Je ne voulais pas vraiment en parler car ça ne me paraissait pas en valoir la peine, mais cela produit tellement d’émois sur les Internets, que je me sens obligé de mettre ma pierre à l’édifice, mais sous forme d’un article plutôt que d’un pouet ou un skeet.
Le fait d’avoir une production sur une thématique si ouvertement gay (car là c’est une cible clairement H pour H) est à saluer, car on sait que la raréfaction de ces créations est clairement due à un changement drastique de politique américaine qui a fait tâche d’huile sur le monde entier. Mais l’origine même de l’adaptation est sujette à caution, en effet il s’agit d’une série de roman qu’on pourrait qualifier (péjorativement) selon les sensibilités d’à l’eau de rose, chick lit1 ou soft-porn2. Et surtout, c’est considéré comme l’équivalent japonais du (manga) yaoi, c’est à dire des objets littéraires narrant des relations amoureuses entre jeunes hommes ou garçons, mais qui sont dédiées à des lectrices. Le mouvement a pris des formes très variées et beaucoup moins restrictives aujourd’hui, je connais plein de pédés qui adorent lire ce genre d’harlequins, et je trouve ça très bien. Le plus important c’est de lire de toute façon !
Mais donc Heated Rivalry, c’est donc à la base une histoire d’amour très sexuellement intense entre deux hockeyeurs qui sont en passe de devenir deux professionnels en grande rivalité sportive. Et cette histoire c’est pour émouvoir et faire transpirer l’entre-jambe de femmes hétérosexuelles cisgenres. Mais si en chemin, ça fait aussi battre en chamade le cœur des petits pédés, et durcir le zizis d’autres olibrius, voire émouvoir d’inébranlables vrais mecs, des vrais, des durs, eh bien pourquoi pas ?
Mais vous comprendrez aussi mon appréhension avec ce contexte. Je pense malgré tout que des efforts d’adaptation ont été faits pour que ça s’adresse à tout le monde, mais bon la matière d’origine a tout de même l’air de tenir sur un timbre poste, et ça se voit beaucoup trop dans le scénario. Cette première saison s’échelonne sur 6 épisodes et quelques années. On suit les deux protagonistes principaux qui sont les deux stars montantes du hockey : un Canadien, Shane Hollander, et un Russe, Ilya Rozanov, qui joue aux USA.
Cela commence par un bref plan cul de manière assez inopinée entre les deux rivaux qui se cherchent finalement assez rapidement (et improbablement). Les personnalités sont également plutôt taillées à la serpe avec un Shane innocent et indécis, déjà super fleur bleue, et un Ilya archétype du russe très direct, fermé et sévère. Le second étant déjà beaucoup plus sexuel que le premier, mais dès le premier épisode c’est en réalité un prétexte pour montrer du cul mais surtout les corps athlétiques parfaits de ces adonis, avec sport en option.
Et la série en gros c’est ça… Avec les années, les plans culs se multiplient à raison de quelques rencontres sportives dans la saison de hockey, cela se poursuit sous forme d’échanges de sms avec noms d’emprunt (féminins bien sûr), et même schéma : le sensible et doux Shane versus l’ironique et acariâtre Ilya. Les deux comédiens ne sont pas incroyables en plus, même si je trouve que Connor Storrie (Ilya) tire son épingle par la suite. Les scènes de cul sont très présentes, et prennent tellement de place, que l’histoire reste assez minimaliste. Mais grosso modo, Shane tombe amoureux, et se contente des miettes, et Ilya ne paraît pas indifférent mais en jouant le mec uniquement intéressé par le sexe, distant affectivement, et bisexuel pratiquant.
Les épisodes 1, 2 et 4 sont à cet image. Narration à peu près nulle, des scènes de cul (avec un female gaze qui me laisse un peu de marbre, il faut aller voir plutôt l’œil d’un Andrew Haigh selon moi), des scènes de hockey, et les deux mecs qui se rapprochent plus ou moins. Mais c’est d’une telle banalité que ça a failli vraiment me faire flancher. Néanmoins, il y a les épisodes 3 et 5, et dans une moindre moindre mesure le 6 (qui m’a déçu, mais a le mérite de ne pas complètement reproduire le truc lancinant des débuts).
L’épisode 3 figure une toute autre intrigue qui est, sans qu’on le devine, synchrone avec la série, et qui est aussi sur un joueur de hockey « champion » (que des fiottes ces hockeyeurs bon sang !!!!
) qui se cherche en tant que gay. Mais j’ai adoré l’épisode car c’est ce que j’attendais moi de ce genre de truc un peu fleur bleue et concon, mais attendrissant et qui touche tout de même chez moi une corde sensible. Le hockeyeur est interprété par François Arnaud, et le comédien québécois est déjà beaucoup plus doué dans son jeu que les autres. Mais surtout, on suit une histoire de rencontre et d’amour crédible, avec de la vraie gaytitude dedans, et qui me parle beaucoup plus que le fantasme de Madame avec les deux autres gravures de mode. Et on devine aussi que l’arrivée de ce troisième larron va peut-être faire prendre un tournant à la série.
