass, mais c’est mon mari qui a surtout ces derniers temps creusé ses productions, et qui est complètement devenu fan. Elle présentait là un concert mais pas dans une forme traditionnelle, Laurie Anderson est sur scène avec quelques musiciens de jazz ultra talentueux, et elle raconte des histoires, elle raconte des chansons et elle mêle tout cela avec de l’image et du son. Elle maîtrise absolument tout elle-même avec dextérité depuis une console, tout en chantant et jouant du violon.

Son œuvre mélange donc allègrement des sons électroniques à des instruments bien analogiques, et on suit surtout des récits parlés, souvent des anecdotes personnelles et des rencontres poétiques, qui vont déboucher sur des chansons. Les vidéos diffusées sont complémentaires et tout autant travaillées. Elle a surtout évoqué le gouvernement trumpiste, les censures de mots et phrases dans les documents fédéraux, les guerres en cours, mais en faisant toujours le lien avec ses propres luttes, et sa confiance en l’amour et la poésie comme armes suprêmes des artistes et des êtres humains.

J’adore son petit look très non binaire, et l’aura de dingue qu’elle dégage quand elle parle. Elle a un charisme vraiment très rare et précieux, et c’était un vrai privilège d’avoir pu la découvrir ainsi sur scène. Elle fut également la compagne de longue date de Lou Reed et son épouse sur la fin de la vie de ce dernier. Elle lui porte là un très bel hommage très tendre et sensible. Et on finit tout de même ce concert par la salle entière qui se lève pour la suivre sur des gestes de tai-chi. C’est dire si c’était un public largement conquis.

Elle donne trois conseils pour trouver un certain équilibre et une notion personnelle de bonheur dans sa vie : ne pas avoir peur de quiconque, détecter et éviter le bullshit (baratins, foutaises, conneries ?), cultiver et donner de la tendresse.

Tout le concert est évidemment en anglais et sans aucun sous-titre, donc c’est sans doute assez difficile à comprendre et apprécier si on n’est pas bien versé dans la langue de Shakespeare. Et comme il y a une dimension très poétique dans son usage des mots, qui sont autant des significations que des sons, c’est vrai que certaines stances ne sont pas vraiment traduisibles à 100%.

Bon : check, j’ai vu Laurie Anderson en concert. ^^

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