Un jeune homme de bonne famille (Sébastien Lifshitz)

Les documentaires de Sébastieb Lifshitz sont souvent d’un niveau de cinéma très impressionnant, et celui-ci ne déroge pas à la règle. C’est remarquablement filmé du début à la fin, et c’est génial d’avoir le talent d’un cinéaste accompli qui vient mettre une patte singulière sur ce récit « docu ». On continue sur une thématique d’œuvres qui sont finalement des objets queer très attachants, et qui constituent, pour moi, une série de témoignages fabuleux qui, sans son opiniâtreté, seraient restés dans l’ombre.

Or, Claude Loir n’était vraiment pas dans l’ombre, puisque c’est un important, au sens prolifique, acteur porno des années 70 (une soixantaine de films d’après ce qu’il dit). En tout cas c’est ce qu’on pourrait basiquement en retenir, en surface, et ce serait tellement dommage de le réduire à cela après avoir vu ce documentaire. Car on découvre dans ce récit intimiste et touchant une chronologie surprenante pour cet homme qui est avant tout pleinement homosexuel. Mais voilà, ça commence à l’enfance, puis les premiers émois d’un préadolescent qui reçoit peu d’affection maternelle, et rapidement un départ vers la grande ville avec une grande soif de liberté. Et c’est autant une liberté de mouvement et un désir d’émancipation, qu’une volonté aussi de vivre une sexualité épanouie.

Comme il est allé sur Paris pour essayer de devenir comédien, on a des tas de vidéos d’archive assez drôles où on constate qu’il n’avait pas un talent incroyable. Et de fil en aguille, ce joli mec, parfaitement pédé, se retrouve à jouer dans des films pornos, dans l’âge d’or du cul post soixante-huitard où les acteurs et actrices étaient autant des libertins que des militants d’une certaine société. Le film nous entraîne comme cela dans un récit à la première personne puisque c’est cette personne, de maintenant quatre-vingt ans, qui explique son parcours avec beaucoup de candeur et quelques larmes d’émotion.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mon oncle et son copain Claude qui sont exactement de cette génération.

A voir en live sur ARTE le lundi 19 janvier à 22:35, ou déjà en vidéo à la demande sur le site (la vidéo du docu entier est disponible ci-dessous).

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