En réalité, non.
Le 4ème reprend comme en 40, mais l’épisode 5 est également vachement bien. C’est fou car je passe vraiment d’un truc qui me passe au-dessus de la tête et que je trouve diablement pauvre à côté de Looking, Sex Education ou les séries de Russel T. Davies, à ces deux épisodes qui sont des petits bonbons très sympas. Mais en l’occurrence, cet épisode 5, qui est clairement le sommet de la série en termes de narration et d’intensité, traite d’un coming-out et grosso modo de la « réalisation » de ses sentiments pour le Russe marmoréen. Et merde, on y croit vraiment, les scènes sont très belles et émouvantes, et la jointure entre les deux intrigues fournit un prétexte plutôt cool du côté de l’histoire.
Et le 6 est un peu un coup dans l’eau. J’ai bien aimé que ça n’aille pas complètement dans la facilité, ni dans le retour des scènes de cul gratuites, ni dans le gnan-gnan, mais il ne sert pas à grand chose. Cela permet juste d’attendre la suite quoi…
Donc je ne sais pas quoi en penser… C’est très naze et bas de plafond dans l’ensemble, mais ces points d’orgue des épisodes 3 et 5 sont vraiment vraiment bien ! Est-ce que ça rattrape l’ensemble ? Pas vraiment, mais ça rend en tout cas la série un brin attach(i)ante et j’ai tout de même envie de voir la suite. J’ai peur, mais j’ai envie.


J’ai pas tenu, j’ai juste regardé 1, 2 (en vitesse rapide) et le 6 que j’ai trouvé niais…
Franchement j’ai pas compris la hype autour de ça
Bah ça vaut peut-être tout de même le coup de voir 3 et 5, parce que c’était les autres qu’il fallait zapper !!!!
J’ai renoncé à en faire un billet sur mon blog : tout propos de plus de 3 paragraphes sur cette série est forcément plus consistant que la série elle-même.
Je vais résumer ma position ainsi donc : pour toutes les raisons que tu évoques plus haut, cette série a le mérite d’exister et si quiconque y trouve quoi que ce soit de positif, de la représentativité au guilty pleasure, why not ! Good enough !
Je suis juste pas certain que cette série soit adaptée aux gays ayant des problèmes de body image et d’acceptation de soi hélas…
Pour ma part, le format en 6 épisodes a été le meilleur choix de la production. J’aurais difficilement pu en voir/supporter plus, trop de longueurs, de répétitions, de scènes dont le seul but est de remplir du temps… Je me suis entendu dire « thanks, but no thanks » quand j’ai appris son renouvellement pour une saison supplémentaire. Je crois qu’on arrive à des âges où on a besoin d’un peu plus de grain à moudre qu’une simple bluette aussi érotico-porn soit-elle. Suis persuadé qu’en film d’1h45, ça aurait été parfait et qu’on aurait été moins regardant sur tous les défauts que tu pointes à juste titre. Dommage.
J’ai oublié d’en parler de manière assez explicite en effet, mais moi aussi j’étais gêné par cette exposition hyper accentuée des corps « beaux ». Ce n’était pas nécessaire, et c’est juste un miroir naze de ce que les mascus font des femmes…
Et sinon d’accord à 100% avec toi, tout pareil tout pareil.
Assez d’accord avec tout ce que tu dis. J’ai trouvé les scènes de cul vraiment lourdingues et finalement stéréotypés, avec le duo banal dominant/dominé et la sodomie vue comme sommet extatique des relations entre mecs…
Ce qui m’a surtout géné, c’est l’inconsistance des personnages et leur évolution incompréhensible. On passe de trois épisodes de plans culs voyeuristes à deux épisodes hyper-romantiques tout juste s’ils ne vont pas s’embrasser sur la glace eux aussi.
Heureusement il y a l’épisode 3 et
FRANÇOIS ARNAUD
!
Eh bien oui, mais donc que fait-on des centaines de pédés sur les réseaux qui crient au génie avec la série ? Ils ont vraiment cet idéal en tête ? Damned!!!!
Mais oui, j’ai découvert François, et c’est une bonne découverte.
C’est un phénomène courant avec les séries. Quand les gens aiment, ils trouvent tout génial, on a des analyses sans fin de chaque ligne de dialogue, de chaque image. On crie au génie sur tout les tons, on analyse sous les aux angles les plus improbables.
J’ai vu ça avec Games of thrones, avec Black mirror, etc. Les gens se font complètement avoir par le côté spectaculaire, excessif et surprenant tout en prétendant être blasés, intelligents et analytiques. Et ce n’est pas près de changer !
Merci de t’être dévoué
Je vais passer mon chemin…
Oh cela vaut le coup d’œil pour savoir un peu de quoi tout le monde parle.