Art x Gender : Art et stéréotypes de genre dans les collections des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

C’était une bonne occasion de visiter ce musée des Beaux-Arts assez classique de Bruxelles tout en ayant une exposition thématique dont le sujet m’intéressait. C’était une tentative sympathique, mais malheureusement avec une scénographie un peu trop légère, sans doute aussi un petit manque d’ambition, et comme souvent des outils muséographiques pas vraiment à la hauteur. Donc on est ressorti un peu dépité, tout en étant content d’avoir découvert le musée qui est très agréable et richement doté, et en saluant malgré tout l’effort pour travailler un thème qui sort des sentiers battus.

Il n’y avait plus de livrets imprimés en français quand on est arrivé. Donc il a fallu suivre avec la version électronique (un pdf), ce qui est ok. Mais comme c’est un accrochage spécifique dans une seule salle, et une simple mise en valeur de certaines œuvres dans toutes les collections du musée, il fallait bien suivre le plan pour suivre correctement l’exposition. Et là le bât blesse déjà, car il faut suivre le plan qui était au milieu, et ensuite se référer aux explications par thème, puis des détails sur les œuvres elles-mêmes. Avec un livret papier, on peut assez vite tourner les pages et s’y retrouver. Avec un pdf, c’est une galère sans nom. Et le dispositif autour des peintures ou sculptures était minimaliste avec juste un petit cartel qui rappelait que c’était l’exposition Art x Gender et la thématique (là aussi… 16 thématiques, c’est un peu beaucoup).

Mais après, le choix des tableaux ou statues était souvent plutôt bien senti et appréciables, mais les explications un peu banales et attendues. On s’est dit que c’était un peu bateau pour des familiers des gender studies, mais sans doute pas mal pour les visiteurs classiques du musée, mais qui iront faire cette exposition ? Bref, je reste tout de même assez positif là-dessus, c’est déjà ça, et au moins ça existe. En revanche, l’explication dédiée n’était présentée que sur le livret et pas dans un cartel supplémentaire autour de l’œuvre ce qui n’était pas pratique et qui n’engageait pas non plus des visiteurs « quidam » à s’intéresser à cette visite thématique en cours ou par hasard.

Alors il y a au moins une salle principale qui bénéficie d’un accrochage dédié et qui est vraiment impeccable. J’ai adoré les œuvres présentées, les explications et les mises en abîme ou en miroir. Et c’était cool d’avoir des Brueghel ou Cranach qui faisaient aussi partie de cette sélection, avec une mise en perspective des stéréotypes de genre qui traversent bien des siècles de représentation en histoire de l’art.

J’ai beaucoup aimé ce dernier là, parce que je me suis dit « Oh celui-ci c’est marrant, il ne me fait pas un mauvais effet comme les autres en représentation maternelle chelou comme on a pu voir. » Et c’est une belle peinture de Lydia Wils (1964), cela m’a fait sourire comme tout de suite un « female gaze » change immédiatement la donne.

Il y a aussi ce tableau de Balthazar-François Tasson-Snel (1811-1890) qui est un peintre belge connu pour ses représentations mythologiques. Là c’est Hercule et son proche ami (et sans doute colocataire) Iolaos.

Le tableau est vraiment hurlant, et c’était marrant de le découvrir avec ces deux twinks (Hercule en Drag Queen ne ressemblerait pas à autre chose) dont les regards sont lourds de sens et traduisent bien leur complicité légendaire. ^^

Après c’est marrant car il y a des tas de tableaux ou sculptures pour lesquels on aurait super bien imaginer une présence dans l’exposition, mais qui n’ont pas été choisis (Franchement ça valait le coup d’en mettre beaucoup plus, et de montrer à quel point ce prisme de lecture est presque universel, surtout quand on travaille sur 16 thèmes ! Hu hu hu.) Mais bon c’était aussi l’avantage d’être dans les collections de ce musée royal des Beaux-Arts, et de découvrir incidemment des tas de jolis trucs ! J’ai beaucoup aimé cette Mélancholie de Domenico Feti (1589-1623) par exemple.

Ou encore ces deux très belles sculptures, comme ce Gladiateur mourant de Jacques Bergé (1735).

Et aussi ce groupe : Scène du déluge de Mathieu Kessels (1836).

Après, il y a aussi quelques surprises de découvrir un truc qu’on connaît par cœur et se dire : ah mais tiens, il est ici lui ??

J’ai aussi beaucoup aimé cette immense salle avec d’immenses peintures religieuses très bien mises en valeur et en lumière.

Bon, c’était très bien comme visite parce que globalement c’est un musée qui tient la route, même si mi-figue mi-raisin pour l’exposition en tant que telle. Mais encore une fois, c’est bien que cela existe, alors je salue l’initiative. Bravo les belges !! ^^

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